Réforme des retraites : Berger et plusieurs syndicalistes demandent une pause à Macron

AURELIEN MORISSARD / AFP

Laurent Berger de la CFDT et Cyril Chabanier de la CFTC demandent à Emmanuel Macron « une pause », « a minima », dans sa réforme des retraites pour « calmer le jeu. »

POLITIQUE - Pouce. Laurent Berger appelle Emmanuel Macron à mettre sa réforme des retraites sur pause après la neuvième journée de mobilisation sociale marquée, jeudi 23 mars, par un regain d’affluence et de vives tensions.

« C’est le moment », de recevoir l’intersyndicale a estimé le secrétaire général de la CFDT, ce vendredi sur RTL, « pas pour nous expliquer ce que l’on n’aurait pas compris sur la réforme des retraites, c’est le moment pour dire ’écoutez, on fait une pause et on attend six mois.’ » Selon lui, les responsables des différentes centrales n’ont pas été reçus par l’exécutif depuis le 10 janvier et la présentation du texte, « cela ne s’est jamais vu. »

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Le responsable du syndicat dit « réformiste », tête de proue de la contestation avec Philippe Martinez, estime que cette pause est la meilleure solution pour sortir de la crise dans laquelle le pays semble s’enfoncer après l’emploi de l’article 49.3 de la Constitution par la Première ministre et l’interview présidentielle qui l’a suivi.

« Reprendre les choses à l’endroit »

« Peu importe le lieu, la question c’est la solution », estime Laurent Berger qui avait demandé en vain à être reçu à l’Élysée avec l’intersyndicale après la mobilisation massive du 7 mars. « La solution c’est de dire ’on met sur pause, on se donne six mois pour regarder et sur le travail et sur les retraites comment on peut reprendre les choses à l’endroit’ et ensuite les organisations syndicales pourront nourrir leurs propositions et trouver un compromis s’il est possible », explique-t-il aujourd’hui, « cela calmerait le jeu. »

Une sortie de crise appuyée par Cyril Chabanier. «Cela va dans le bon sens. La colère est là, la crise s’installe, il va bien falloir trouver des solutions, d’où la proposition de Laurent, qui serait la moins mauvaise », affirme au HuffPost le secrétaire général de la CFTC, un autre syndicat plus prompt dans son histoire à la négociation.

« Pour être clair, on demande le retrait de ce texte et l’ouverture d’un nouveau cycle de négociations. A minima, il faut que le gouvernement le mette sur pause », précise-t-il, tout en mettant en garde l’exécutif contre la stratégie de « pourrissement. » « Ce serait inconscient de jouer sur la résignation, comme ils le font depuis le début, ou le pourrissement. Cela ne marchera pas », prévient-il, ragaillardi par les chiffres de la mobilisation en hausse jeudi, et à quelques jours d’un nouveau round dans la rue, mardi 28 mars.

Depuis plusieurs semaines, l’intersyndicale tend la main à Emmanuel Macron pour de nouvelles négociations. Leur lettre après la mobilisation du 7 mars n’avait pas reçu de réponse positive. Laurent Berger répète inlassablement qu’il est prêt au « compromis », notamment sur la question plus large du « travail » à laquelle il tient.

Reste désormais à connaître la réaction d’Emmanuel Macron à ce nouveau tour de force des syndicats, lui qui affirmait mercredi ne rien vouloir céder et appliquer sa réforme dès la rentrée prochaine. Et surtout si la CGT et l’ensemble de l’intersyndicale qui réclame « le retrait de la réforme » sera aussi sur cette ligne.

« Le gouvernement ne semble pas aller dans cette voie », constate Cyril Chabanier, à propos de la « pause », mais en même temps « le Président ne doit pas avoir les mêmes pensées qu’il y a deux jours » estime-t-il, et « il ne ferait sûrement pas le même discours aujourd’hui. » La balle est à nouveau dans son camp.

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