Rallye - WRC - Monte-Carlo - « Ça valait le coup de continuer », estime Sébastien Ogier vainqueur du Rallye Monte-Carlo

L'Equipe.fr
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Ému après sa victoire dimanche au Rallye Monte-Carlo, sa huitième en Principauté, Sébastien Ogier (Toyota) ne regrettait pas d'avoir prolongé d'un an sa carrière en WRC. « Que ressentez-vous après votre 50e victoire en WRC, votre huitième au Monte-Carlo ?
Je me rapproche de la fin de ma carrière, donc j'apprécie d'autant plus ce succès. Ça valait le coup de continuer, et je pense que je reviendrai ici. Pas dans le cadre d'un Championnat, mais ce rallye représente tellement pour moi. lire aussi Ogier roi de Monte-Carlo C'était une édition vraiment difficile, avec des conditions très piégeuses sur la route ?
Oui, même si elle était plus courte que d'habitude, les conditions étaient vraiment compliquées. Sur la spéciale de Saint-Clément (ES10, où Ogier a été battu de 42" par Thierry Neuville), il n'y avait aucun grip. Dans ces moments-là, il faut vraiment garder son calme. Tu ne prends pas beaucoup de plaisir, mais il faut savoir la traverser sans encombre. Vendredi, vous avez annoncé que vous alliez gagner le rallye. C'est rare de vous voir aussi sûr de vous avant la fin d'une épreuve.
Ça prouve juste que je suis vraiment confiant au volant dans la voiture. Je fais rarement ce genre de déclarations parce qu'ensuite on me dit que je suis arrogant. Mais le politiquement correct, parfois c'est un peu chiant. C'est bien de mettre un peu de piment et de dire ce qu'on pense. lire aussi Résultats du Rallye Monte-Carlo Qu'est-ce que ça a changé de disputer ce rallye à huis clos ?
Au volant, on a tellement la tête dans le guidon qu'on ne s'en rend pas vraiment compte. Mais le parc d'assistance à Gap est souvent un grand moment pour moi, où je reçois un soutien énorme, et ça nous a manqué. J'espère qu'ils sont heureux aujourd'hui, autant que moi. « Si je ne devais gagner qu'un rallye par an, ce serait celui-là » Jari-Matti Latvala, le nouveau patron de l'écurie, nous a dit que vous aviez la particularité de transformer la colère en performance sur la route. Vous êtes d'accord avec lui ?
Je pense que de temps en temps, il faut savoir ne pas trop se prendre la tête après une mauvaise spéciale, ne pas trop analyser. On essaie de pousser les limites au volant, mais il faut garder une certaine simplicité. Ma crevaison (dans l'ES6 vendredi), c'était un coup dur, évidemment. Ce n'était pas le moment de baisser les bras, et en effet, j'étais revanchard dans la spéciale suivante, et j'ai peut-être eu une prise de risque un peu plus importante pour compenser. Mais il faut faire ça avec modération. lire aussi Classement des pilotes Qu'est-ce que signifie pour vous ce record de victoires ici ?
Beaucoup de choses. Si je ne devais gagner qu'un rallye par an, ce serait celui-là. C'est la même chose pour les records. C'est le rallye qui me procure le plus de joie, pour beaucoup de raisons. C'est au Monte-Carlo que j'ai découvert le rallye, que j'ai fait ce rêve de pouvoir faire ce métier un jour. Vous avez de plus gagner avec cinq voitures différentes. Qu'est-ce que ça vous inspire ?
Avec Julien (Ingrassia, son copilote), on a montré depuis le début de notre carrière qu'on savait s'adapter. Ça a toujours été une de nos forces. Avec chaque nouvelle voiture, on a réussi à s'imposer. lire aussi Classement des constructeurs Vous allez ouvrir le prochain rallye, en Finlande sur la neige, ce qui ne devrait pas vous favoriser...
Ce n'est pas grave, la victoire ici n'a pas de prix. Mais il y aura un peu plus d'espoirs car on va aller très au nord. Les conditions vont sans doute être très fraîches et si la neige ne tombe pas, ça pourrait ne pas être si mal d'ouvrir la route. Vous allez découvrir deux nouveaux rallyes, en Finlande et en Croatie, c'est le genre de défi qui vous plaît ?
Oui j'aime bien ça. Mais il faudra se méfier de Kalle (Rovanperä, son coéquipier finlandais chez Toyota) à l'''Arctic Rally''. Il a été bon ce week-end, il a juste commis quelques erreurs, mais en vitesse de pointe, il a fait un pas en avant. C'est le seul qui connaisse ce rallye, et sur cette surface, il a accumulé beaucoup plus d'expérience que moi alors qu'il a la moitié de mon âge (le Français a 37 ans, le Finlandais 20 ans). Il y a des chances de le voir voler là-haut. » Sébastien Ogier en impose à Monte-Carlo !

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