PSG-Monaco : quand la Coupe de la Ligue devient un véritable carrefour de la saison

"ll n'est pas impossible que samedi, on aligne l'équipe de CFA. J'y songe". La phrase, signée Laurent Blanc, avait été lâchée quelques jours avant la finale de la Coupe de la Ligue 2015 entre le PSG et Bastia. Les mots utilisés par l'ancien entraîneur du club de la capitale résumaient parfaitement la considération portée au trophée par un club évoluant sur plusieurs tableaux. Il faut dire qu'à l'époque, le champion de France se préparait davantage pour le quart de finale de Ligue des champions qui allait l'opposer à Barcelone quatre jours plus tard. Samedi, le calendrier sifflera une toute autre musique pour le Paris Saint-Germain d'Unai Emery qui voit en cette finale un salut notoire et la possibilité de relancer sa saison. 

Pour Paris, c'est une priorité

En début de saison, la Coupe de la Ligue ne figurait pas en tête des objectifs parisiens. Loin s'en faut. Mais l'élimination en huitièmes de finale de la Ligue des champions et les trois points de retard sur Monaco en championnat ont redistribué les cartes. Depuis la débâcle barcelonaise, les dirigeants ont coché le trophée tout en haut de la liste des priorités pour trois raisons principales. Pour commencer à effacer la mémoire encore vive des supporters et les amener à fêter quelque chose, d'abord, pour marquer le coup face au grand rival de la saison, ensuite, et pour ne pas plonger dans une crise qui pourrait s'avèrer rédhibitoire à deux mois de l'épilogue de la saison.

Pour provoquer un choc psychologique et faire souffler plus fort le vent dans le dos l'AS Monaco, Paris se doit donc de remporter sa quatrième Coupe de la Ligue consécutive. Dans le cas contraire, le club de la Principauté, qui rouvrirait son armoire à trophées pour la première fois depuis 2003, affirmerait encore un peu plus une supériorité gagnée sur le terrain depuis de nombreuses semaines. "Si Monaco les bats, ça risque d’être très difficile sur la fin, estime Luis Fernandez, interrogé par Goal. Parce que Paris auras pris deux gros coups à la suite. Il faudrait que le PSG gagne cette Coupe de la Ligue pour espérer reprendre l’ascendant psychologique et être champion".

Pour Monaco, le risque est minime

Monaco n'aura pas exactement la même pression que le PSG sur la pelouse du Parc OL. Évidemment, une défaite n'engendrerait rien de bon pour un club dont les objectifs se situent tout de même ailleurs. Après avoir tiré le Borussia Dortmund comme adversaire lors des quarts de finale de la Ligue des champions, Vadim Vasilyev prévenait : "C'est une très belle affiche mais nous sommes dans la course au titre en Ligue 1 et la priorité reste le championnat". À quel étage pourrait se situer la Coupe de la Ligue après de telles déclarations ? Même s'il ne reste qu'un match pour valider une première fois l'extraordinaire saison qu'ils réalisent, les Monégasques ont d'autres aspirations qui transforment leur finale en un simple bonus. 

Une éventuelle défaite face à Paris, placé en logique favori par les Monégasques, n'aurait donc que des conséquences mesurées. "Ce sont les mêmes joueurs qui ont marché sur la Ligue 1 pendant quatre-cinq ans, rappelait Kylian Mbappé en zone mixte lors de son passage avec l'équipe de France. Ce sont les mêmes joueurs qui sont de grands joueurs et qui ont gagné partout où ils sont passés. Ce qui s’est passé (face à Barcelone, ndlr) n’arrivera plus pendant au moins quatre-vingt-dix ans, mais il faut quand même respecter cette équipe, qui est favorite samedi". Quoi qu'il en soit, la Coupe de la Ligue, souvent moquée pour son intérêt relatif, revêt cette saison la tenue du premier arbitre de la saison. Mais là où une défaite ne serait pour Monaco qu'un simple accroc, elle pourrait bien, pour le PSG, être celui de trop. 

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