Rennes-Lille, Christian Gourcuff : "Mbappé nous serait utile"

Sèchement battu à Nancy (0-3), le Stade Rennais doit réagir samedi contre Lille. Un match que Christian Gourcuff a abordé ce jeudi en conférence de presse. Agacé par les critiques sur le jeu de son équipe, l’entraîneur rennais a défendu son bilan, tout en reconnaissant qu’il est insuffisant sur le plan comptable. Il attend maintenant une réaction de ses troupes.

Mbappé, le monstre a de l'orgueil

Comment avez-vous senti le groupe cette semaine ?

Christian Gourcuff : Il y a des semaines plus faciles que d’autres à aborder. On est conscients du non-match qu’on a fait à Nancy. Il y a des semaines où les sourires sont plus présents, mais je pense qu’on a bien travaillé. Il y a eu une prise de conscience sur nos manques. Il faut se recentrer sur nos objectifs de jeu et l’état d’esprit est capital. Contre Lyon, on a fait 90 minutes en infériorité numérique et l’équipe a montré une solidarité exemplaire. A Nancy, on a eu l’impression qu’il n’y avait aucune combativité. C’est ce qui interpelle. On veut retrouver l’état d’esprit du match contre Lyon.

Jouer à l’extérieur ou à domicile influe-t-il sur le moral de votre équipe ?

On connait l’impact du public, mais il peut aussi être négatif à domicile. Ça ne change pas fondamentalement les choses sur notre manière d’aborder les rencontres. On a fait des matches à l’extérieur avec de la combativité, comme à Guingamp, dans un contexte hostile. Il ne faut pas chercher l’explication à ce niveau-là.

Quelle réponse attendez-vous de la part de vos joueurs ?

La réponse est sur le terrain. On est des gens responsables. On ne peut pas se satisfaire de ce qu’on a fait à Nancy. On restait sur des matches satisfaisants au vu des pépins qu’on a eus, mais les absences pèsent aussi. Chaque match a sa vérité. On va encore être privé de Ramy (Bensebaini) samedi, il faudra faire avec. On ne va pas en reparler. Ce qui pèse, c’est cette incapacité à gagner, mais ce n’est pas nouveau. On en parle depuis un certain temps et après le match contre Nancy, ça devient plus aigus pour tout le monde, surtout pour  les joueurs.

"Notre faiblesse offensive ne date pas d’aujourd’hui"

Comment jugez-vous l’équipe lilloise ?

Elle a connu pas mal d’événements cette saison. Il y a un potentiel. En Ligue 1, il n’y a pas de match facile. Il faut prendre les points. Quand vous courez après les points, il y a une forme de crispation qui s’installe. Lille attend la saison prochaine, mais c’est une équipe qui a des qualités.

Si Lille attend la saison prochaine, est-ce votre cas également ?

On prépare toujours quelque chose pour après. Là, c’est Lille. Ensuite, il y aura le déplacement à Saint-Etienne. Quand on arrive au mois d’avril, on est toujours dans l’anticipation de ce qui va se passer. On a 40 points, ce n’est pas suffisant. On doit absolument prendre des points et avoir d’autres ambitions. On ne peut pas se satisfaire de ce qu’on a fait à Nancy.

Diakhaby



Quels joueurs seront absents samedi contre Lille ?

Nicolas Janvier est toujours malade et Adama Diakhaby a une lésion aux adducteurs. Ça va occasionner au minimum deux semaines d’absence pour lui. Morgan Amalfitano est out. Pour Ludovic Baal, c’est ok.

Le jeu de votre équipe déçoit, avez-vous pensé à changer de système ?

Non, pourquoi ? Si les joueurs ne courent pas, c’est la faute du 4-4-2 ? Je le dis depuis le mois d’octobre. On manque de prise de profondeur, de prise d’espaces. C’est ça qui valorise le jeu. Notre faiblesse offensive ne date pas d’aujourd’hui. Ce n’est pas quelque chose qu’on découvre maintenant. Certains s’enthousiasment sur la Championship où il n’y a pas trois passes de suite. Chacun sa sensibilité, ce n’est pas la mienne.

"Je ne suis pas déçu sur la construction du jeu"

Etes-vous déçu du jeu produit par vos hommes ?

Par rapport à ce que je cherche à faire, globalement je ne suis pas déçu sur la construction du jeu même si  j’aimerais qu’on marque 4 buts à chaque match. Ce que je ne supporte pas, c’est d’avoir des gens qui critiquent sans voir les matches.

L’état d’esprit affiché par le groupe vous inquiète-t-il ?

Des fois, oui, mais il faut remonter à plus loin que Nancy pour juger. Contre Lyon, on a une équipe formidable avec un très bon état d’esprit, généreux. A Nancy, il y a eu une résignation très rapide. Ce sont les buts qui nous plombent, ce qui ne justifie pas notre manque de combativité derrière. Mais quand on est menés 2-0, c’est difficile de revenir. 

Pourquoi ce changement d’état d’esprit récurrent au sein de votre équipe ?

Peut-être parce que ce n’est pas forcément la même équipe qui joue. On a des joueurs comme Ramy (Bensebaini) qui, sur le plan de la combativité, dégagent quelque chose. Si vous avez deux-trois joueurs comme lui sur le terrain, ça vous pousse vers l’avant. Contre Lyon, l’injustice a fédéré. A Nancy, c’est l’inverse. Les buts nous ont poussés vers le bas et on a lâché.

Quelles solutions pouvez-vous trouver pour changer les choses ?

Il y a deux solutions. D’abord, les aspects individuels. Mbappé pourrait nous être utile… Sinon, on fait appel au collectif en mettant de la vitesse dans le jeu pour créer des décalages et ça c’est toujours possible.

Benjamin Quarez, à Rennes

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