Retour sur le France-Australie de 2018, tournant de la Coupe du monde en Russie pour les Bleus

Paul Pogba, Raphaël Varane, Samuel Umtiti et Antoine Griezmann étaient de la partie face à l'Australie, en 2018, à l'occasion de la Coupe du monde en Russie. (R. Martin/L'Équipe)

Comme ce mardi, les Bleus avaient entamé leur Coupe du monde 2018 en Russie par une opposition face à l'Australie. Il y a quatre ans, ce match remporté dans la douleur avait poussé Didier Deschamps à changer de système et de joueurs pour le reste de la compétition.

L'équipe de France va lancer sa Coupe du monde au Qatar ce mardi (20 heures, à suivre en direct commenté) face à l'Australie, l'adversaire qu'elle avait affronté lors de son entrée en lice en 2018. En Russie, la ruée vers l'or avait commencé par un match âpre et décevant contre une nation qui sait défendre et faire mal. Les Bleus étaient sortis vainqueurs in extremis de ce duel grâce à un but contre son camp de Behich à la 81e minute (2-1). Mais Didier Deschamps en avait tiré de lourds enseignements, n'hésitant pas à changer d'hommes et de système pour la suite de la compétition.

Le coach français avait tenté un nouveau schéma en 4-3-3. Son onze de départ était jeune (24 ans et demi de moyenne d'âge) et inexpérimenté (7 titulaires sur 11 découvraient la compétition), à l'image des latéraux Benjamin Pavard et Lucas Hernandez, qui avaient été lancés dans le grand bain alors qu'ils devaient à la base jouer les doublures de Benjamin Mendy et Djibril Sidibé. Pour désarçonner les Socceroos, le sélectionneur avait fait un choix fort, celui de la vitesse, en lançant la triplette Antoine Griezmann, Ousmane Dembélé et Kylian Mbappé. Il avait également accordé sa confiance à Corentin Tolisso, un milieu au profil créatif et qui n'avait jamais déçu lors de ses premières capes.

Ousmane Dembélé et Corentin Tolisso perdent leur placeOlivier Giroud et Blaise Matuidi avaient donc rongé leur frein avant de réintégrer le onze avec le succès que l'on connaît, profitant de l'entrée en matière soporifique de leurs coéquipiers pour rappeler qu'ils étaient indispensables. Car, après dix minutes intéressantes, les Tricolores s'étaient endormis, concédant la seule occasion de la première période, bien sauvée par Hugo Lloris (17e), et allant jusqu'à abandonner la possession en seconde (47 % contre 53 %). Samuel Umtiti avait également offert l'égalisation sur un plateau aux Jaune et Vert, en commettant une main très maladroite dans la surface, sanctionnée par Jedinak (62e).

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Les choix forts de DD n'avaient pas porté leurs fruits, loin de là. La promesse affichée par la GMD était restée sans lendemain et le milieu du Bayern avait livré sa pire prestation en Bleus. Sans pointer du doigt un joueur ou un autre, l'ancien entraîneur de l'OM avait affiché son mécontentement à la mi-temps : « Il faut mettre plus de changements de rythme. On doit faire plus dans les intentions ». Et il n'avait pas décoléré après le match, détaillant en conférence de presse les raisons de ce raté et les lacunes de son équipe. « Il nous a manqué pas mal de vitesse dans les transmissions, dans le fait d'aller vers l'avant sur les prises de balle, ce qui a favorisé l'équipe australienne », avait lancé le technicien.

Didier Deschamps installe son 4-2-3-1 asymétriqueGriezmann avait quant à lui tempéré : « Ce n'est que notre deuxième match tous ensemble ». En effet, le joueur phare de l'Atlético n'avait été associé qu'une seule fois à Mbappé et Dembélé, lors du match de préparation remporté face à l'Italie (3-1). Le trio ne sera plus reconduit après l'Australie. Deschamps allait alors opter pour un 4-2-3-1 asymétrique, qui permettait à Griezmann, leader offensif d'alors, d'évoluer dans l'axe et donc dans de bien meilleures dispositions.

Il faut dire que le meilleur buteur de l'Euro 2016 ne s'était pas montré à son avantage dans le couloir droit. Il avait obtenu et transformé un penalty pour ouvrir le score mais avait quand même cédé sa place à Giroud à vingt minutes de la fin. Ce dernier en avait d'ailleurs profité pour se montrer décisif, sur le but de la victoire, grâce à sa remise vers Paul Pogba. Matuidi avait également signé une bonne entrée. Capable de jouer en une touche, de prendre la profondeur et de combler les trous au milieu de terrain par son volume de course, il avait convaincu Deschamps de l'installer sur le flanc gauche de l'attaque, dans un rôle hybride qu'il allait maîtriser à la perfection.

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