« Récital », « fantastique », « sans voix »... Ils se sont régalés devant le match Djokovic - Nadal à Roland-Garros

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Rafael Nadal et Novak Djokovic ont une nouvelle fois enchanté les spectateurs. (P. Lahalle/L'Équipe)
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Tous les observateurs de ce match très attendu ont estimé qu'il avait largement tenu ses promesses. Ils n'ont pas boudé leur plaisir devant ce 59e Nadal - Djokovic. Récit.

Finalement, Fabrice Santoro, sur Prime Video, avait vite compris, au mitan de la deuxième manche. « Vous savez, vous pouvez faire carrière sans jouer comme ces deux-là... » Histoire de commenter en souriant qu'il y avait eux et les autres, dans un match où il y aura eu des très hauts et des bas d'un haut niveau dans un rencontre féroce où il était sans doute impossible de garder tout au long sa ligne de conduite à intensité maximale.

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Nadal allait-il tenir la distance ?

D'abord, c'est Nadal qui se montre stratosphérique dès le premier point du match pour une entame de très haute volée.

« Sur les longs échanges, Nadal a intérêt à ne pas jouer la montre, l'usure, expliquait Guy Forget sur Prime. Et il nous a donné un récital de coups gagnants, le patron sur le premier set c'est lui, lui qui dirige le jeu avec finalement très peu de déchets. Il a été très entreprenant. Maintenant la question c'est : est-ce qu'il va être capable de tenir sur cette base-là sans commettre plus d'erreurs ? Est-ce que Novak Djokovic va réagir ? On le voit sur les stats de Rafa : 20 % du temps il rentre dans le terrain. Il a de toute évidence des choix offensifs extrêmement marqués. Djokovic est peut-être un peu surpris, ça joue très, très bien. C'est monumental, mais je pense que Novak peut mieux faire et avec le temps le jeu, Nadal peut s'émousser. Et parfois, il suffit de 5 % de puissance en moins pour que Novak repasse devant. »

Et c'est ça qui se passe, quelques jeux plus tard, alors que l'Espagnol a poursuivi l'offensive infernale jusqu'à mener 3-0 double-break dans la deuxième manche.

Petar Popovic

« Novak n'est pas sur le central, il est resté Porte d'Auteuil. »

On croit alors que Djokovic pourrait ne pas résister à la tourmente. « Novak n'est pas sur le Central, il est resté Porte d'Auteuil », raconte l'entraîneur Petar Popovic pour synthétiser cette espèce de frilosité du n°1 mondial qui n'arrive pas à contenir la puissance adverse. Mais d'un coup il se met à devenir agressif dès le premier coup, plus près de sa ligne, plus vif pour changer de direction, enfin expert dans ses revers long de ligne, et explosif sur ses retours. Il redevient « Djokosmic », dans un match haletant, où Nadal passait tout près de le mettre KO pour mener 4-0 dans cette deuxième manche.

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« Que ce sport est ingrat !, s'exclame Forget. Si Rafael gagne une de ses deux balles de 4-0, peut-être que Novak ne le revoit pas avec deux sets en poche. Là les cartes sont complètement redistribuées. Mais Novak a été beaucoup plus agressif sur les deuxièmes balles, très souvent, c'était retour à l'envoyeur dans les pieds. Rafa n'avait pas fini son geste qu'il avait un missile dans les pieds. Il jouait une demi-volée un peu comme il pouvait et se faisait « fracasser » derrière... »

Il fait plus frais, les jeux sont interminables, il a fallu deux heures pour disputer quinze jeux et tous ces paramètres sont à l'avantage de Djokovic. « La température baisse, la balle ralentit, il faut donc frapper encore plus fort, ce que fait Novak, explique Santoro. Tout cela a un sens. » « L'intensité physique depuis le début de ce match est en train d'entamer un tout petit peu Rafael Nadal, complète Marion Bartoli. Ses défenses en slice l'ont peu à peu usé physiquement. Et son coup droit est moins efficace. »

