Rugby - Bleus - Antoine Dupont (demi de mêlée du quinze de France) : « Je ne crois pas être bridé »

L'Equipe.fr
L’Equipe

Alors que les Bleus débutent leur Mondial, samedi contre l'Argentine (9h15), Antoine Dupont, le numéro 9 de l'équipe de France, évoque son statut et sa collaboration avec Fabien Galthié venu renforcer le staff tricolore au début de l'été. « Est-ce confortable de porter l'étiquette de numéro 1 au poste de demi de mêlée, au moins depuis le début des matches amicaux cet été ?
C'est toujours agréable d'avoir la confiance de ses entraîneurs et de pouvoir enchaîner les matches. J'ai pu me remettre dans le bain après les vacances d'été, trouver des repères collectifs. Pas mal de choses ont changé dans le système de jeu et c'était important de passer du temps sur le terrain et en match pour vivre les actions et se mettre à fond dedans. J'ai attaqué tous les matches de préparation, certes. J'ai joué un coup avec Camille (Lopez) et l'autre avec Romain (Ntamack). Des choses se sont mises en place, même s'il reste des progrès à faire. Et puis, il y a eu aussi pas mal de rotations dans les matches et on arrive à tous se trouver sur le terrain.
N'est-ce pas, en parallèle, un surcroît de pression ?
Il faut le prendre dans le bon sens et ne pas se mettre de pression supplémentaire par rapport à son statut. Si on est sur le terrain, on a juste à faire ce que l'on sait faire le mieux. Si l'on est aligné, c'est justement en raison de nos points forts et il faut donc garder notre fonctionnement habituel. « Fabien (Galthié) est quelqu'un de très exigeant » Que vous apporte un entraîneur comme Fabien Galthié, ancien numéro 9 et capitaine de l'équipe de France ?
Fabien est quelqu'un de très exigeant. Il nous a apporté beaucoup de rigueur et de précision, notamment sur les phases de pression, les zones de marque et les sorties de camp sur lesquelles, de temps à autre, on se prenait les pieds dans le tapis tout seul et où l'on offrait trop facilement des points. Là sur les matches amicaux, il y a eu cette mêlée mal négociée (contre l'Écosse à Edimbourg et qui relance les Écossais pour une défaite 17-14), mais le reste du temps, on a été plutôt propre et je pense que rien que ça, cela nous a déjà fait du bien sur le terrain mais également pour la confiance. « Le cadre collectif laisse pas mal de place à la prise d'initiative » Est-ce un bon conseiller sur votre rôle propre de demi de mêlée ?
Évidemment, il a beaucoup d'expérience. Il a disputé plusieurs Coupes du monde (1991, 1995, 1999, 2003). Il connaît bien l'événement donc on peut aussi s'appuyer sur son vécu personnel à ce niveau. Après, de mon point de vue, les repères collectifs qu'il a mis en place m'ont vraiment aidé. Par exemple, sur des rucks pas toujours bien positionnés, eh bien je tapais quand même et au bout du compte, ce n'était pas évident de trouver de bonnes touches. Aujourd'hui, nous avons des repères et tant que nous ne les atteignons pas, nous ne jouons pas au pied. Ce genre de détails nous met forcément dans de meilleures conditions et cela devient plus facile d'être bon techniquement derrière. Peut-être que cette rigueur-là nous manquait avant ? Avez-vous toujours la même liberté sur le terrain ou êtes-vous un peu plus cadré par le projet de jeu en place ?
Je ne crois pas être bridé. Le cadre collectif laisse pas mal de place à la prise d'initiative, notamment sur le poste de demi de mêlée. Au centre du terrain, on a toujours des options pour pouvoir porter le ballon et s'engager. Fabien n'est pas quelqu'un qui reviendra là-dessus, donc je ne me sens pas frustré à ce niveau-là. Cela me va même plutôt bien (sourire). Un mot sur l'Argentine, faut-il en avoir si peur ?
Même si elle a été en difficultés ces derniers temps, on a vu qu'avec les Jaguares (franchise finaliste du dernier Super Rugby), ils ont fait une très grosse saison. Or, c'est quasiment la même équipe à quelques joueurs près (Ils devraient être 13 titulaires des Jaguares à démarrer contre la France samedi). Ils ont des repères collectifs très ancrés et ils ont réussi des performances majuscules sur certains matches, notamment lors du Rugby Championship 2018 (tournoi opposant l'Afrique du Sud, l'Argentine, l'Australie et la Nouvelle-Zélande) où ils ont renversé plusieurs fois les grosses nations du sud (victoire sur l'Afrique du Sud 32-19 ; victoire en Australie 23-19). Le calendrier de la Coupe du monde Ils ont néanmoins souffert lors du dernier Rugby Championship et restent sur une série de neuf défaites consécutives en match officiel...
Certes, mais ils disputaient la finale du Super Rugby (6 juillet, défaite contre les Crusaders 19-3) et deux semaines à peine plus tard, ils débutaient le Rugby Championship (défaite à Buenos Aires contre la Nouvelle-Zélande 16-20). C'est très compliqué d'être en bonne forme physique dans ces conditions et on sait que les matches internationaux, si vous n'êtes pas prêt au niveau athlétique, c'est dur de tenir le choc. Je pense que cela a été difficile pour eux de ce point de vue là cet été. Là, ils ont pu se reposer avant de partir au Japon, donc ils seront prêts. Ressentez-vous une forme d'impatiente à démarrer la compétition ?
Depuis que l'on a attaqué début juillet, on a l'Argentine en ligne de mire. Ça s'est rapproché au fur et à mesure de la préparation, des matches amicaux. Puis il y a eu le transfert vers le Japon, la cérémonie de remise des caps, dimanche dernier... Donc il nous tarde désormais que la compétition commence. Une Coupe du monde est un événement fort mais quand on l'appréhende pour la première fois, il faut savoir le savourer sans se laisser déborder par lui. Il faut profiter mais d'abord s'engager à fond pour ne pas avoir de regrets. »

Faire défiler pour accéder au contenu
Annonce

À lire aussi