Real Madrid - PSG (2-2) : les notes des Parisiens

Ambre GodillonJournaliste Yahoo Sport

En difficulté durant tout le match, les joueurs du Paris Saint-Germain ont finalement réussi à arracher le nul à Bernabeu dans l’antre du Real Madrid (2-2). Zoom sur les performances individuelles.

Keylor Navas  (8) : L’ancien héros de Madrid a été son meilleur ennemi ce soir, même si c’est au Santiago Bernabeu que son invincibilité en Ligue des champions a pris fin cette saison. Un but où il ne peut rien (1-0, 17e), quelques minutes après une première alerte de Kroos hors-cadre (14e). Il sort ensuite une parade splendide sur une frappe lourde de Kroos (28e) et un superbe réflexe sur un tir sec de Carvajal (38e) et des arrêts encore plus époustouflants face à Benzema (46e) et Isco (59e). Deux derniers arrêts de classe (85e, 90e). Imposant et rassurant dans la tempête. 

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Thiago Silva  (6) : Si le capitaine fait toujours parler son anticipation et sa lecture du jeu, il a lui aussi coulé en première période, avec de grosse difficultés à contrôler un Benzema fuyant. Pas assez prompt sur le but du Français (1-0, 17e), il a ensuite retrouvé un peu de contrôle et de sérénité. En seconde mi-temps, Silva a de nouveau fait parler son talent en tant que dernier rempart francilien, oscillant entre les interceptions, les récupérations et les sauvetages précieux. 

Presnel Kimpembe (3) :  Très solide en Ligue des champions jusqu’alors, le champion du monde a souffert sur cette pelouse qui lui rappelait de mauvais souvenirs. Il a eu des difficultés dans le duel comme dans son placement, tiraillé entre les percées d’Isco, les dézonages de Benzema ou les incursions des milieux. En retard face à Benzema sur une occasion énorme (46e), et surtout sur le second but madrilène (79e). Une soirée compliquée.

Thomas Meunier (4) :  Toujours aussi actif et généreux dans ses montées, Thomas Meunier a presque toujours été poussé dans ses retranchements défensivement. La faute à un Eden Hazard - plus affuté et inspiré - qui lui a donné du fil à retordre, mais aussi à Marcelo, dans un grand soir, et enfin à Gareth Bale dans les 20 dernières minutes. Il avait l’occasion de sauver le premier but, qui s’est d’abord échoué sur le poteau, mais a assisté impuissant au but de Benzema (1-0, 17e). Et c’est de son incapacité à museler Marcelo, que ce dernier peut déposer un ballon sur la tête de Benzema pour le second but (79e). Un match laborieux, mais au poste le plus ingrat du soir, malgré un centre décisif pour Mbappé (81e).

Juan Bernat  (4) : On a senti l’Espagnol hésitant dans son positionnement, tiraillé entre ses aspirations naturelles vers l’avant et la nécessité d’assurer les couvertures. L’action du premier but - où il est pris dans son dos par une passe de Carvajal - en est l’illustration. Peu inspiré dans ses sorties de balle, il a aussi souffert avec le ballon, ce qui est plus inhabituel chez lui. En seconde mi-temps, plus actif offensivement avec le retour de Neymar, il n’a pas été récompensé de ses efforts.

Marquinhos (5) :  De nouveau lancé en sentinelle, le Brésilien a assurément été le meilleur des trois milieux. Au niveau dans le duel, où il a tenté de combler les brèches et les situations de supériorité madrilènes, il avait aussi un rôle important dans les sorties de balle, où sa précision fut inégale. Mais il aura eu le mérite de mettre les crampons dans le cambouis pendant 90 minutes.

Marco Verratti (4) :  Le petit Italien, qui revenait de blessure, n’était donc pas dans la forme de sa vie, et ça s’est vu. Très discret dans l’entrejeu, il n’a pas eu l’influence habituelle et a longtemps subi. Il a néanmoins sonné la révolte à la demi-heure sur une frappe puissante (32e). Mais ce n’était pas du grand Verratti, comme l’a attesté ce sentiment d’impuissance dans le pressing tout au long du match, alors que c’est habituellement sa marque de fabrique.

