Raphaël Varane au lendemain de la qualification des Bleus pour les 8es : « Il faut garder le cap »

Raphaël Varane au lendemain de la qualification des Bleus pour les 8es : « Il faut garder le cap »

Le défenseur central des Bleus Raphaël Varane, qui a repris la compétition samedi contre le Danemark, sent une équipe de France sereine et habitée d'une rage de vaincre dans cette Coupe du monde 2022.

« Pouvez-vous nous décrire la joie des Bleus dans le vestiaire à la fin du match contre le Danemark (victoire 2-1 samedi soir) ?
C'est un moment de communion. On est heureux du résultat et surtout de la qualification. C'est un combat qu'on a réussi à gagner. Et forcément, dans le vestiaire on a laissé exprimer notre joie.

Pensez-vous qu'il est préférable d'enchaîner pour vous face à la Tunisie, mercredi, ou d'être ménagé ?
Je n'en ai pas parlé avec le coach encore. On va d'abord penser à ce qui est le mieux pour l'équipe puis ce qui est le mieux pour moi.

Mais vous, vous en pensez quoi ?
Le mieux est d'avoir du temps de jeu. Ensuite, on verra avec le coach.

Qu'avez-vous pensé de votre association avec Dayot Upamecano ?
C'était notre premier match ensemble dans une charnière à deux. C'est un joueur avec beaucoup de qualités, encore jeune, qui a franchi beaucoup de caps. Il est dans le vrai. On a beaucoup échangé pour créer ces automatismes, qui sont importants en défense. On a des qualités complémentaires. C'est une question de repères sur le terrain. Pour cela, la communication est importante. Mais c'est un joueur intelligent et je me suis senti à l'aise avec lui.

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Que pensez-vous du record de sélections (142) qu'Hugo Lloris est sur le point d'égaler ?
J'ai beaucoup de respect pour lui, le joueur et l'homme. C'est une chance d'avoir cette stabilité et cette longévité en équipe de France. Hugo est un joueur très, très fiable qui transmet son calme à toute l'équipe. Respect car le haut niveau n'est pas facile et y rester est encore plus difficile.

D'où vient votre sérénité collective ? Et pensez-vous qu'il est préférable d'éviter l'Argentine en 8es de finale ?
L'adversaire, on verra. Pour aller au bout, on va devoir jouer de grosses équipes. Pas de préférence à ce niveau. Après, le groupe est serein. On s'appuie sur cette mentalité de compétiteurs. On a cette rage de vaincre. Il y a une bonne osmose entre les plus jeunes et les plus anciens. Il faut garder le cap.

L'équipe de France peut-elle aller au bout de cette Coupe du monde avec ce système à 4 offensifs ?
Je ne nous sens pas plus fragiles. On a un équilibre à trouver. À nous de bien faire vivre le système. On n'a pas été plus en difficulté par rapport au fait d'avoir un joueur offensif en plus. L'adversaire aussi va devoir réfléchir avant d'attaquer car on a la possibilité de contre-attaquer. Ce qu'on perd d'un côté, on le gagne de l'autre. Il faut juste un équilibre.

Vous êtes en équipe de France depuis dix ans. Où la situez-vous par rapport aux précédentes ?
Une équipe qui s'appuie sur expérience de 2016 et 2018 avec une jeunesse qui pousse. C'est un bon mélange entre expérience et jeunesse. Ce groupe a beaucoup de talents. Il faut continuer à travailler avec les mêmes valeurs qui ont fait notre réussite ces dernières années.

Vous n'aviez plus joué depuis le 22 octobre : avez-vous eu une petite appréhension hier et à quel niveau de votre potentiel athlétique vous situez-vous ?
Pas d'appréhension particulière, non, car à partir du moment où le coach m'a mis titulaire, c'est que je n'avais pas d'appréhension. Il n'est jamais évident de reprendre sur un match de coupe du monde mais j'étais prêt. Forcément, je ne suis pas encore à 100 % de mon potentiel physique. J'ai bossé pour être ici et j'espère monter en puissance au cours de cette compétition.

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Que vous étiez-vous dit lorsque vous étiez en larmes sur la pelouse de Stamford Bridge, ce 22 octobre, en vous tenant la cuisse ? A quel moment vous êtes vous dit que vous seriez prêt pour le Qatar ?
C'était un moment difficile. Je pensais alors que la blessure était plus grave que prévu, que c'était fini pour la Coupe du monde. À partir du moment où le diagnostic était jouable, je suis passé en mode express. Cela a demandé beaucoup d'efforts, beaucoup de sacrifices pour être prêt dans les timings. Aujourd'hui, je profite de chaque moment. Il est toujours extraordinaire de défendre les couleurs de son pays, de représenter la France. J'avais beaucoup d'envie et de rage de vaincre.

Certains vous présentent comme le leader qui remplace Paul Pogba.
(Il se marre) Paul est irremplaçable. C'est important d'avoir des joueurs cadres dans le groupe. Cela se fait naturellement de parler au groupe. Chacun le fait à sa manière. Paul a sa personnalité qui est forte. Il a été très important pour le groupe mais en son absence, c'est à d'autres joueurs de parler un peu plus. Chacun le fait avec sa personnalité. Selon les besoins du groupe, certains joueurs s'affirment.

Comment définiriez-vous le jeu de l'équipe de France ?
On est assez imprévisible. On peut jouer avec un bloc bas, avec un pressing haut, en possession, en contre-attaque. On a des joueurs avec des qualités différentes. On est assez complémentaires. À nous de trouver la bonne arme en fonction de l'adversaire et du moment du match. L'objectif est d'être le plus efficace possible. On a des joueurs sur les côtés qui ont la capacité de déséquilibrer. Les côtés, c'est souvent la solution. C'est là où on a des joueurs de grand talent. »

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