Rossi évoque l'après, Viñales regrette de changer de coéquipier

Léna Buffa
motorsport.com

Bien qu'il ait encore un peu de temps pour réfléchir à ce qu'il souhaitera faire la saison prochaine, , lui, a beau être curieux de se confronter au Français, perdre un voisin de garage de la trempe du Docteur après quatre ans de cohabitation sera un changement qu'il regrettera. C'est ce qu'il a expliqué dans une interview réalisée conjointement avec le #46 et diffusée sur les réseaux sociaux de Yamaha ce week-end, un échange au cours duquel la grande décision de Rossi a été abordée en longueur.

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Maverick, qu'est-ce qui t'a convaincu de rester chez Yamaha ?

Maverick Viñales : "J'ai étudié l'opportunité de partir, parce que les résultats n'étaient clairement pas ceux que j'attendais et ceux dont j'étais capable. Dans mon esprit, certains doutes que j'avais avec la Yamaha perduraient donc. Mais je pense que l'année dernière on a fait du bon travail et on a amélioré la moto. Yamaha m'a apporté beaucoup de soutien, ils m'ont accordé beaucoup de confiance. Et une autre des raisons pour lesquelles [je suis resté] c'est que j'apprécie mon équipe actuelle. Je ne pense donc pas que c'était le bon moment pour partir et faire des erreurs. J'ai besoin de continuer chez Yamaha, de la même façon, de continuer à travailler comme on le fait actuellement et de garder une motivation très forte, parce que je pense que quand Yamaha travaille bien on est difficiles à battre. Je pense qu'on suit le bon chemin en ce moment."

"Comme vous le savez, Fabio sera mon coéquipier l'année prochaine, mais j'ai dit à de nombreuses reprises que je suis un peu déçu, parce que je m'entends très bien avec Vale. J'apprends beaucoup à ses côtés. C'était une décision de Yamaha. En tout cas, il faut que l'on continue à travailler. Je pense que ce sera une bonne année pour nous, je pense que la moto est dans le coup. Il faut donc que l'on reste concentrés et très motivés. Je veux revivre avec Yamaha les moments où l'on a fait des doublés, et monter sur le podium de très nombreuses fois. Je pense qu'on peut rééditer cela cette année et on va clairement se donner au maximum dès le premier tour."

Espères-tu que Valentino va continuer en 2021 ?

MV : "Clairement, et pendant de nombreuses années. J'adore partager la piste avec Valentino et c'est spécial de se battre contre lui. Il me pousse toujours à grimper d'un cran, toujours, que ce soit dans mes entraînements à la maison ou en piste. Il faut tout le temps que je regarde où est mon coéquipier, parce qu'on a beau être bons amis, on partager le garage Yamaha alors il faut avant tout qu'on se batte l'un l'autre."

S'il y a une chose sur laquelle le fait de faire équipe avec Valentino Rossi t'a aidé à t'améliorer, qu'elle est-elle ?

MV : "Ce que j'ai appris au cours de toutes ces années − car on a tous les deux connu des moments difficiles chez Yamaha, en particulier fin 2017 et en 2018 − c'est que Valentino a toujours gardé le sourire. Et je ne comprenais pas pourquoi ! On est loin, on n'est pas dans le top 10, et on n'y est pas habitués, alors je ne savais pas pourquoi il souriait. Parfois, je parlais avec des gens et je leur disais : 'Je ne sais pas pourquoi il sourit'. Il était tellement content, [comme si] ça ne faisait rien. Il donne tout en piste, et en dehors il est content. J'ai donc appris à être heureux même quand les choses ne sont pas comme on le voudrait. Mais cela m'a pris des mois avant de le comprendre."

Valentino, qu'en penses-tu ?

Valentino Rossi : "Pour moi, ça dépend un peu de mon caractère, mais je suis aussi à un moment différent de ma carrière par rapport à Maverick. Comme l'a dit Maverick, on est passé par des périodes très difficiles d'un point de technique chez Yamaha entre 2017 et 2018, où l'on a dû beaucoup souffrir parce qu'on a eu beaucoup de problèmes avec la moto. Vous savez, si j'avais 25 ans comme Maverick et que je voulais gagner le championnat à tout prix, ce serait clairement plus difficile, mais quand on est plus expérimenté on comprend que l'on peut changer certaines choses en s'entraînant plus et en étant plus concentré, mais que tout le reste on ne peut pas le changer. Alors il vaut mieux se dire qu'on essaye le maximum sur ce que l'on peut changer et ne pas trop se soucier du reste."

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Cette période passée loin des courses t'a-t-elle fait penser à ce que tu feras après le MotoGP ?

VR : "On a de bons programmes pour l'avenir, quand j'arrêterai le MotoGP. On a notre propre équipe en Moto2 et en Moto3, où l'on s'amuse beaucoup. On veut donc continuer cela, surtout pour développer de jeunes pilotes italiens. C'est le premier programme. Le deuxième, pour moi, est de courir en auto. Je veux disputer certains championnats automobiles et monter un programme de sept ou huit courses par an. C'est mon plan pour le futur."

Que penses-tu des spéculations sur le fait que Jorge Lorenzo et toi pourriez à nouveau faire équipe la saison prochaine, chez Petronas ? Est-ce possible ?

VR : "Je pense que Franco [Morbidelli] n'en est pas très heureux ! C'est un gros problème, parce que l'année dernière Franco a été bon, mais Quartararo a été meilleur. Mais pendant les essais hivernaux, Franco a été très rapide, et je pense qu'il va donc faire le maximum pour garder sa place dans cette équipe. Je ne sais pas ce que Lorenzo va décider, mais peut-être que Yamaha devra faire cinq motos ! [rires]"

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