Rossi de retour après le Covid : "Le MotoGP m'a beaucoup manqué"

Léna Buffa
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Près d'un mois après avoir quitté le paddock au soir du Grand Prix de France, a fait son retour pour la deuxième journée du Grand Prix d'Europe, enfin négatif au COVID-19. S'il admet avoir craint de voir son retour infiniment repoussé alors que les tests revenaient chaque jour positifs, le pilote italien est apparu ce samedi en forme et surtout ravi de retrouver sa moto et son équipe après trois grosses semaines d'un isolement frustrant.

"Ça a été une expérience difficile car j'ai dû rester enfermé chez moi pendant 24 jours, et tout seul en plus", décrit Valentino Rossi, annoncé positif le 15 octobre, veille des premiers essais du Grand Prix d'Aragón. "Heureusement, je me suis toujours senti bien physiquement. J'ai été mal pendant deux jours, j'ai eu un peu de fièvre, mais j'ai toujours bien respiré et je n'ai perdu ni le goût ni l'odorat, alors ça allait. Après il faut encore deux ou trois jours pour se remettre, pendant lesquels on a très mal à la tête, aux yeux… Les premiers jours ne sont pas agréables. J'ai perdu un peu de poids parce que pendant pratiquement deux semaines je n'ai rien fait, repos total."

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"Et puis les derniers jours ont été difficiles, parce que tous ceux qui l'avaient attrapé en même temps que moi ont été négatifs au bout de deux semaines, alors que moi je continuais à être positif. Franchement, j'ai eu très peur de ne pas courir ici non plus", admet le pilote, déjà forfait pour deux Grands Prix pendant cette convalescence. Son premier résultat négatif n'est arrivé que jeudi, ce qui lui a permis de quitter son domicile et de prendre la direction de Valence, où il a obtenu le second Graal vendredi. "Durant la dernière semaine, j'ai fait six tests PCR, tous les jours à 7h30-7h45… Une bonne façon de se réveiller ! Ça n'a pas été l'expérience la plus belle de ma vie, d'autant qu'il faut rester seul alors c'est très ennuyeux."

Après avoir expérimenté l'inactivité engendrée par le confinement du printemps, ce qui l'avait à l'époque conforté dans son souhait de poursuivre sa carrière, Rossi a cette fois connu une expérience plus désagréable en devant rester éloigné des circuits alors que les courses se déroulaient sans lui…

"Voir les courses à la télé a été dur, surtout la deuxième parce qu'à la première je n'aurais de toute façon pas pu courir vu que je n'allais pas bien, mais rester ensuite à la maison quand on va bien et qu'on sait qu'on est capable de courir c'est très frustrant. Quoi qu'il en soit, je suis très content d'avoir recommencé à travailler avec mon team et à piloter la M1 !" se réjouit-il, de retour en piste ce matin pour les EL3.

"Quand je suis revenu sur la moto, je me suis senti bien, je n'ai pas eu de problèmes particuliers. J'ai eu plus de problèmes liés au fait que je n'ai pas roulé hier, et sans le vendredi c'est plus difficile. Mais pour le reste je me sens bien sur la moto", assure le pilote italien, huitième ce matin sous la pluie des EL3, puis 14e en EL4.

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Logiquement contraint d'en passer par la Q1, puisqu'il était absent lorsque les autres pilotes ont pu signer les meilleurs chronos d'essais libres vendredi après-midi sur le sec, il n'a pu se qualifier que 18e. "Malheureusement, en Q1 les conditions étaient assez mauvaises parce que la piste était séchante et ce sont des conditions dans lesquelles on est un peu en difficulté, mais les sensations sur la moto sont très bonnes. Je suis très content d'être ici après être resté enfermé chez moi pendant 24 jours !" retient Rossi.

"Je pense avoir manqué au MotoGP et le MotoGP m'a manqué aussi, surtout mon équipe, travailler sur la performance, avec David [Muñoz], Matteo [Flamigni], les ingénieurs, l'ambiance dans l'équipe et dans le stand. Et, naturellement, ce qui m'a manqué le plus c'est de prendre la piste et de piloter la moto, qui est ce que j'aime le plus faire. Ce sont des sensations que l'on n'a que quand on pilote une MotoGP. Le reste de ce que je fais dans la vie me plait un peu moins, alors ça m'a beaucoup manqué."