Renaud Lavillenie quitte Clermont pour sa nouvelle structure Envol

Renaud Lavillenie ne portera plus les couleurs du Clermont Auvergne Athlétisme. (F. Faugère/L'Équipe)

Après 13 saisons sous les couleurs du Clermont Auvergne Athlétisme, le champion olympique 2012 du saut à la perche Renaud Lavillenie a décidé de changer de club pour rejoindre Envol, la structure qu'il vient de créer.

C'est l'une des premières démarches qu'il a dû effectuer en tant que président. Athlète de niveau International A, Renaud Lavillenie, a déboursé les 6 000 euros de frais de mutation pour « m'acheter », rigole-t-il, et verser le montant au Clermont Auvergne Athlétisme, son club depuis treize ans.

Car pour cette nouvelle saison qu'il ne débutera que plus tard dans l'année à cause d'une blessure à l'insertion des ischio-jambiers - « je prends mon mal en patience, on devrait commencer à y retoucher un peu pour voir les bienfaits de la période de repos au début du mois de février » - le champion olympique 2012 de la perche sera licencié au club Envol, structure qu'il a décidé de créer.

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« Quitter un club classique pour en faire un autre classique, ça n'avait pas de sens, nous explique-t-il. Ça fait longtemps que j'ai cette idée-là. C'est dans la continuité de ce que j'ai déjà mis en place avec le All Star Perche (compétition de perche en salle à Clermont-Ferrand). Avec mon propre club, cela crée une entité globale qui a plus de sens et ça permet de développer le tout sur du plus long terme. »

Que les mastodontes Montreuil, Lille ou Clermont, justement, ne s'inquiètent pas, l'ex-recordman du monde n'est pas là pour venir jouer les Interclubs. « Notre société évolue et notre consommation du sport avec, reprend-il. La plupart des associations actuelles sont plus sur le côté ''vintage''. Partir d'une feuille blanche permet de construire plus facilement. Je veux faire en sorte qu'Envol soit un laboratoire au niveau de l'accompagnement et de la formation des athlètes. Ne pas avoir peur de se projeter sur une vision à plusieurs années et faire bouger des choses. »

À 36 ans, le septuple champion d'Europe (salle et plein air) sait qu'il est évidemment plus près de la fin que du début. Et même s'il compte sauter tant qu'il le pourra, il devra à un moment « raccrocher les pointes du haut niveau » et son club, en plus de son événement de perche, doit lui permettre de « mettre un pied dans l'après ». Et de pourquoi pas trouver le prochain Renaud Lavillenie.

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« C'est un club car c'est ce qu'il y a de plus simple mais j'aurais pu appeler ça une académie. L'idée est de pouvoir accompagner, d'être dans quelque chose de dynamique, dans l'air du temps. Proposer un accompagnement complet à un athlète mais aussi juste proposer un stage, un camp, des séances à la carte comme quand on va jouer au badminton entre amis par exemple.

Aller vers le sport de demain plutôt que vers celui d'hier. La volonté est de partir de zéro en finançant un entraîneur. Si tu mets un entraîneur dans un bon environnement, il va créer des athlètes qui donneront ensuite de la valeur au club. C'est une vision à long terme. Le but est d'avoir des jeunes motivés qui veulent devenir des champions de perche. Mon rêve pourrait de faire la Coupe de France des spécialités (classement par équipes par épreuves) avec une équipe fondée de A à Z. »

D'autres aspirations traînent dans son étui comme créer « un centre à la pointe de la technologie » où les sportifs pourraient tout trouver pour se développer. On n'y est pas mais « les rêves font avancer même si on sait qu'on ne pourra jamais le faire ». Un peu comme viser un record du monde.

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