Rossi à nouveau victorieux ? Rainey y croit

Léna Buffa

Lorsque débutera la nouvelle saison, cela fera presque trois ans que n'a plus gagné de Grand Prix MotoGP. Il sera alors âgé de 41 ans et la pression d'un calendrier toujours plus précoce pèsera sur ses réflexions quant à son avenir dans la discipline. Comme chaque fois que son contrat arrive à échéance, et de façon toujours plus intense au fur et à mesure que les années passent, le #46 doit composer avec les sollicitations permanentes sur ces questions, teintées parfois d'admiration mais aussi souvent de reproches.

, dont la carrière s'est arrêtée brutalement alors qu'il était au sommet de sa gloire, refuse de se joindre aux critiques promptes à faire le procès d'un pilote qui aurait trop prolongé l'aventure. Au contraire, le triple Champion du monde est convaincu que Rossi pourra encore se hisser sur la plus haute marche du podium, n'en déplaise à la jeune génération aussi enthousiasmante soit-elle.

"Rossi peut encore gagner des courses", affirme Rainey à Motorsport.com. "Il se prépare toujours pour le dimanche. Il n'a pas besoin d'être le plus rapide chaque fois qu'il prend part à un test, des essais libres ou des qualifications. Sa préparation est totalement axée sur la course. Il fait de la moto depuis longtemps et il sait que seul le dimanche compte. Je pense qu'il a encore ce qu'il faut pour gagner des courses."

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Le titre de moins en moins envisageable

Après son succès d'Assen en 2017, le 115e d'une carrière historique qui a passé l'an dernier le cap des 400 Grands Prix, Rossi a subi de plein fouet les difficultés rencontrées par Yamaha, une longue phase de déclin dont le constructeur est peu à peu sorti ces derniers mois, au prix notamment d'une réorganisation en interne. Or cela a profité à d'autres car le pilote italien n'a finalement été que le troisième de la marque au championnat 2019 et n'a obtenu que deux podiums, contre sept pour parmi lesquels deux victoires.

Sous contrat jusqu'à la fin de la saison 2020 avec Yamaha, Rossi s'est récemment dit prêt à envisager de rejoindre l'équipe satellite du constructeur d'Iwata si la formation officielle souhaitait miser sur un binôme dont il ne ferait pas partie. Un signe qui s'ajoute aux autres et contribue à amenuiser les perspectives de titres du #46, en quête d'une dixième couronne depuis dix ans, objectif dont il n'a plus été proche depuis qu'il a manqué le coche de peu en 2015.

Bien qu'il ait confiance dans ses capacités à renaître une nouvelle fois pour retrouver le chemin de la victoire, Rainey concède que voir le Docteur remporter un nouveau titre paraît désormais plus compliqué : "Peut-il être à nouveau Champion du monde ? C'est un objectif difficile, car il y a beaucoup de jeunes pilotes très affamés."

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Quant à savoir si sa carrière en restera ou non sur les chiffres, déjà légendaires, qu'affiche son palmarès, c'est une prédiction encore un peu prématurée à tenter. Le principal intéressé sait en tout cas parfaitement à quel point chaque décision peut peser sur ces statistiques qui témoigneront de sa carrière lorsqu'il aura décidé d'y mettre un terme, et il a récemment avoué quelques regrets en ce sens.

En octobre dernier, alors qu'il disputait justement son 400e Grand Prix, il avait en effet livré sa propre analyse de ce qu'aurait pu être sa carrière s'il n'avait fait le pari un peu fou de quitter Honda après trois titres consécutifs fin 2003. "J'ai quitté Honda qui était alors la moto supérieure à toutes les autres, beaucoup plus qu'aujourd'hui, au point qu'on disait que si on n'avait pas la Honda on ne pouvait pas gagner, et j'ai rejoint Yamaha qui à cette époque était vraiment en difficulté", rappelait-il dans les colonnes de La Gazzetta dello Sport, estimant qu'il aurait peut-être pu gagner plus s'il n'avait pas fait ce choix.

"En y repensant maintenant, j'ai été vraiment fou, un idiot ! Ça n'a pas été très intelligent. [Mais] je le referais assurément, parce que cela a été la chose la plus importante de ma carrière", soulignait-il. "Parfois, sincèrement, j'ai des regrets car je me demande combien de courses j'aurais gagnées si j'étais resté cinq ans de plus. Peut-être que j'aurais égalé Agostini [122 victoires, ndlr]. Chez Yamaha, j'en ai peut-être gagné moins, mais elles ont été les plus belles. Alors j'ai bien fait."

Propos recueillis par Gerald Dirnbeck et Sebastian Fränzschky  

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