René Bouscatel : « Tous les voyants sont au vert »

René Bouscatel, président de la Ligue nationale de rugby. (F. Lancelot/L'Équipe)

Réuni avec les acteurs du Top 14 à l'hôtel Mama Shelter de Paris pour la traditionnelle rentrée des classes, le président de la Ligue nationale de rugby René Bouscatel n'a pas caché son impatience de voir le Championnat reprendre.

« Dans quel état d'esprit êtes-vous avant la reprise du Top 14 le week-end prochain ?
Il y a beaucoup d'attente et d'excitation. Parce qu'on a vécu une saison dernière absolument extraordinaire pour le rugby professionnel français et l'équipe de France. Tous les voyants sont au vert. Prenez les résultats des clubs français en Coupe d'Europe, avec la victoire de La Rochelle qui succède à celle de Toulouse l'année d'avant. Ça ressemble à une petite hégémonie, même s'il faut faire attention car le succès est toujours éphémère. Prenez aussi le Top 14 où neuf équipes pouvaient encore se qualifier pour la phase finale à l'aube de la dernière journée, et donc potentiellement devenir championnes de France.

Les clubs ont-ils fini par surmonter leurs difficultés financières liées à la pandémie de Covid-19 ?
Cette crise a fragilisé quelques clubs, c'est une certitude. Mais grâce aux aides de l'État et aux PGE (prêts garantis par l'Etat) pris par la LNR, on est arrivés à sauver les meubles. In fine, ça se terminera bien. Même si on n'est jamais sûr du lendemain.

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Une saison pré-Coupe du monde n'est-elle pas toujours un peu piégeuse pour les clubs ?
Bien sûr. Avant, quand j'étais président de club, je voyais ça d'un très mauvais oeil (rires). Là, j'essaie de faire en sorte que les intérêts contradictoires qu'il peut y avoir entre l'équipe de France et les clubs, entre la Fédération et la Ligue, deviennent positifs et créent une synergie dans l'intérêt de tous. Si l'équipe de France, avec beaucoup de travail et un peu de chance, remportait le titre mondial à la maison, c'est tout le rugby français qui en profiterait.

« Pour qu'un championnat ait de l'intérêt, il faut de la concurrence et du suspense »

Quels seront les temps forts de cette saison en Top 14 ?
Comme d'habitude : il y en aura à chaque match, à chaque journée. Il existe une telle concurrence dans ce Championnat qu'il ne peut pas y avoir de relâchement. On s'y bat jusqu'à la fin pour ne pas descendre ou pour être dans les six premiers. Notre Top 14 est formidable, même si les gens n'y voient souvent que des inconvénients.

Il y a d'abord une phase de classement, et puis comme il y a des doublons, et donc un peu d'injustice, on remet de l'équité via une phase finale qui concerne les six premiers. Je me répète, mais imaginez qu'à la 26e journée, neuf équipes sur quatorze pouvaient encore se qualifier ! Je n'avais encore jamais connu ça. C'est comme si, au football, douze équipes pouvaient encore prétendre au titre de championne de France à la veille de la 38e journée. Pour qu'un Championnat ait de l'intérêt, il faut de la concurrence et du suspens. Et notre formule, qui a été bâtie à cause des doublons, en a beaucoup. Moi, j'ai connu une époque où, sur certains matches, les équipes qui se déplaçaient ne venaient pas forcément avec le couteau entre les dents. Aujourd'hui, tout le monde cherche à gagner à l'extérieur.

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Vous avez entamé avec la FFR une réflexion pour améliorer l'arbitrage et revoir son financement. C'est parce que vous en avez un peu marre de voir les sifflets français quitter la corporation pour intégrer des staffs techniques ?
Non. Si c'était des arbitres en pleine force de l'âge qui partaient, ça deviendrait dangereux. Mais là, ce sont essentiellement des arbitres en fin de carrière, ce sont donc des reconversions. En revanche, c'est vrai qu'on manque d'arbitre et qu'il faut élever le niveau. L'arbitre étant un élément essentiel du jeu, il lui faut une formation, une préparation, un statut. Ça demande des moyens, c'est pour ça que la Ligue et la Fédération se sont rapprochées pour avoir une réflexion sur comment améliorer l'arbitrage. C'est la Ligue qui a impulsé cette idée, et elle a été reprise par la Fédération.

Pour finir, qu'attendez-vous du procès concernant l'affaire Bernard Laporte-Mohed Altrad (jugés pour soupçons de favoritisme) qui débutera le 7 septembre à Paris ?
J'attends ça comme tout le monde, mais pour l'instant, ce n'est pas un sujet de discussion, d'autant que je n'en sais pas plus que ce que je lis dans la presse. J'attends surtout de voir les arguments que les uns et les autres auront et les réponses qui seront données. »

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