Rémy Boullé en bronze aux Mondiaux d'Halifax au Canada

Rémy Boullé a décroché vendredi à Halifax (Canada) sa première médaille mondiale. (Planet Canoe)

Comme aux Jeux Paralympiques, le Français a décroché une médaille mondiale, vendredi au Canada.

Il avoue une pointe de frustration. « C'est une médaille en demi-teinte », grimace Rémy Boullé (34 ans). Il a pourtant ouvert vendredi le compteur de l'équipe de France, valide et handisport cumulés, lors des Championnats du monde à Halifax (Canada). L'ancien commando para, qui a défendu les intérêts du pays en Afghanistan, au Mali ou au Tchad, avant de devenir paraplégique à la suite d'un accident de parachutisme à l'entraînement quand il avait 26 ans, ne veut pas s'appesantir sur la victoire du jeune Peter Kiss (19 ans) dans sa catégorie (KL1 200 m). « Le Hongrois est imbattable, parce qu'il ne devrait pas être dans ma catégorie, souffle-t-il. Cette victoire confirme qu'il avait fait semblant lors de sa course de classification. »

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En revanche, Boullé s'agace de l'écart qui le sépare du médaillé d'argent, le Brésilien Luis Silva (37 ans), puisque Kiss a gagné en 48''40, Silva le suivant en 49''14 et le Bleu en 50''98. « J'ai fait une très mauvaise course. Je n'ai pas réussi à me déstresser, et à mettre en place ce que je sais mieux faire d'habitude. Sans fausse modestie. Mais il y a une médaille au bout et elle confirme celle des Jeux (3e aux Paralympiques de Tokyo l'été dernier). Je décroche même ma première médaille mondiale. Sans aucun soutien et sans entraîneur depuis six mois. »

Il vise l'or ou l'argent aux Jeux de Paris

S'il précise qu'Éric Le Leuch, ­directeur adjoint de la ­performance, l'a aidé les deux dernières semaines, il peste sur l'organisation générale, le fait qu'on n'ait pas considéré son ­handicap, sa situation en fauteuil roulant quand les cinq ­autres ­athlètes du groupe étaient mal-marchant ou amputés. « À l'armée, quand un mec est en difficulté, on s'adapte au plus ­faible ; là, c'était à moi, le plus faible, de m'adapter aux autres », grince-t-il, même s'il peut se féliciter du ­travail effectué dans l'ombre, chez lui, à Orléans.

Et il se rassure autrement : « J'ai stoppé l'hémorragie sans régresser. Maintenant, l'objectif sera de progresser pour aller chercher une meilleure médaille aux Jeux de ­Paris. »

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