Ricciardo : Les équipes sont "volées" quand l'adhérence est trop faible

Vincent Lalanne-Sicaud
·2 min de lecture

Une très faible adhérence, conséquence du resurfaçage de la piste un mois à peine avant la course, et des averses sont venues pimenter le week-end du Grand Prix de Turquie. Après le festival de tête-à-queue vu en qualifications et en course, . Le pilote Renault, dixième à l'arrivée, prévient le championnat que chercher à réduire le niveau d'adhérence pour favoriser le spectacle serait une grave erreur.

"Qu'on ne se méprenne pas, je sais que tous ceux qui ont suivi la course l'ont trouvée fun et passionnante", a déclaré Ricciardo. "Mais sincèrement, je ne sais pas si on a appris quoi que ce soit durant ce week-end, parce qu'on ne retrouvera probablement jamais une telle situation. Je pense aussi que les équipes dépensent des sommes énormes pour développer les voitures et qu'elles mettent toutes leurs connaissances pour concevoir les voitures les plus rapides au monde, sans en profiter... Si c'était comme ça à chaque fois, ça donnerait l'impression d'être volé."

"Pourquoi placer tant d'efforts dans ces voitures si on ne peut pas vraiment repousser les limites ? Nous n'avons pas vraiment attaqué dans les F1 ce week-end. C'est sûr que [le manque d'adhérence] a compliqué les choses et que c'était excitant, mais sur le plan du pilotage, il était difficile de tirer une satisfaction. Je sais que le calendrier a été fait à la dernière minute, donc je ne veux pas être trop dur, mais je ne recommande pas de resurfacer une piste comme ça, un mois avant notre arrivée, volontairement."

Lire aussi :

Billet d'humeur - Le danger est toujours là

se montre plus indulgent pour les organisateurs du Grand Prix de Turquie et il ne s'offusque pas d'avoir dû rouler sur une piste à l'adhérence précaire, dans le contexte d'un calendrier 2020 remanié tardivement. "Évidemment, c'est une saison très différente [des autres]", a rappelé le Normand. "Et évidemment, je pense qu'en arrivant sur des pistes comme celle-ci, on ne peut pas anticiper les choses. Je ne pense pas qu'une organisation ou ceux qui s'occupent des circuits cherchent à resurfacer une piste pour avoir peu d'adhérence. Les organisateurs du Grand Prix de Turquie ont fait un travail fantastique, sincèrement. C'est juste que ça a été décidé trop tard. Dès que les conditions sont difficiles, la course est animée. Cela a toujours été le cas et cela sera toujours le cas."

Pour Ross Brawn, manager sportif de la F1, ce manque d'adhérence a même permis de "dévoiler pleinement le talent du pilote", offrant même une "opportunité" à ceux qui ont su s'y adapter.

Avec Jonathan Noble