Idrissa Gueye (3) :  Personne n’a oublié sa “masterclass” au Parc des Princes, où il avait fait la pluie et le beau temps au milieu. Mais après une première tentative conclue par une frappe molle (1e), le Sénégalais a beaucoup souffert dans la bataille du milieu. Ni vraiment impactant, ni vraiment clairvoyant, Gana Gueye doit retrouver un second souffle après sa blessure. Un geste sur Marcelo (injustement ?) sanctionné sur l’action aurait dû amener au penalty. Sorti à la mi-temps, remplacé par Neymar.

Angel Di Maria (5) :  En feu ces dernières semaines, l’Argentin retrouvait lui aussi l’écrin de la Maison Blanche. Positionné d’abord à gauche, puis à droite après 20 minutes de jeu, il s’est attelé à naviguer entre les lignes pour assurer une continuité dans le jeu et chercher la dernière passe. Mais on l’a senti emprunté physiquement et bien moins en réussite qu’à son habitude. Du déchet, beaucoup de déchet, avant une passe éclair pour Icardi (35e). Il a ensuite disparu des radars en seconde période après l’entrée de Neymar, le jeu penchant plus à gauche. Une soirée pénible pour lui aussi. Remplacé par Sarabia (75e), auteur d’un but égalisateur qui a douché Bernabeu sous la pluie (2-2, 79e).

Mauro Icardi (4) : Le goleador argentin retrouvait le Real Madrid après une première titularisation très encourageante contre la Maison Blanche. Dès les premières minutes, on l’a vu peser en multipliant les appels. Bien servi par Mbappé, il n’a pas assez piqué sa tête sur son premier tir (11e). Il a ensuite disparu de la circulation, avant de s’arracher pour obtenir ce qui aurait pu et dû être un penalty et provoquer l’expulsion de Courtois (42e). Mais la configuration du match ne l’a pas mis en valeur : très peu de ballons à grignoter, aucun centre à se mettre sous la dent. Bref, une soirée sans. Remplacé par Draxler (75e).

Kylian Mbappé (6) : Si l’on pouvait s’interroger sur sa forme après son entrée compliquée face à Lille, Mbappé a prouvé qu’il en avait dans les jambes. Très incisif d’entrée de jeu, il a rapidement voulu se jauger au duel face à Marcelo, qui laissait de l’espace dans son dos, et au très rugueux Ramos. Altruiste, il distille un bon centre pour Icardi, qui n’a pas cadré sa tête (11e). Passé à gauche, il a encore délivré un centre vicieux qui a contraint Courtois à s’employer (31e), avant un une-deux avec Di Maria conclu par un centre-tir sur le Belge (34e). Le seul à apporter des changements de rythme et une vraie combativité dans un PSG au petit trot. Son activité a été récompensée par un but improbable qui relance l’espoir (2-1, 80e) avant un balle de match ratée en solo (90e+2).

Neymar (4) : Entré a la mi-temps à la place d’Idrissa Gueye, le numéro 10 brésilien a immédiatement changé la structure offensive de l’équipe, aimantant tous les ballons entre les lignes. L’effet positif, c’est que sa faculté à porter le ballon a permis au bloc de remonter, mais le revers de la médaille, c’est que le bloc s’est fragmenté en deux à la perte du ballon. Des prises de balle géniales mais aussi un sentiment d’échec dans les passes ou les duels, parfois sur la même action. Peu heureux dans ses corners, il a cherché l’étincelle dans le jeu, avec Mbappé, parfois, ou seul, trop souvent...

Thomas Tuchel (5) : Désireux d’assurer la continuité de son 4-3-3 et de se priver de Neymar, Tuchel a surtout vu son équipe se faire totalement manger dans tous les secteurs de jeu en première mi-temps : une défense mise à mal, un milieu étouffé, et une attaque muselée par le collectif madrilène. Et puis, une fois passé l’imbroglio autour du penalty annulé, le coach a fait le choix fort de revenir à la mi temps avec Neymar, pour essayer d’abreuver un peu plus l’attaque de ballons. A noter que si le PSG a été en difficulté, il a aussi ENFIN montré du caractère dans la difficulté. Menés 2-0, les hommes de Tuchel ont réussi à scorer à deux reprises en moins de 10 minutes pour arracher le nul, fort d’un coaching gagnant avec l’entrée de Sarabia - buteur. Résultat, le club de la capitale reste invaincu cette saison en Ligue des Champions. 




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