PSG : la Ligue des champions conjuguée au presque parfait

Ambre GodillonJournaliste Yahoo Sport

Cette saison, si le Paris Saint-Germain est loin d’être parfait en Ligue 1, il présente un bilan remarquable en phase de groupes de Ligue des Champions. 

Ce mercredi soir, le PSG a décroché son ticket pour les huitièmes de finale de la Ligue des Champions, en battant Bruges par la plus petite des marges dans l’antre du Parc des Princes (1-0). Et si le score n’est pas forcément flatteur, cette qualification après 4 petites journées (et avant même le déplacement à Madrid et la réception de Galatasaray) et pour la huitième saison consécutive à de quoi offrir à Thomas Tuchel quelques sources de satisfaction.

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Évidemment, point d’enflammade, car nul ne sait mieux qu’un Parisien qu’achever l’année avec des ambitions sous les crampons, rime souvent avec grosses désillusions à la fin de la saison. Mais c’est avec un parcours remarquable que les Parisiens ont déjà acquis la certitude de disputer la phase à élimination directe.

Quatre victoires, pour commencer, face à des équipes de niveau disparates, mais avec une bagatelle de 10 buts inscrits. Et si Thomas Tuchel a dû se passer d’un Neymar d’abord suspendu, ensuite forfait, et n’a pas pu compter sur un Cavani souvent resté du côté de l’infirmerie, il a pu s’appuyer sur les jambes de feu de ses trois acteurs offensifs. 

En 4 rencontres européennes

  • Di Maria, qui avait offert un récital face au Real, a inscrit 2 buts et délivré 3 passes décisives 

  • Mbappé a été décisif à 4 reprises en 150 minutes de jeu, avec un triplé face à Bruges

  • Icardi, après avoir pris ses marques face au Real, a inscrit 4 buts sur les 3 autres matches.

Et si le PSG s’est montré très efficace face aux buts, il a surtout prouvé sa solidité défensive, qui lui faisait tant défaut les saisons précédentes. Ainsi, les hommes de Tuchel n’ont pas encaissé le moindre but en 4 rencontres européennes. Aucune des 31 autres équipes en compétition dans cette Ligue des Champions n’a réussi cet exploit... Même Manchester City et le FC Barcelone, qui caracolent en tête des meilleures défenses, comptabilisent déjà deux buts encaissés en 4 journées.

Une statistique dont Keylor Navas, auteur d’un arrêt sur penalty ce mercredi face à Bruges, peut se féliciter, tout comme ses coéquipiers, puisque le PSG n’a concédé que 4 tirs cadrés en 4 matches. C’est 6 de moins que toute autre équipe. Preuve, s’il en fallait, de la solidité du premier rideau défensif face à ses rivaux européens. Le tout, en n’ayant jamais aligné le même onze de départ.

Un nouveau PSG version Ligue des Champions ?

Et si le cheminement de cette saison dessinait un nouvel horizon pour le Paris Saint-Germain ? Évidemment, il est toujours inutile de spéculer. Mais rembobinons un peu le magnéto pour dresser un drôle de constat : il y a un an, après le vent de fraîcheur qui avait accompagné l'arrivée de Tuchel dans la capitale, Thiago Silva et sa bande broyaient tout ce qu'ils croisaient sur leur passage, entrant même dans l'histoire du championnat de France en enchaînant 14 victoires de rang pour s'assurer le titre de champion dès la mi-saison. Voilà ce qu'était la Ligue 1 pour ce Paris impitoyable : une cour de récré pour les joueurs, un laboratoire pour l'entraîneur. A contrario, les premiers pas du PSG version Tuchel sur la scène européenne avaient été beaucoup plus hésitants, entre une défaite pénible à Liverpool dans l'atmosphère enivrante d'Anfield (2-3), et ces deux nuls ric-rac contre le Napoli d'Ancelotti (2-2, 1-1), avant que les Rouge et Bleu ne fassent ce qu'il faut - en prenant notamment leur revanche au Parc contre le futur champion (2-1) - pour s'extirper de cette poule coriace. Fait nouveau, certes, pour un PSG habitué à faire la loi au premier tour. Mais ce qui ne l'était pas, nouveau, c'est la déception qui a suivi... Cette histoire-là, le PSG veut l'oublier.

Dans l'idée d'arriver à une autre fin (sans le dire trop fort), il a donc changé le scénario cette année. Loin de son démarrage poussif à Liverpool, le PSG a envoyé un premier message en signant un match éblouissant contre le Real Madrid (3-0), l'autre épouvantail de l'ère récente de la compétition. Il est à noter qu'il a su briller comme il a su souffrir, à Istanbul par exemple, lorsqu'il a refroidi une équipe de Galatasaray chaude comme la braise (1-0), avant d'empiler les pions dans sa première confrontation contre Bruges (5-0) et de souffrir à nouveau ce mercredi face à de besogneux Belges. Propre, net et sans bavure. Des bavures, les champions de France en ont connu en Ligue 1 justement - trois exactement - la dernière en date à Dijon (1-2), dans une rencontre où l'adversaire aura cadré six tirs. Alors oui, trois défaites en douze matches, ce n'est pas assez pour détrôner le PSG dans une ligue engluée dans sa médiocrité, mais c'est beaucoup quand même. 

On est aussi focalisés sur la Ligue 1, mais peut-être que la Ligue des champions est une grande compétition qu’on rêve tous de jouer et qu’il y a une motivation supplémentaire, je ne peux pas l’expliquer”, justifiait Idrissa Gueye ce mardi, en conférence de presse.

Dans un monde idéal, Ligue des champions et Ligue 1 ne devraient faire qu'un, comme pour se fondre dans la vision globale d'un groupe d'artistes programmés pour gagner, quel que soit leur terrain de jeu. Et dans cette utopie, les Parisiens ne devraient jamais avoir à lever le pied, même face à la lanterne rouge. Mais la réalité est toute autre. La Ligue 1 pour Paris, c'est le pain quotidien d'une équipe qui est son seul rival. La C1 est une autre galaxie où cette même équipe aspire à briller au milieu des étoiles. Bref, ces deux compétitions sont beaucoup trop éloignées dans leur standing, leurs approches, leurs exigences, leurs ambiances - dans tout - pour que le besoin de switcher entre les deux ne se fasse pas sentir. Une chose est sûre : si le PSG veut rêver plus grand, il devra se débarrasser de son pire ennemi, quelle que soit la compétition : lui-même. Car sur le papier, il dispose de toutes les armes.

Et si l’engagement offert par les Parisiens ce mercredi soir montre surtout qu’ils avaient déjà acquis leur qualification, il va falloir que les hommes de Tuchel se retroussent les manches pour ne pas tomber dans leurs sempiternels travers : se voir plus beaux en hiver qu’ils ne le seront au printemps. 

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