Djokovic prend l'ascendant

C'est fini ? Djokovic a pris un ascendant inexorable ? « Au premier set, Djoko a utilisé la même tactique qu'au premier tour contre Nishioka le gaucher. Avec des balles super hautes. Mais c'est Nadal, il a fait des décalages, il a complètement dominé les points. Et ça a tourné complètement, analyse Popovic. Djoko devient agressif, prend du terrain et avance dans la balle. C'est vraiment son seul moyen de battre Nadal à Roland : être sur la ligne, prendre des risques quitte à rater, frapper fort en coup droit, en revers, ne pas le laisser t'étouffer avec ses angles et ses grosses gifles de coup droit. Plus facile à dire qu'à faire... »

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Car il n'y a plus de logique entre ces deux combattants. Etouffé, le Serbe est revenu. Essoré, l'Espagnol reprend des couleurs dans le troisième set, dans une manche qui défile bien vite après les jeux marathons qui ont précédé. « Au bout de deux heures et demie, on rentre dans une autre phase du match. Des trous se créent, il faut en profiter, dit Cédric Pioline sur Europe 1. Mais Djokovic n'arrive pas à avoir la constance nécessaire pour capitaliser. Dès qu'il accélère, il le met en difficulté mais c'est trop irrégulier. Je ne sais plus trop quoi dire, j'ai l'impression que parfois Djokovic sort du match tout seul. Il est en montagnes russes... »

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Mais bien sûr, il repart à l'assaut, même s'il s'énerve en frappant le filet au début du quatrième set après un let heureux de son adversaire. Coup pour coup, dent pour dent, les deux hommes s'engagent dans des échanges rythmés. Le Serbe semble prendre la mesure cette fois-ci mais ni l'humidité, ni la fatigue, ni toutes ces conditions évoquées avant-match, ni même deux balles de quatrième set à défendre à 5-3 n'auront raison de la ténacité du maître des lieux.

Cédric Pioline

« On ne sait pas combien de fois on reverra Rafael Nadal à Roland-Garros. C'est fantastique, ce qu'on a vécu »

Impérial au début du match, inoxydable à la fin, Nadal a encore su - un peu - surprendre son monde, tandis que Djokovic s'est montré plus inégal. « J'ai été ravi d'avoir été là pour ce moment, concluait Pioline. On ne sait pas combien de fois on reverra Rafael Nadal à Roland-Garros. C'est fantastique, ce qu'on a vécu. Un match plein d'abnégation, de courage, d'intelligence tactique, et de solidité mentale, quand on voit ce qui lui est arrivé quand il menait 6-2, 3-0, double break. Grand respect à Monsieur Nadal... »

« C'est un match qui a atteint des sommets tennistiques qu'on avait rarement vu, savourait Marion Bartoli. On voyait toute la fatigue sur le visage de Nadal à la fin... »

Et Fabrice Santoro était sur la même longueur d'onde. « Ces deux joueurs nous régalent, on s'attendait à une performance hors norme mais il y a toujours une incertitude, cette petite probabilité d'être déçu, de ne pas avoir le spectacle qu'on espérait. Et à la fin, on se dit qu'on est vraiment gâté, de voir ces deux joueurs produire un tennis fantastique pendant aussi longtemps. Ils ne sont pas comme nous, ils sont différents, ils règnent sur le tennis mondial avec Federer depuis près de vingt ans, ils nous proposent un tennis sans précédent, ils ont la même faim que lorsqu'ils ont débarqué sur le circuit. Rafael Nadal nous a laissés sans voix. Je pense qu'il a des douleurs inimaginables quand il se lève le matin ou qu'il sort du terrain et j'ai l'habitude de dire que quand Rafa commence à grimacer, à dire qu'il a mal quelque part, pour nous ce serait pronostic vital engagé... »

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