Rosberg a paniqué quand Schumacher a été engagé à ses côtés

Emmanuel Touzot
motorsport.com

Après quatre saisons chez était en effet la première marque automobile à faire son retour en F1 dans un contexte qui avait vu davantage de départs à la suite de la crise de 2008, et la firme à l'étoile était bien décidée à imprimer une identité germanique prononcée avec au moins un des pilotes de sa nationalité.

Pour le second baquet, des négociations avaient lieu avec , qui est sorti de sa retraite après trois ans d'inactivité pour rejoindre sa quatrième équipe en F1. Une annonce qui n'a pas mis Rosberg dans les meilleures dispositions pour débuter sa première année au volant d'une Flèche d'argent.

"Le nom Schumacher n'était même pas à l'horizon, personne n'en parlait", se souvient-il auprès de la chaîne YouTube de la F1. "Et subitement, Ross m'appelle et me dit 'au fait, ton équipier ne sera pas Jenson Button ou Nick Heidfeld, ce sera Michael Schumacher'. J'ai alors eu les pensées les plus folles, que je n'aurais aucune chance, que toute l'équipe serait contre moi, que Michael parviendrait à s'en sortir en manipulant [le team]. Et je ne savais même pas si je pourrais le suivre. C'est le plus grand de l'Histoire, [avais-je] une chance ? C'était un moment assez fou."

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Les résultats ont finalement tourné en sa faveur puisqu'il a remporté la première victoire de l'ère moderne de l'équipe en 2012, mais les débuts difficiles du team en 2010 n'ont rien eu pour le rassurer, face à un Schumacher dont il était difficile de connaître le véritable niveau de compétitivité après plusieurs années hors des circuits, et qui découvrait une nouvelle ère de monoplaces. Mais surtout, l'aura de son illustre équipier avait de quoi impressionner Rosberg.

"Quand Michael est arrivé, il était comme Dieu dans l'équipe", poursuit le Champion du monde 2016. "Quand nous avions des réunions de stratégie, même ma stratégie était discutée avec Michael et non avec moi, alors que j'étais présent. J'ai donc parlé de ça avec le responsable de la stratégie qui organisait ces réunions, nous avons réfléchi à ce sujet et ça a eu un impact énorme à partir de là, les réunions étaient bien meilleures pour moi. Je me sentais plus à mon aise, et j'avais l'attention de sa part après avoir montré mon invulnérabilité et exprimé mes sentiments."

Il confirme aussi la réputation de Schumacher, perçu comme un pilote capable de mener une véritable guerre psychologique avec ses rivaux, même si Nick Fry avait tempéré cette idée après que Rosberg avait raconté un épisode à Monaco, où Schumacher avait occupé tardivement les toilettes pour que son compatriote soit en panique avant les qualifications, ce qui avait réussi à faire perdre pied au jeune Allemand.

Mais ce dernier reste persuadé que tout était calculé par le septuple Champion du monde au moment de mettre la pression sur son opposant au sein de l'équipe : "Ça a continué. Il y avait un autre exemple, il adorait marcher torse nu dans la salle des ingénieurs, montrer ses abdos, car c'était une autre preuve de sa force afin d'impressionner les personnes présentes. Son corps était très sculpté. Et ça a continué encore et encore, il y a un nombre infini d'exemples comme cela."

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