Rallye - Rallye d'Argentine - Rallye d'Argentine : Sébastien Ogier et les occasions manquées

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Le Championnat du monde des rallyes WRC aurait dû faire étape en Argentine ce week-end. Une épreuve que Sébastien Ogier n'a bizarrement jamais remportée en dix participations.Au volant de la Toyota Yaris avec laquelle Ott Tänak s'était imposé en 2018, Sébastien Ogier espérait bien remporter ce dimanche l'une des rares épreuves manquant à son riche palmarès de 48 victoires : le Rallye d'Argentine. S'il s'est imposé sur les routes ou les chemins de dix-sept épreuves du calendrier WRC, le sextuple champion du monde n'a encore jamais triomphé dans les Sierras de la région de Cordoba, qui fait partie des six rallyes auxquels il a pris part sans jamais y triompher (Chypre, Bulgarie, Irlande, Nouvelle-Zélande, Norvège).En dix participations entre 2009 et 2019 (le Rallye d'Argentine n'a pas eu lieu en 2010), Ogier est monté cinq fois sur le podium. Un bon ratio. Mais s'il compte trois deuxièmes places, il n'a jamais décroché ce succès après lequel il court toujours... et après lequel il va courir encore quelques mois au minimum puisque la manche argentine du WRC, prévue cette semaine, a été reportée sine die en raison de la pandémie de Covid-19. Petit coup d'oeil dans le rétro sur les occasions manquées du Français en Argentine.2009 et 2015 : loin du compteEn 2009, pour sa première saison complète au plus haut niveau, Ogier est dans le dur. Comme sur les manches précédentes, il est incapable de se lâcher au volant de la C4 WRC. Victime d'une casse d'amortisseur lors de la deuxième étape et ralenti par quelques soucis mécaniques, il termine péniblement à la septième place alors que Loeb et Sordo, sur la même voiture, signent le doublé pour Citroën. Ogier montera sur son premier podium deux rallyes plus tard, en Grèce, assurant son avenir chez Citroën.En 2015, Ogier se classe seulement 17e du Rallye d'Argentine. Un problème d'injecteurs sur sa Volkswagen Polo le stoppe dès la deuxième spéciale. Il se console en signant, le dimanche, le meilleur chrono de la Power Stage, ce qui lui permet de gratter de précieux points dans la quête d'un troisième titre mondial.2011, 2013 et 2016 : tout près du butÉquipier de Loeb chez Citroën, Ogier effectue un début de saison 2011 tonitruant, avec des victoires au Portugal et en Jordanie. Pour sa deuxième apparition en Argentine, il effectue un récital pendant deux jours. Au départ de la dernière étape, il possède près de 45'' d'avance sur Loeb. Mais une erreur de concentration minime l'envoie en tonneau dès la première spéciale dominicale. Contraint de terminer la course avec une DS3 bien amochée, il voit Loeb et Hirvonen lui passer devant. Il termine 3e à 7''3 seulement de l'Alsacien. « Assurément mon échec le plus rageant », assurait Ogier en 2018.En 2013, sa première saison chez Volkswagen, il s'incline devant le « maître des lieux », Sébastien Loeb, qui effectue un mini-programme de quatre courses avec Citroën avant de bifurquer vers les courses de tourisme et qui signe là son huitième succès consécutif en Argentine ! Après la première journée de course, c'est pourtant Ogier qui est en tête, avec plus de quinze secondes d'avance sur son ancien équipier. Mais le Haut-Alpin, perturbé par un souci de frein à main sur sa Polo WRC, se fait surprendre par une plaque de boue et tire tout droit dans la septième spéciale. Une mésaventure qui lui coûte 45'' et toutes ses chances de victoire. Il décrochera tout de même son premier titre mondial cette année-là.En 2016, toujours au volant de la Polo, Ogier est cette fois le dauphin d'Hayden Paddon. Au départ de la dernière spéciale, 2''6 séparent les deux hommes, à l'avantage du Néo-Zélandais. Ogier, sur la route de son quatrième titre avec VW, a le Championnat à l'esprit et ne parvient pas à se libérer complètement sur l'itinéraire rocailleux de cette spéciale de Mina Clavero. Il concède plus de dix secondes à un Paddon survolté. Le pilote Hyundai signe sa première victoire mondiale (et la seule à ce jour) de manière magistrale. « Contrairement à lui, je n'ai pas osé prendre tous les risques », explique Ogier.2014 : si près mais si loinEn 2014, Ogier est cette fois battu par son équipier de l'époque chez Volkswagen, Jari-Matti Latvala. Si les deux hommes font jeu égal en tout début de course, le Finlandais prend le large en fin de première étape, profitant d'une meilleure position sur la route et de sa capacité à faire des chronos dans les ornières de chemins défoncés.« J'ai bien essayé d'aller plus vite, mais Jari-Matti est simplement plus rapide que moi. Contrairement à lui, je n'aime pas trop ce profil de spéciales : ce sol sablonneux se creuse très vite au fil du passage des voitures, il faut arriver très fort dans les rails, en survitesse par rapport à la note, et le rail de sable te cale, guide ta trajectoire, explique Ogier. Ce n'est pas du tout fin comme pilotage. Ce n'est pas mon truc mais bravo à ceux qui vont vite là-dedans, ça reste du rallye ! »2012 : si loin mais si prèsComme en 2009, Ogier se classe septième du Rallye d'Argentine 2012. Mais les circonstances sont bien différentes puisqu'il s'agit cette fois d'un exploit. Remercié par Citroën après une cohabitation houleuse avec Loeb en 2011, Ogier a décidé de s'impliquer dans le projet Volkswagen. En attendant le développement de la Polo R WRC, il effectue la saison 2012 au volant d'une Skoda Fabia R5, la catégorie inférieure, afin de garder le rythme. Décrocher une telle place d'honneur, devant les WRC de Novikov, Al-Attiyah et Tänak (en galère chez M-Sport à l'époque), est un authentique exploit.

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