Quartararo a "remis les compteurs à zéro" avant le sprint final

Léna Buffa
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Trois courses doivent finir de déterminer l'ordre du championnat pour cette saison 2020. Trois épreuves qui se dérouleront à Valence, piste sur laquelle s'était élancé de la pole position l'année dernière avant de monter sur le podium, puis à Portimão, nouveau terrain de jeu qui viendra clore une campagne restée incertaine jusqu'au bout.

Si l'on ajoute à une compétition encore très ouverte des paramètres qui échappent aux pilotes, comme la menace qui pèse sur les moteurs Yamaha ou celle du COVID-19, cet ultime sprint s'annonce particulièrement complexe pour les prétendants. C'est malgré tout avec une relative décontraction que Fabio Quartararo a répondu aux questions des journalistes en conférence de presse ce jeudi, alors que la pluie se chargeait de salir la piste qu'il arpentera demain matin pour les premiers essais...

Tu as sans doute envie d'oublier les trois dernières courses. Quel est ton sentiment en arrivant à Valence pour deux Grands Prix ici ?

C'est dur de passer à autre chose quand on a deux courses sur la même piste et qu'à la deuxième on régresse, sans ne faire aucun progrès, et qu'on voit son coéquipier faire ce qui est pour moi une des meilleures courses de la saison. Quand on était là-bas, c'était franchement dur à comprendre, mais j'ai remis les compteurs à zéro et tout va bien. On arrive sur une piste que j'aime beaucoup. L'année dernière, ça avait été une super bonne course pour nous. Je suis pleinement motivé. Je pense que c'est la bonne attitude à avoir en arrivant sur ces trois dernières manches.

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Mathématiquement, beaucoup de pilotes sont encore en lice pour le titre. Est-ce que ça t'aide à alléger la pression ?

Pendant la majeure partie de la saison, j'ai été devant au championnat et je ne ressentais aucune pression. Maintenant que je suis deuxième, j'en ressens un peu. Mais je me sens beaucoup mieux à présent, la confiance est là. On a beaucoup d'adversaires et on voit que cette année, après tant de courses, on n'a pas tellement de points par rapport aux années passées, donc tout peut encore arriver. Il reste 75 points en jeu, donc je pense que tous les pilotes [du top 6] peuvent facilement gagner le championnat. Il faut rester concentré et essayer d'aborder les courses les unes après les autres, c'est la seule façon de se battre pour le championnat.

Je pense que quand quelqu'un dit qu'il n'a pas la pression, ça veut juste dire qu'il en ressent moins que d'habitude. Si on n'a aucune pression et aucun stress, c'est qu'on ne court pas. Parfois, on en ressent moins, parfois plus, mais quand on est sur la grille on a toujours mal au ventre à l'idée de faire une bonne course. Plus on approche de la fin de la saison en étant en lutte pour de super résultats, plus on en a. Mais je pense que c'est une bonne pression à avoir.

Vu son niveau de forme actuel et le fait qu'il n'a peut-être rien à perdre, es-tu plus inquiet de Franco Morbidelli désormais ?

Franchement, il a été très fort à la dernière course, mais je ne pense pas qu'il soit le principal [adversaire]. C'est celui qui me devance qui l'est [Joan Mir]. Je suis à 14 points et c'est lui que je dois rattraper. Si je ne me trompe pas, Maverick [Viñales] a été très rapide avec la nouvelle moto lors du test [de l'année dernière], et puis on avait aussi testé le nouveau pneu arrière et il avait bien fonctionné. Je suis donc confiant par rapport à la moto. On avait pu afficher un bon rythme avec des pneus très usés, ce qu'on n'arrivait pas vraiment à faire avec l'ancien pneu. Je suis content, parce que la constance du nouveau pneu sur cette piste est bonne pour nous. Je ne suis donc pas très inquiet.

Si tu dois te retrouver en bagarre contre Joan Mir sur ce Grand Prix, quelle sera ta meilleure arme pour le battre ?

Avant toute chose, j'espère que ce sera sec, parce que l'expérience que l'on a eue sur le mouillé n'a pas été très bonne ! Je pense en tout cas qu'il faut qu'on mise sur les qualifications pour essayer de partir de la première ligne. Ils semblent avoir quelque chose de plus pour la fin de la course. À Barcelone, les derniers tours ont été très stressants pour moi : j'étais à trois secondes de mon tour le plus rapide en course, mais beaucoup plus à la limite que dans les premiers tours. Ici, la constance des pneus semble meilleure par rapport au pneu de l'année dernière, alors on espère qu'à la fin de la course ils ne seront pas beaucoup plus rapides que nous.

Le week-end s'annonce pluvieux. Vas-tu prendre moins de risques en essais libres pour ne pas risquer de te blesser à ce moment crucial de la saison ?

On a beaucoup de choses à tester sur le mouillé, parce qu'on a des soucis avec la moto. On est trop en difficulté pour faire chauffer le pneu arrière. Alors, bien sûr, je vais pousser, mais je ne serai pas à la limite dès le début. Je pense qu'il faut avancer pas à pas. Je pense qu'il y a un bon compromis à trouver entre ne pas prendre de risques et en prendre à 100%.

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As-tu été inquiet par rapport au COVID-19 ces derniers jours ? Que prévois-tu pour les trois prochaines courses ?

Je suis allé en France, mais je suis revenu directement en Andorre, où je suis resté à la maison. J'ai la possibilité de m'entraîner à la maison, alors c'est bien. Après ce Grand Prix, je rentrerai chez moi en voiture. Je pense que c'est la solution la plus sûre, on arrive le dimanche soir et on repart le jeudi. Ce sera mon plan pour la semaine prochaine. Ça n'est vraiment pas facile, mais il faut qu'on tienne jusqu'à Portimão.