Quartararo touche du bois pour ne pas manquer de moteurs

Léna Buffa
·4 min de lecture

Dans la lignée de l'affaire des moteurs Yamaha, sanctionnée jeudi par les commissaires de la FIM, affaire qui a trouvé son origine dans l'utilisation de soupapes provenant de deux fabricants différents, avec une défaillance finalement identifiée sur l'un des modèles, les pilotes du constructeur d'Iwata risquent en cette fin de saison de se trouver à court de moteurs. C'est déjà le cas de , qui a dû dépasser à partir d'aujourd'hui son quota autorisé après s'être limité à utiliser uniquement deux blocs lors des six derniers Grands Prix.

Franco Morbidelli, Petronas Yamaha SRT

Franco Morbidelli, Petronas Yamaha SRT<span class="copyright">Gold and Goose / Motorsport Images</span>
Franco Morbidelli, Petronas Yamaha SRTGold and Goose / Motorsport Images

Gold and Goose / Motorsport Images

Mais l'Italien estime qu'au fond, il a lui-même déjà payé le prix de ces problématiques liées au moteur, puisque l'un des siens a été retiré de son allocation à la suite d'une avarie. "Je suis désolé que le championnat de Maverick soit affecté par cela, mais si vous regardez la justice globale du championnat, appelons-la comme ça, j'ai perdu une course pour avoir cassé un moteur et lui va prendre le départ de cette course de la pitlane parce qu'il utilise un moteur de plus. Son championnat est donc affecté comme le mien l'a été", souligne-t-il, omettant toutefois que Viñales a bien perdu un moteur de plus que lui. "Le seul qui n'ait pas été affecté pour le moment c'est Fabio, il a la bonne combinaison de chance et de vitesse cette année."

Les pilotes Petronas en accord avec la sanction

Sur le fond de l'affaire, Fabio Quartararo s'est dit en accord avec la sentence des commissaires de la FIM, qui ont sanctionné Yamaha et ses deux équipes mais épargné les pilotes alors que l'infraction au règlement technique aujourd'hui pénalisée remonte au Grand Prix d'Espagne, remporté par le pilote français.

"On doit être en accord avec la décision de la FIM, mais je n'ai pas vraiment d'opinion sur ce sujet", a fait savoir le Niçois au lendemain de l'annonce du verdict des commissaires. "Je suis à un moment où je dois me concentrer sur d'autres choses, à savoir le pilotage, mais en toute circonstance nous devons être d'accord avec les décisions de la FIM et c'est tout. Ils ont annoncé la pénalité et maintenant on va de l'avant."

Là aussi, les propos de son coéquipier ont fait écho aux siens. "Je ne veux pas dépenser trop d'énergie mentale sur ce sujet et j'accepte la décision des commissaires. Je ne veux tout simplement plus y penser", a déclaré Morbidelli. "Quand tout sera fini, j'adorerais en parler mais pour le moment je suis trop concentré [sur le championnat] pour penser à ces choses-là. Il y a des gens qui se concentrent là-dessus, à savoir la MSMA, le panel de commissaires et Yamaha. Pour le moment, je suis plus concentré sur le fait de piloter et de bien régler la moto."

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La pénalité en question prive Yamaha de 50 points au championnat constructeurs, où la marque passe de la première à la troisième place. Au classement des équipes, le team Petronas perd 37 unités qui l'éloigne de Suzuki, et l'équipe officielle perd, elle, 20 points et sa quatrième place. En revanche, les trois représentants du groupe qui figurent actuellement aux quatre premières places du championnat des pilotes conservent leur rang et un butin intact.

Alors que le responsable de l'équipe Suzuki estimait plus tôt dans la journée que la sentence, jugée très clémente, allait jeter une ombre sur un éventuel sacre d'un pilote Yamaha, Quartararo a balayé tout jugement de la sorte d'un revers de la main : "Je m'en fiche, c'est tout ce que je peux dire."

"Franco a gagné deux courses, Maverick une, moi trois", a rappelé le Français. "Je suis content de la moto. Je fais de mon mieux et eux aussi. On rencontre beaucoup de difficultés cette année, mais je ne suis pas déçu. Ils m'ont rapporté ma première victoire en MotoGP et on en a même obtenu trois cette année, c'est donc d'ores et déjà une année fantastique. Quoi qu'il arrive sur les trois dernières courses, je suis vraiment fier et heureux de la saison que l'on aura faite."

"Je ne suis pas du tout déçu", a renchéri Morbidelli. "Sur les visages de toutes les personnes chez Yamaha, je vois l'envie et la passion à l'idée de progresser, et parfois quand on essaye de s'améliorer on fait des erreurs. Je ne connais pas les détails, mais cela semble être ce qui s'est passé."