Renault s'oppose aussi au gel moteur dès 2022

Jonathan Noble
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L'idée d'un gel est préconisée par Red Bull, qui tente de trouver un moyen de reprendre le projet moteur Honda afin de pouvoir utiliser ces unités de puissance après le retrait de la marque japonaise. L'écurie de Milton Keynes s'est montrée claire sur le fait qu'elle ne peut mener à bien cette possibilité qu'avec un gel des développements, ne pouvant se permettre les énormes coûts qui seraient autrement engendrés.

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Un tel gel requerrait le soutien des écuries rivales, Ferrari ayant déjà indiqué son opposition et étant désormais rejoint par Renault dans cette position. Cyril Abiteboul explique effectivement que les projets ambitieux de son écurie pour l'avenir ne sont pas compatibles avec une telle mesure. Il a ainsi changé d'avis par rapport au débat précédent, où c'est Red Bull qui s'était opposé à un gel, ne voulant pas voir la progression de Honda freinée.

"Si vous m'aviez posé la question il y a six mois, nous aurions insisté pour un plafond budgétaire encore plus bas, pour tenter de contenir les coûts du châssis, mais aussi pour réduire ceux liés au moteur en acceptant un gel", déclare Abiteboul. "Mais Red Bull Racing et Honda étaient contre, et nous l'avons accepté. Nous avons donc emprunté une autre voie. Depuis lors, nous sommes très occupés à travailler sur la plateforme moteur 2022 et, si vous me demandez aujourd'hui ce que je pense d'un gel moteur, ma position est clairement différente de celle d'il y a six mois."

"Je suis contre le gel des moteurs. Nous n'avons pas l'intention d'arrêter ce qui pourrait être une plateforme très importante pour nous. Nous ne l'acceptons pas."

Directeur de Red Bull Racing, Christian Horner est conscient que tous ses rivaux ne vont pas soutenir sa proposition et compte sur l'aide de la FIA. "Je pense qu'en fin de compte, c'est là que l'intérêt individuel entre en jeu, et l'on sait que la tâche de l'instance dirigeante et du détenteur des droits commerciaux est d'étudier dans la globalité ce qui est bien pour la F1", estime-t-il.

"Nous avons perdu un motoriste en Honda, ce qui est une nouvelle désastreuse pour la F1. Et pour que Red Bull prenne en charge ce projet moteur… nous ne pouvons simplement pas assumer [les coûts], dans le contexte d'un développement ouvert, particulièrement dans le monde actuel."

"Je pense que la FIA et le détenteur des droits commerciaux tiennent des discussions constructives. Bien sûr, cela doit se faire main dans la main avec les constructeurs automobiles qui sont présents en F1. Et je pense que c'est ce qui va se produire. Il est clair qu'une solution ou une autre doit être trouvée dans les semaines à venir."

Pour Abiteboul, la priorité de Renault est d'établir la base de la future réglementation moteur, qui arrivera en 2026 au plus tard. "Nous devons discuter afin de trouver une solution pour les moteurs de l'avenir, du moyen au long terme, ainsi que du point de vue de l'aspect écologique des nouvelles unités de puissance", conclut-il.

Avec Giacomo Rauli