Qui de Di Maria ou de Mbappé le PSG doit-il lancer contre le Real Madrid ?

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Entre la forme resplendissante de l’Argentin et la sécurité d’un trio formé avec le Français, Unai Emery va avoir l’embarras du choix pour son 11 de départ dans l’antre du Bernabeu. Mais qui mérite le plus ?

C’est LA question qui va désormais se poser pour le coach du Paris Saint-Germain, avant le choc crucial contre les hommes de Zinedine Zidane, en huitième de finale aller de la Ligue des champions. Qui, de Kylian Mbappé ou d’Angel Di Maria doit-être aligné sur le front de l’attaque aux côtés de Neymar et de Cavani ?

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Si l’Argentin semblait définitivement relayé au rang de remplaçant durant les six premiers mois de la saison, son réveil tardif a de quoi soulever quelques questions. Oubliées, les scènes de nonchalances sur le terrain. Oubliées aussi, les critiques sur un niveau en dent de scie, la tête dans les crampons et les potentielles envies de départ. Di Maria s’est réveillé dès le retour de la trêve hivernale, et le diesel a rattrapé tous les autres bolides du PSG.

“J’ai toujours su que le club allait acheter des joueurs et que cela pouvait rendre ma situation plus compliquée, mais, à chaque fois que je peux démarrer ou avoir quelques minutes de jeu, je montre que j’ai le niveau, a d’ailleurs expliqué l’intéressé en début d’année. Entre le retour en retard de Cavani, la blessure et les absences de Neymar, le forfait et la suspension de Mbappé, l’ailier a profité de chaque opportunité pour grappiller du temps de jeu dans un trio offensif jusqu’alors inamovible. Résultat, El Fideo a été titularisé à 11 reprises sur les 11 matches disputés par le PSG depuis le début de l’année 2018, soit autant que lors des six premiers mois de la saison.

Et en 11 rencontres, le n°11 n’a pas perdu de temps, puisqu’il en a profité pour être décisif à 17 reprises (10 buts et 7 passes décisives)… Rien que ça. Difficile alors de l’imaginer sortir de l’équipe titularisée au coup d’envoi au Bernabeu, quand on observe de telles performances et un tel regain de forme. Difficile aussi pour Unai Emery d’imaginer déloger un joueur de son trio offensif, au nez et à la barbe d’une attaque aux 400 millions d’euros ? La question se pose désormais, puisqu’à son meilleure niveau, l’Argentin est une référence à son poste, dans une compétition qu’il a d’ailleurs déjà remporté avec le blason madrilène.

Kylian Mbappé, de dix ans son cadet, a lui aussi des arguments à revendre. Titulaire indiscutable durant toute la première partie de saison, auteur de performances toujours aussi surprenantes les unes que les autres, le jeune international français n’a rien à envier à tous les cadors européens. Clairement à la hauteur de son statut de prodige, le n°29 est déjà impliqué dans 28 buts en 29 matches cette saison toutes compétitions confondues.

Et surtout, sa précocité ne l’a pas empêché d’être la grande révélation de la Ligue des champions la saison passée, pour ses tous premiers pas dans l’élite continentale. Dans la gestion de ses efforts, dans ses choix et sous les crampons, Mbappé avait ébloui la planète football. Le tout, en s’offrant au passage de flatteuses statistiques, avec 6 buts inscrits lors de ses 6 titularisations en phase finale de la compétition. Cette année, il est même devenu le plus jeune joueur à atteindre les 10 buts en Ligue des Champions (en seulement 15 matches).

Autant dire qu’en le recrutant, le Paris Saint-Germain comptait aussi sur lui pour offrir au blason rouge et bleu une nouvelle dimension européenne. Aux côtés de Neymar et de Cavani, qui mieux que Mbappé pourra se présenter en ambassadeur du football francilien ? Le natif de Bondy a les faveurs de sa direction, ses habitudes de jeu et sa maturité à toute épreuve avec lui. Mais depuis le début de l’année, pénalisé par sa blessure puis par sa suspension, il n’a finalement disputé que trois matches dans leur intégralité. Pendant ce temps-là, Angel Di Maria, lui, a les fourmis dans les jambes, le rythme, l’efficacité, et une complicité indéniable avec ses partenaires en attaque.

Même Mbappé, conscient de cette nouvelle concurrence, n’a pas cherché à éviter le débat en zone mixte ce mardi soir : “Il mérite d’être titulaire contre le Real oui, après je ne suis pas coach. Il montre de belles choses, c’est très bien pour tout le monde. Il extrêmement important pour nous quand il est comme cela.”

Alors comment choisir ? Comment imaginer Emery ne pas se présenter dans le match le plus attendu de la saison sans sa MCN, figure de proue du projet parisien ? Comment l’imaginer se passer de Kylian Mbappé, éblouissante recrue et garant de l’équilibre offensif ? Mais comment envisager ne pas lancer Di Maria, qui vit certainement sa plus belle période dans la capitale ? Faut-il prendre le risque de le perdre en le privant du plus beau match, contre son ancienne écurie, alors que son niveau est proche de l’excellence ?  Les questions sont nombreuses, à l’aube d’une double confrontation qui signera la fin d’une histoire, d’un côté comme de l’autre. Alors, pourquoi ne pas imaginer Emery titulariser l’Argentin, profiter de sa forme, de son impact et de ses combinaisons, avant de faire entrer en jeu un Mbappé aux jambes de feu pour user l’énergie restante d’un Marcelo ?

Dans les chiffres, on sait que le coach Basque a jusque-là fait confiance à Mbappé, l’alignant d’entrée de jeu à 6 reprises sur les 6 matches de Ligue des champions disputés jusque-là par le PSG, pendant que Di Maria n’a vécu aucune titularisation, jouant seulement 67 minutes sur 4 petits matches, soit 17 minutes en moyenne par rencontre…. Mais ça, c’était avant qu’il ne renaisse de ses cendres.

“En ce moment, Angel Di Maria se montre performant et en confiance. C’est un compétiteur, donc il n’aime pas être sur le banc, il veut jouer tout le temps. Je suis content de lui, parce qu’il démontre une grande implication à Paris. Quand l’équipe a besoin de lui, il est prêt.”, avait d’ailleurs expliqué Unai Emery en conférence de presse la semaine dernière.

Une chose est sûre : Unai Emery est confronté à un choix de luxe. À sa table, il n’y aura pas de place pour deux, et tout le monde a faim. Reste qu’il faudra assumer, après, de laisser des miettes à un joueur qui, quoi qu’il arrive, aurait mérité de s’assoir à la table des plus grands.

Ambre Godillon

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