Qatar : la FFF dénonce une « campagne de stigmatisation » d'Amnesty International

Amnesty International s'en est à nouveau pris aux Bleus et à la FFF. (S. Mantey/L'Équipe)

La FFF réplique à Amnesty International, qui a annoncé qu'elle « soutiendrait » le Danemark, dimanche soir (20h45), face aux Bleus. La Fédération dénonce une « campagne de stigmatisation » de l'ONG à son encontre autour de la question des droits humains au Qatar, hôte du prochain Mondial.

La dernière « lettre aux Bleus » publiée par Amnesty International France a fait sortir la FFF de son silence au sujet des critiques de l'ONG sur sa considération des « droits humains au Qatar », hôte de la prochaine Coupe du monde (20 novembre-18 décembre). Dans un communiqué envoyé à L'Équipe ce vendredi soir, la FFF a répliqué à Amnesty, qui a annoncé qu'elle « soutiendra [it] » le Danemark, dimanche soir, lors du match de Ligue des nations qui verra la sélection de Didier Deschamps affronter celle de Kasper Hjulmand à Copenhague (20 h 45).

Dans sa nouvelle « lettre aux Bleus », Amnesty, qui n'a pas appelé au boycott du tournoi, dénonçait le « silence assourdissant de votre équipe face aux milliers de travailleurs migrants décédés sur les chantiers qataris et aux milliers d'autres soumis au travail forcé », en ajoutant : « Pour nous, la team danoise est la grande favorite pour remporter le challenge de l'engagement ».

Les Danois ont notamment prévu de porter au Qatar des tenues d'entraînement affichant des messages sur les droits humains. La Fédération danoise a pour sa part réclamé à la FIFA, au printemps 2021, une enquête indépendante sur le sort des travailleurs immigrés dans l'émirat.

La FFF, au sujet du Qatar et de la Coupe du monde

« Participer ne signifie pas fermer les yeux et cautionner »

« Amnesty est une organisation admirable que nous respectons, explique la FFF à L'Équipe. Elle est bien entendu libre de soutenir le Danemark et non la France. La FFF déplore néanmoins cette campagne de stigmatisation. La FFF et l'équipe de France sont libres de s'exprimer ou non. Elles n'ont pas attendu l'échéance prochaine de la Coupe du monde au Qatar pour défendre au quotidien, sur le terrain, et à leur niveau, les droits de l'homme, ainsi que d'autres causes essentielles. »

Alors que Noël Le Graët (80 ans), le président de l'instance, s'est tenu à l'écart des polémiques sur le sujet, en se déclarant notamment « très content qu'on vienne jouer au Qatar », la FFF précise que « participer ne signifie pas fermer les yeux et cautionner ». Tout en estimant que « l'organisation de cette Coupe du monde a cependant permis des avancées sociales au Qatar que même certaines ONG reconnaissent, y compris Amnesty International. »

« Même si la réalité du terrain n'est pas parfaite, ces progrès sont indéniables et positifs, poursuit l'instance. La FFF est - et restera - très vigilante quant au respect des droits de l'homme au Qatar. Elle a seulement fait le choix d'agir fermement mais sereinement et respectueusement sur le terrain plutôt que d'en faire une campagne d'image. Elle a ainsi mis en oeuvre différentes mesures de vérifications concernant le respect des droits sociaux et l'application de conditions de travail respectueuses sur le camp de base de l'équipe de France. La FFF participe par ailleurs de manière active et engagée à un certain nombre de travaux aux côtés d'autres fédérations qui portent par exemple sur la possibilité de création d'un centre d'accueil pour les travailleurs immigrés et la création d'un fonds d'indemnisations. »