Ses rivaux saluent le courage de Márquez : "Il mérite une médaille"

Léna Buffa
motorsport.com

Le tour de force réalisé par samedi n'a certes pas permis au pilote espagnol de s'aligner en course comme il a pu momentanément l'espérer, mais il aura bel et bien époustouflé le paddock MotoGP et les adversaires du champion. Ceux qui ont vu dans sa blessure une opportunité de le battre sur ce court championnat 2020 ont bien cru que le boulevard qui s'était ouvert à eux pour cette deuxième course s'était soudain refermé lorsqu'ils ont vu la Honda #93 reprendre la piste, presque comme si de rien n'était, pour les EL3 du GP d'Andalousie.

Márquez allait finalement jeter l'éponge à la mi-journée, après avoir soudainement ressenti une perte de force dans son bras meurtri à la suite d'une série un peu plus longue que celles du matin (huit tours) pendant les EL4. Après l'annonce de son forfait, le premier de sa carrière dans la catégorie, ses rivaux ont unanimement salué le courage dont il avait fait preuve en décidant de tenter le coup.

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"Marc est très courageux, parce que ça doit être douloureux quatre jours seulement après son opération. Il sait que le moindre point est important au championnat, car il est court, et je pense qu'il a été courageux", estimait notamment .

"Cette fois, c'était très extrême", observait . "Mais il est déjà incroyable de voir comment va Márquez pour un être humain, parce qu'une opération comme celle-là c'est déjà incroyable de rouler en scooter et d'être debout ! Mais piloter la moto, c'est difficile, et les conditions en plus sont vraiment extrêmes."

"Ce qu'a fait Marc, c'est déjà un miracle", saluait . "[Samedi] matin il a fait un temps de 1'37"8, ce qui est déjà très fort dans ces conditions. Dans son état, je pense que pour quiconque ce serait un gros problème de courir dans ces conditions, et sur une piste comme celle-ci, l'une des plus difficiles physiquement. Il a déjà fait un miracle en revenant ici au bout de trois jours, en roulant au bout de quatre, et en faisant ce qu'il a fait."

Márquez a pris la décision de tenter un retour si rapide en piste en découvrant avec soulagement que ses sensations, après son opération du mardi matin, étaient bonnes et la douleur limitée, en grande partie grâce au fait que le nerf radial avait été épargné dans l'impact de 26 g qu'il avait reçu de sa moto. Dès le mercredi, il a donc tenté de faire des pompes, avec succès, puis à son retour chez lui il a enfilé une combinaison et a enfourché une de ses motos personnelles, à l'arrêt, pour évaluer sa capacité de mouvement.

Les sensations étaient bonnes, et le lendemain il prenait la route de Jerez. Là, il a dû se soumettre à un test physique, avec notamment 40 pompes à effectuer. Bluffant, diront alors les médecins, qui ne pouvaient lui refuser de prendre la piste. "Parfois les médecins vous disent que vous allez bien, mais le vrai feeling c'est vous qui l'avez", souligne Pecco Bagnaia, qui comprend que le pilote espagnol ait ainsi écouté son corps et suivi le verdict que lui a rendu la piste.

Outre Márquez, ce Grand Prix a également vu la participation de (victime le samedi précédent d'une luxation de l'épaule et d'une fracture de la tête de l'humérus). Tous deux ont été au bout du week-end et ont même rallié l'arrivée de la course, dans la douleur.

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"Dans l'Histoire de la moto c'est arrivé très souvent que beaucoup de pilotes reviennent vite", rappelle Rossi, "car généralement les pilotes moto sont très courageux et sont malheureusement habitués à se faire mal. Ils ont derrière eux des équipes de médecins de top niveau et on essaye toujours de récupérer en un temps record."

"Marc, je crois qu'il a encore fait quelque chose de spécial", salue pour sa part Andrea Dovizioso, "parce qu'avoir l'intention de tester ses sensations générales après la fracture qu'il a eue, chapeau ! Mais il a aussi été intelligent en arrêtant quand il a senti qu'il n'était pas sûr à 100%."

Certains observateurs se sont justement interrogé sur la dangerosité de ce retour en piste si rapide et sur le précédent que pouvait créer un tel exemple. Sans aller jusqu'à des conclusions polémiques,  a quant à lui estimé pendant le week-end que le champion espagnol méritait une médaille pour son courage, mais qu'il aurait probablement été plus avisé de rester chez lui.

"Ne me méprenez pas, c'était incroyable de le voir en piste, à faire des tours. Rien que pour ça, il mérite une médaille pour son courage", commentait-il, "mais je ne pense pas que c'était… Je suppose qu'on ne sait ce qu'il en est qu'en essayant, et je comprends complètement ça. Mais je pense qu'il aurait été mieux chez lui, à se préparer pour la prochaine course. Venir ici si peu de temps après une opération, c'est hallucinant. Vraiment bravo à lui, comme je l'ai dit il mérite une médaille d'honneur pour avoir renfilé son cuir et fait quelques tours par colère."

"S'il roule c'est parce que les médecins lui ont donné leur accord et c'est donc sûr en piste", a pour sa part jugé Viñales. "Au final, c'est une décision des médecins", a renchéri . "S'ils disent que c'est sûr de rouler après une opération de ce type, c'est leur métier, moi je ne sais pas, je ne suis pas encore médecin ! On a aussi vu Álex et Cal [en piste]. Si le pilote se sent bien pour rouler et qu'il se sent en sécurité, il peut."

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