Rudy Gobert doit monter en régime face à la Hongrie

Rudy Gobert samedi face à la Lituanie. (A. Mounic/L'Équipe)

Emprunté pendant trois quart-temps samedi contre la Lituanie, le pivot des Bleus a été décisif en défense et aux lancers francs. Mais une montée en puissance est attendue dès ce dimanche contre la Hongrie (20h30).

Une grande inspiration et trois rebonds courts. Rudy Gobert s'est réfugié dans sa routine aux lancers francs pour oublier, autour de lui, les huées de 5 000 supporters lituaniens déchaînés. Un instant répété chaque jour à l'entraînement avec son préparateur individuel, le Brésilien Fernando Pereira, dit « Nandes ». Au grand dam du peuple balte, le travail a payé et le pivot a trouvé la cible à deux reprises pour sécuriser la victoire de l'équipe de France à deux secondes du buzzer (77-73). Le succès est doublé d'une accolade symbolique. Gobert termine à 100 % de réussite aux lancers francs (6 sur 6), un an et quelques semaines après ses difficultés dans l'exercice en finale des Jeux Olympiques contre Team USA (6 sur 13).

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Mais le reste de la copie statistique est bien différent. Alors qu'il avait fini son aventure tokyoïte en trombe (16 points, 8 rebonds en finale), le nouveau joueur des Minnesota Timberwolves peine à retrouver le même niveau. Hier, il a terminé avec 8 points (1 sur 5 au tir) et 4 petits rebonds. Les Bleus ont pourtant tenté de le mettre en confiance d'entrée. Sur le premier système, Evan Fournier a servi son compère de la génération 1992 à l'intérieur. Le retour de Jonas Valanciunas a ensuite gêné le pivot dont le tir a été renvoyé par le cercle. « Cette action était intéressante : on a raté des tirs, mais c'était des bons et, par exemple, Rudy aurait pu marquer sur cette situation », relevait Vincent Collet.

Une claquette cruciale dans la dernière minute

Ce premier échec a lancé un match d'abord difficile pour Gobert, en difficulté face à Valanciunas et incapable de convertir en paniers les rares ballons mis à sa disposition près du cercle. En tentant d'enfoncer Domantas Sabonis, il était même sanctionné d'une violation des trois secondes dans la raquette. Remplacé, il a assisté du banc de touche au temps fort de l'équipe de France en deuxième moitié de premier quart-temps pour recoller dans le sillage de son remplaçant Moustapha Fall, dont les qualités au poste bas se sont tout de suite mises en évidence.

« Je n'étais pas assez dur en première mi-temps, j'ai essayé d'être plus agressif ensuite. Ça n'a pas payé dans le troisième quart-temps, mais j'ai gardé cette agressivité, j'ai essayé de poser des bons écrans et de finir quand j'en avais l'opportunité. Mais j'ai dû attendre la dernière minute », glissait Gobert. Bloqué à 0 sur 4 au tir, il a ouvert son compteur en claquant dans le cercle un tir manqué par Fournier, à 40 secondes du buzzer (73-67, 39e).

Evan Fournier, son coéquipier

« Rudy, c'est un diesel, ça lui prend du temps de rentrer dans une compétition »

Plus efficace en défense, le vice-capitaine des Bleus a soulagé ses coéquipiers en jouant des coudes pour récupérer le rebond sur le dernier lancer franc lituanien, volontairement manqué par Ignas Brazdeikis, avant d'aller plier le match dans le même exercice.

« Rudy, c'est un diesel, ça lui prend du temps de rentrer dans une compétition, notait Fournier, pas inquiet par le début d'Euro poussif de son coéquipier. Quand on regarde l'historique, il élève toujours son niveau après le premier match. Je sais qu'il va finir par dominer les raquettes adverses. Ce soir, c'était costaud face à Valanciunas et Domantas Sabonis, mais il a su se rendre utile à la fin. » Un acte de (re)naissance ? « On peut dire ça », souriait le pivot, de retour sur le parquet dès ce soir face à la raquette hongroise (20h30), plus modeste que les gros bras lituaniens.