Un rassemblement contre l'extrême droite a eu lieu à l'Institut du judo à Paris

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À l'invitation du président de la Fédération française de judo, Stéphane Nomis, des dizaines d'athlètes, dirigeants de fédérations, de clubs et élus se sont rassemblés contre l'extrême droite, mardi soir à l'Institut du judo, à Paris.

Cinq jours avant le deuxième tour de l'élection présidentielle, dimanche, la mobilisation du monde du sport se poursuit. Elle a débuté il y a pile une semaine par une tribune d'une cinquantaine d'athlètes, relayée par Le Parisien et France Info, appelant à faire barrage à l'extrême droite. Elle s'est poursuivie par le choix affiché du CNOSF pour le programme d'Emmanuel Macron puis via l'appel des acteurs du sport à voter en faveur du président sortant, publié sur lequipe.fr jeudi dernier. Depuis, les 220 signataires, présidents de fédérations, de clubs, d'entreprises, d'organisations ou élus sont désormais près de 400.

Plusieurs dizaines d'entre eux se sont ainsi retrouvés, mardi soir, à l'Institut du judo dans le XIVe arrondissement de Paris. Invités par le président de la FFJDA Stéphane Nomis, ils ont témoigné pendant plus de trois heures pour faire barrage à l'extrême droite. « On dit sans cesse que le sport est apolitique. Je ne partage pas ce point de vue. Le sport est social, il crée du lien entre nous tous, il est, de fait, politique. Arrêtons avec cette fausse idée », a rappelé d'entrée Stéphane Nomis. « Avec 17 millions de licenciés, le sport est le premier parti de France. [...] Je suis fier de tous les sportifs et dirigeants qui s'engagent », a poursuivi le dirigeant après avoir expliqué qu'il avait grandi dans un quartier populaire avec des copains de toutes les couleurs.

Sébastien Nolenisi, directeur général de la FFJDA

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« Le sport c'est la générosité et la bienveillance et l'extrême droite est aux antipodes de ces valeurs »

Sébastien Nolenisi a enchaîné en citant la tribune des acteurs du rugby publiée dans notre édition du jour.« Un rugbyman a été assassiné car il s'est opposé à des valeurs d'extrême droite. Le sport c'est la générosité et la bienveillance et l'extrême droite est aux antipodes de ces valeurs », a estimé le directeur général. Gaël Fickou, le trois-quarts centre du Racing, et plusieurs de ses coéquipiers dont Teddy Thomas, lui ont succédé sur l'estrade. Interrogés par Stéphane Guy, ancien journaliste de Canal +, ils ont estimé « naturel » d'être présents à l'Institut du judo et reconnu parler des élections dans le vestiaire. « Dommage que l'on n'ait pas utilisé davantage le sport avant d'en arriver là », a enchaîné, en visio, Ryadh Sallem, multi-champion de France et d'Europe de rugby fauteuil, qui s'est dit « inquiet ».

Thiriez, vingt ans après

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Seul Mahyar Monshipour s'est distingué par son discours, qu'il avait pris soin de rédiger sur une feuille. « Si des millions de personnes ont voté pour Marine Le Pen et vont le refaire, moins nombreux on l'espère, c'est que le programme et les valeurs de la candidate les ont interpellés. Ces voix doivent être entendues, elles ne sont pas moins légitimes que les nôtres », a estimé l'ancien champion du monde d'origine iranienne. Le boxeur a invité les futurs membres du gouvernement, si Emmanuel Macron est réélu comme il l'espère, à « tenir compte de ce vote et soigner ces maux car ils ne l'ont jamais fait ».

Le mot de la fin est revenu à Frédéric Thiriez, ancien président de la Ligue de football professionnel (LFP), qui s'est dit, lui aussi, « fier d'être là ». Il a rappelé que ce combat contre l'extrême droite avait été le sien en 2002, alors qu'il était à la tête de la LFP, avant de résumer les deux choses qu'il partage avec les acteurs de la soirée : « L'amour de la France et l'amour du sport ».

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