Procès de l’attentat du 14-juillet à Nice : « Je lui ai pris la main et je ne l’ai plus lâchée »…

Thomas SAMSON / AFP

COMPTE-RENDU - Sébastien, 50 ans, est resté près d’une heure au côté d’une jeune fille grièvement blessée durant l’attaque sur la Promenade des Anglais

A la cour d’assises spécialement composée de Paris,

Il est des blessures qu’aucun médecin, aucun psychologue, ne peut soigner. Le 14 juillet 2016, Sébastien a eu la chance de ne pas être percuté par le camion conduit par Mohamed Lahouaiej-Bouhlel sur la Promenade des Anglais, à Nice. Mais depuis six ans, le quinquagénaire, originaire de Seine-Saint-Denis, est hanté par les images des corps déchiquetés sur le sol, les cris des survivants.

« Ce drame, il s’imprègne dans votre personnalité, dans votre chair », explique-t-il ce jeudi à la barre la cour d’assises spécialement composée. « On n’est pas victime qu’un soir », souligne ce gérant d’une société de VTC, cheveux courts, fine barbe, lunettes et chemise noire. La douleur est si forte que, souvent, il a « voulu mourir ». Vivant « pleinement [sa] dépression », il s’accroche en pensant à Emma, une jeune fille à qui Sébastien a tenu la main près d’une heure en attendant les secours.

Sa rencontre avec l’adolescente, qui était alors âgée de 13 ans, Sébastien la doit d’une certaine manière au « destin ». A l’époque, il est en couple avec une femme qui habite à Nice. Cet été-là, il prévoit de prendre l’avion pour la rejoindre sur la Côte d’Azur mais au dernier moment, son vol est annulé. S(...) Lire la suite sur 20minutes

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