Rossi : "Comprendre au fond de moi si j'ai assez de motivation"

Léna Buffa
motorsport.com

aurait difficilement pu imaginer se trouver dans une situation aussi incongrue après 25 ans de carrière en Grand Prix et neuf titres mondiaux. Remplacé par une étoile montante ayant la moitié de son âge, il a comme seule option pour 2021 l'éventualité de rejoindre une équipe satellite, dont le patron affiche un discours on ne peut plus ferme à son égard. Et pour ne rien arranger, il va devoir décider sans avoir couru s'il doit à nouveau s'aligner en 2021 ou prendre sa retraite.

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"Mon plan était très clair, c'était de faire un changement dans le team [son chef mécanicien, ndlr] et d'attendre l'été pour comprendre si j'arrivais à être plus compétitif que l'année dernière, car pour moi c'est essentiel", explique le pilote italien au site officiel du MotoGP. "Je veux continuer, mais je veux continuer si je suis fort. Malheureusement, avec cette situation je dois décider sans qu'il y ait de courses, alors c'est un peu plus difficile. Il faut juste que je réfléchisse plus et que j'essaye de comprendre au fond de moi si j'ai assez de force et de motivation."

Lorsque Yamaha a recruté pour 2021, une solution a été proposée à Valentino Rossi : celle de rejoindre l'équipe Petronas s'il le souhaite, où le soutien du constructeur lui est promis. Seulement, alors qu'il aurait dû avoir le temps de mûrir sa décision durant la première partie du championnat, le retard pris par celui-ci a changé la donne : Lin Jarvis a demandé à recevoir une réponse avant que les premiers Grands Prix aient lieu et les discussions ont déjà débuté.

"Pour 2021, Yamaha a misé sur Viñales et Quartararo : je m'y attendais un peu, ça n'a pas été une surprise", admet Rossi dans les colonnes de La Repubblica. "Mais mon rapport avec Yamaha va au-delà de ça : nous nous sommes donné beaucoup l'un l'autre, et cela me fait plaisir qu'ils soient prêts à me donner une moto officielle la saison prochaine."

"J'ai une bonne opportunité avec le team Petronas", reprend le pilote sur le site du MotoGP. "Je pense qu'il s'agit d'une équipe de top niveau, comme ils l'ont démontré l'année dernière avec Quartararo et Franco [Morbidelli]. C'est une équipe jeune, avec des jeunes mais aussi beaucoup de personnes que je connais déjà, et ils ont aussi un très bon sponsor avec Petronas, alors je pense que c'est une très bonne option pour moi. Maintenant il faut juste que je décide au fond de moi si j'ai assez de motivation pour continuer."

Pas juste une saison d'adieux

"J'ai ces deux options : soit Petronas, soit m'arrêter, alors on verra !" ajoute le pilote de Tavullia. Or l'accueil dans l'équipe malaisienne n'est peut-être pas exactement celui qu'il aurait espéré recevoir. Razlan Razali, patron du team, a déjà fermement fait savoir qu'il n'était pas prêt à accueillir l'intégralité du team technique auquel le #46 est fidèle, ni à lui dérouler le tapis rouge pour qu'il devienne le leader de la formation. Toute légende qu'est Rossi, son récent palmarès ne le met pas en position de force pour ce qui s'annonce comme son dernier contrat.

"Pour le moment, nous n'avons parlé qu'avec Lin et avec Yamaha. Nous n'avons pas encore parlé directement avec Razlan", indique Valentino Rossi. "J'aime beaucoup ce qu'il dit, parce que pour moi c'est exactement la même chose : je ne veux pas aller chez Petronas juste pour faire ma dernière saison et faire mes adieux. Si je cours, je me donnerai à 100%, et je courrai si je comprends au fond de moi que je peux être compétitif et que je peux me battre pour le podium. C'est certain et je suis complètement d'accord avec Razlan."

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S'il est un élément qui pèsera peut-être dans sa décision, c'est l'impatience qui est née en lui avec la suspension des courses et ce printemps passé loin des Grands Prix. "Pour le moment, je ne pense qu'à disputer la première course de 2020", assure-t-il auprès de La Repubblica, échaudé par deux mois de confinement et de manque de la moto. Et si les entraînements au guidon ont pu reprendre ces derniers jours, lancer la saison MotoGP est selon lui essentiel : "On ne peut savoir exactement ce qui va se passer, mais à mon avis les courses se feront au final, parce qu'on veut courir. Ce qui est en jeu, c'est l'avenir du MotoGP. C'est important pour tout le monde. Pour les pilotes, bien sûr, mais aussi pour les équipes, les personnes qui travaillent dans le paddock, les sponsors… Il y a beaucoup de monde qui travaille [en MotoGP] et qui a besoin de recommencer à le faire le plus vite possible. Cette année, il sera essentiel de disputer des courses."

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