Roland-Garros (Q) - Dernier français en lice en qualifications de Roland-Garros, Evan Furness tombe face à Jenson Brooksby malgré trois balles de match

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Malgré trois balles de match d'affilée contre l'admirable Américain Jenson Brooksby, Evan Furness, battu 6-7, 7-6, 6-4 vendredi après-midi, n'a pas réussi à être le seul Français à s'extraire des qualifications, cette année, à Roland-Garros. Rien n'autorise à être certain qu'un autre match, dans les quinze jours qui viennent, soit aussi riche en émotions de toutes sortes que le dernier tour des qualifications qui a opposé, vendredi, l'ultime Français en lice, Evan Furness (22 ans, 329e ATP) à un Américain qui n'a pas fini de faire parler de lui. Jenson Brooksby, 163e mondial, n'a que 20 ans mais déjà la particularité d'être celui qui a mis fin à la carrière de Tomas Berdych, au premier tour de l'US Open 2019. Que 20 ans mais déjà une lecture du jeu digne d'un vétéran.

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En face, vendredi, pour le tout dernier match des qualifs de ce Roland 2021, c'était pas mal non plus ! Très accrocheur, doté d'une technique propre posée sur des appuis très stables et d'une première balle de service bien plus efficace que ne le laisserait supposer son mètre 73, Evan Furness aurait pu, aurait dû, mettre fin au tout premier tournoi de la carrière de Brooksby sur terre battue européenne. Il a mené 7-6, 5-4, 40/0 ! Trois balles de grand tableau, pour quelqu'un qui n'a encore jamais goûté au circuit principal de l'ATP, c'était quelque chose d'immense. Mais à part la première balle de match, où il a commis la faute, Furness n'aura rien à regretter sur les deux suivantes, dont une où un retour flottant de l'Américain a atterri sur la ligne. Pour rester en vie, à ce moment-là, Brooksby a frappé deux coups gagnants laser et poussé, bien sûr, deux hurlements de joie. On ne vous a pas dit ? Brooksby fait beaucoup de bruit quand il joue, parfois tellement en décalage avec sa frappe que le cri intervient juste avant le coup adverse. L'ouïe de Furness, qui s'est plaint plusieurs fois du niveau sonore à l'arbitre, a été mise à rude épreuve pendant les 3 h 22 d'un combat assez épique. Brooksby le magnifique Ne sachant peut-être pas que Furness a un papa anglais, d'où de nombreux « Come on ! », Brooksby s'est mis à lâcher des « Allez ! » provocateurs au fil du match. Il a surtout rendu le Français chèvre avec son tennis d'extraterrestre. Une technique à laquelle on peut difficilement attribuer le qualificatif « fluide » avec, entre autres, un coup droit préparé bras gauche recroquevillé, une deuxième balle de service de benjamin, prise montante, des volées de revers très coupées à deux mains et d'autres incongruités rappelant parfois l'Allemand Florian Mayer. Le tout avec une vista exceptionnelle et un caractère bouillonnant qui l'a amené parfois, après ses propres coups gagnants, à laisser sortir quelques « Too good ! » (« trop fort ! ») étonnants. Quand, au début du troisième set de ce combat de boxe aux allures de jeu d'échecs, la sécurité s'est mise à virer des gradins l'ensemble des observateurs du court n°13, dont le capitaine de Coupe Davis, le DTN et le responsable du haut niveau, car l'évènement était à huis clos et que ça ne se voyait pas assez, on s'est dit que ce match à rallonge entrait définitivement dans une autre dimension. Au rythme des sirènes d'ambulance ou de pompiers et de quelques bolides produisant des accélérations inconscientes sur le Boulevard d'Auteuil voisin, Jenson Brooksby n'a évidemment jamais lâché l'affaire, mettant fin aux espoirs français de placer un qualifié dans le tableau final cette année (6-7 (5), 7-6 (2), 6-4). Redevenu hyper calme une fois la belle accolade donnée à son vaincu, le jeune Américain discuta ensuite longuement son match avec son coach, assis dans les gradins, pendant qu'une ribambelle de ramasseurs de balles était aussi débriefée par leur responsable, quelques rangs plus haut. Il n'y avait plus qu'eux. Les qualifs étaient finies, Roland-Garros se vidait. En attendant dimanche et le coup d'envoi du tableau final. Jenson Brooksby, quatorze victoires en dix-sept matches cette année, y découvrira les frappes de l'autre ovni de ce début de saison : Aslan Karatsev. À ne pas manquer, évidemment. lire aussi Le tableau de Roland-Garros (H)

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