Rennes (CFA) - Julien Stéphan, le coaching dans le sang

À la tête de la réserve rennaise depuis bientôt deux ans, le fils aîné de Guy Stéphan reconnaît que le coaching a toujours été une vocation chez lui.

Chez les Stéphan, c'est une histoire de famille. Le père, Guy Stéphan, est l'adjoint de Didier Deschamps en équipe de France. Et Julien, le fils aîné, est à la tête de l'équipe réserve du Stade Rennais. Une vocation pour le jeune entraîneur, formé au PSG, qui a vite décidé de raccrocher les crampons pour passer de l'autre côté de la ligne de touche. "Je me suis intéressé très vite et très tôt à l'entraînement, certainement de part mon histoire familiale, explique Julien Stéphan pour Goal. J'ai décidé de franchir le pas à 24 ans et d'arrêter de jouer à 26 ans pour me reconvertir définitivement dans l'entraînement. J'ai toujours eu cette passion et j'ai toujours considéré que ce serait ma deuxième vie après celle de joueur de foot. Ça fait maintenant 12 ans que j'entraîne et j'espère que ça va durer encore très longtemps."

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Passé par le FC Drouais où il coachait les jeunes, Julien Stéphan n'a cessé d'avancer. Avec les U17 et U19 de Châteauroux d'abord, puis deux ans à Lorient avant de rejoindre Rennes. "J'ai eu des choix à faire. À chaque fois, je les ai fait en pensant que c'était une évolution dans mon parcours. À l'issue de mes deux ans à Châteauroux, j'ai eu la possibilité d'arriver à Lorient dans un club avec une philosophie de jeu très claire, où j'ai pu connaître Christian (Gourcuff) et ses principes, nous raconte-t-il. Après ces deux ans, Rennes, qui est une référence en terme de formation, m'a sollicité et ça me semblait être une opportunité intéressante. J'ai travaillé pour avoir ces opportunités, mais encore faut-il les saisir et satisfaire les exigences de ses employeurs..." Ce qui est le cas à Rennes où son travaille fait l'unanimité.

"J'ai encore besoin de développer mon bagage"

Arrivé en 2012, Julien Stéphan a d'abord pris les commandes de l'équipe U19 avant d'être promu en réserve en 2015 suite au départ de Laurent Huard. "L'aspect compétition a plus d'importance, nous dit-il. L'année dernière, on avait l'objectif de remonter en CFA. Ce que l'on a fait. J'ai la chance d'avoir de très bons joueurs, qui ont rapidement adhéré à ce que je leur propose et les résultats m'ont aidé à déclencher une dynamique positive." Deuxième de son groupe, l'équipe réserve du Stade Rennais étonne. "Fier de nos jeunes", pouvait-on lire sur le tifo déployé par les supporters du club breton contre Nantes (2-1). Pour autant, Julien Stéphan (36 ans) n'est pas le genre à s'enflammer : "Depuis deux ans, ça se passe très bien, mais il y aura des périodes plus compliquées. Aujourd'hui, j'ai encore besoin de développer mon bagage et je ne me laisse pas griser par les résultats." Un discours cohérent pour son ami Abdel El Kouraichi, l'entraîneur de la DH de Saint-Malo avec lequel il a été formé à Paris : "On a toujours voulu avancer petit à petit, car on sait que ça peut aller vite... Si ça se trouve, dans deux ans il ne sera plus là. Julien, c'est quelqu'un de réfléchi, qui a toujours eu un coup d'avance sur les autres. Maintenant, le plus dur, c'est de durer."

Pour ça, Julien Stéphan a sa méthode : "Je regarde ce qui se passe, quelles sont les tendances du moment. Quand on est en formation, on a la chance de faire entre 250 à 300 séances dans l'année. Aujourd'hui, j'ai entre 3000 et 4000 séances à mon actif, pas loin de 500 matches. On développe les choses, on va plus loin dans la réflexion." Sans oublier les coaches qui l'ont aidé à se poser les bonnes questions : "Je n'ai pas eu une grande carrière de joueur, mais j'ai quand même eu Antoine Kombouaré comme entraîneur et Eric Mombaerts à Toulouse. Ils ont des caractéristiques différentes, mais ce sont des personnes qui m'ont inspiré". Car le technicien s'inspire beaucoup de l'humain : "Pour moi, c'est fondamental. Avant de connaître ses joueurs, il faut connaître les hommes qu'on a en face de nous. Si on ne prend que l'aspect joueur de foot, alors on en oublie la dynamique de groupe et l'aspect motivationnel qui ont une part prépondérante dans la réussite de l'équipe." Des principes qui le guideront peut-être un jour vers l'élite.

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