Roniu Poareu (maire de Teahupoo) : « C'est un Tahitien qui va gagner » l'épreuve de surf des JO de Paris 2024

Maire déléguée de Teahupoo, Roniu Poareu était à Hossegor ce mercredi pour le jumelage des deux communes mais aussi le défilé des drapeaux olympiques en vue de l'épreuve de surf des JO de Paris 2024. L'occasion de faire le point avec elle notamment sur les chantiers en cours.

« Cela vous fait quoi d'être présente ce mercredi à Hossegor pour le défilé des drapeaux ?
C'est un grand honneur et une grande fierté. Je ne m'y attendais pas. Au départ, on m'avait surtout parlé du jumelage entre les deux communes. Mais, pour être honnête, je n'avais jamais entendu parler de Hossegor avant. Et je ne m'y connaissais pas trop en surf jusque-là malgré la grosse compétition à Teahupoo organisée tous les ans. Mon truc, c'est plutôt le vaa'a (courses de pirogue). Et il a fallu que je devienne maire-délégué pour que je me penche sur le surf.

C'est un point de départ à l'organisation de cette épreuve olympique si spéciale. Vous réalisez ?
J'ai encore du mal (sourire). Il y a beaucoup d'émotion autour de cette organisation. C'est énorme, ce sont les JO. Ce n'est pas le Tahiti Pro. Donc non je n'ai pas encore bien réalisé l'ampleur de tout ça et les conséquences. C'est à Hossegor, là, que je commence à prendre conscience.

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Les gens de Teahupoo et de la Presqu'île ont-ils pris conscience, eux, de ce qui se mettait en place ?
Il y a eu plusieurs concertations avec la population et des associations, ce qui est une chose très importante. D'après ce qui en est ressorti, la majorité était pour les JO. Mais au fil du temps, les gens ont voulu plus d'infos. Mais nous ne pouvions pas leur en apporter car les choses ont longtemps été figées. Et c'est une fois que la candidature a été validée que certains se sont inquiétés. Il faut de la transparence envers la population.

« Je remercie la délégation Paris 2024 qui est venue sur place (en novembre dernier). Ils ont pu voir de leurs yeux notre magnifique endroit, qui est toujours un peu sauvage. Ils étaient entièrement d'accord avec nous qu'il fallait préserver ce territoire, c'est leur plus grand souhait de ne pas toucher à l'environnement. »

Quelles sont leurs craintes ?
Il y en a plusieurs et elles sont légitimes. On vient changer leur mode et cadre de vie. Je remercie d'ailleurs la délégation Paris 2024 qui est venue sur place (en novembre dernier). Ils ont pu voir de leurs yeux notre magnifique endroit, qui est toujours un peu sauvage. Ils étaient entièrement d'accord avec nous qu'il fallait préserver ce territoire, c'est leur plus grand souhait de ne pas toucher à l'environnement. Ou sinon vraiment au minimum.

Quels sont les principaux chantiers en cours ?
On a pris le Domaine Rose, qui appartient au pays. On a fait déplacer l'agriculteur qui utilisait cette parcelle. On a regardé le cahier de doléances et la population ne veut pas d'un ponton fixe. On va donc en construire un éphémère, comme d'ailleurs toutes les installations sur le domaine rose. Tout sera retiré après les Jeux. Il faut laisser notre Fenua Aihere comme il est, soit plein de verdure. Il y a aussi la rénovation de la Marina (port).

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Et qu'en est-il des accès, et notamment de l'élargissement de l'unique route menant à Teahupoo ?
C'est toujours en réflexion avec le pays. On attend le retour du gouvernement. Nous ne voulons pas, même pour tout l'or du monde, perdre notre biodiversité.

« Je ne pense pas qu'il nous sera possible de faire venir plus de cinq mille personnes. Chez nous, ce n'est pas comme à Hossegor où l'été la population se multiplie par dix. Nous n'avons ni la place ni les infrastructures. »

Combien de spectateurs serez-vous en mesure d'accueillir au moment des JO ?
Il faudra faire un point précis avec l'Etat sur la sécurité. Je pense qu'on en saura plus dans les jours à venir. On va devoir accueillir beaucoup de monde. Je ne pense toutefois pas qu'il nous sera possible de faire venir plus de cinq mille personnes. Chez nous, ce n'est pas comme à Hossegor où l'été la population se multiplie par dix. Nous n'avons ni la place ni les infrastructures.

Cette manche de surf va donner un coup de projecteur énorme sur Teahupoo. C'est bon pour le tourisme en Polynésie, non ?
Bien sûr, ça va booster notre économie. Mais il faut que cela aille dans le sens de la population. Il faut que tout le monde puisse en bénéficier, que tout le monde soit acteur, et non que cela revienne toujours aux mêmes. Sur ce point, je vais être très vigilante.

Certains surfeurs polynésiens comme Vahiné Fierro, Kauli Vaast et Matahi Drollet surfent Teahupoo comme personne. Croyez-vous qu'un d'entre eux sera capable de décrocher une médaille d'or ?
Votre question, là, elle me fait pleurer.

Ah oui ?
Mais bien sûr ! Notre plus grand souhait est d'avoir un Polynésien champion olympique. Vous vous rendez compte un peu ? Déjà là je commence à avoir des larmes, ahlala... (elle soupire puis rigole). C'est un Tahitien qui va gagner, vous allez voir. Même si c'est un Français de métropole qui gagne, il deviendra Tahitien, on l'adoptera. »

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