Rugby - Bleus - « On a essayé d'optimiser chaque moment », explique Fabien Galthié, sélectionneur de l'équipe de France

L'Equipe.fr
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Privés de leurs meilleurs éléments pour affronter l'Italie samedi soir au Stade de France (21 heures), le sélectionneur du XV de France et le manager Raphaël Ibañez expliquent certains de leurs choix dans la composition d'équipe. « Vous qui tenez beaucoup à la notion d'expérience collective, comment appréhendez-vous le fait d'avoir dû monter une équipe en si peu de temps, avec un XV de départ à sept sélections de moyenne et un pack qui cumule à peine treize capes ?
Fabien Galthié : Nous nous sommes concentrés pour construire une expérience collective, même en un temps raccourci. On a essayé d'optimiser chaque moment, d'optimiser chaque expérience analytique pendant les journées de lundi et mardi. Même chose mercredi pour la journée de pratique sensorielle et la séance à haute intensité.
Raphaël Ibañez : On pensait qu'on avait battu notre record de préparation la plus courte avant le match contre les Gallois. Et bien non. Nous avons pris en main ce groupe lundi après-midi et nous voilà jeudi en train d'annoncer la composition d'équipe. Je tiens à souligner le sérieux et la concentration observés cette semaine. La séance à haute intensité d'hier (mercredi) a été exceptionnelle, vraiment exceptionnelle, en termes notamment d'énergie. Des joueurs ont été touchés, comme Fabien Sanconnie qui a reçu une béquille profonde au niveau du quadriceps et qui sera indisponible quelques jours. Olivier Klemenczak a subi une entaille dans la région du tendon d'Achille qui a nécessité la pose de treize points de suture. Enfin, Gervais Cordin nous a fait part de douleurs à une cheville, une petite entorse.
F.G. : Ce groupe a une expérience limitée mais c'est le contrat, le deal. Nous le savions et nous faisons avec. Fabien Galthié « À notre niveau, n'importe qui doit être prêt n'importe quand et n'importe où » Comment avez-vous trouvé ces derniers jours votre nouveau capitaine Baptiste Serin ?
C'est justement parce qu'il est très engagé que nous lui avons confié ce rôle. Il est serein, il a envie d'être à la tête de cette équipe, de montrer l'exemple. Baptiste a une expérience, un vécu avec le groupe qui nous a quittés. Derrière Antoine Dupont, il a dû se contenter de petits bouts de match. Est-ce difficile de ne pas perdre un joueur dans une situation comme celle-là ?
À notre niveau, n'importe qui doit être prêt n'importe quand et n'importe où. Ce n'est pas une posture facile dans cet environnement, mais Baptiste nous a montré qu'il savait répondre. La mission des finisseurs (les remplaçants) est complexe mais Baptiste le sait. Cette fois il va commencer et il est prêt. lire aussi Les Bleus « en mode commando » face à l'Italie Il a l'avantage de bien connaître son binôme de la charnière Matthieu Jalibert qui, lui, enchaîne une deuxième titularisation d'affilée...
C'est vrai, Matthieu va enchaîner. Mais il avait déjà cumulé beaucoup de temps passé avec nous depuis des mois. Il va prendre confiance, se développer. Butera-t-il samedi ?
Oui il va buter. Fabien Galthié « (Gabin Villière) a un jeu très généreux, fait de fulgurances. C'est un grand combattant » Le deuxième-ligne Baptiste Pesenti n'apparaissait pas dans votre liste des 42 et le voilà titulaire...
R.I. : C'est un joueur qu'on a rencontré et qui apporte de vraies garanties dans le secteur du combat. Chaque week-end avec son club (la Section Paloise), il s'engage à fond. On avait besoin dans notre dispositif, face une opposition rugueuse, d'un joueur "enforcer" comme les appelle Shaun Edwards (l'entraîneur de la défense), quelqu'un qui joue dur.
F.G. : J'ajouterai que, de par son parcours, d'abord Saint-Claude puis le centre de formation de Montpellier, Baptiste a suivi une formation de troisième-ligne. C'est aussi un joueur mobile, qui a des mains. Il est prêt à jouer à ce niveau-là. lire aussi Coupe d'automne des nations : la poule B Gabin Villière va, lui aussi, vivre sa première sélection...
F.G. : Il n'était pas dans les radars quand il était jeune. Il était plutôt sur un double projet. Après le bac, il a fait le tour des centres de formation avec son papa mais personne ne l'a pris. Il a été recruté à Rouen et un jour qu'il était remplaçant, il est entré et a cassé la baraque en marquant deux essais. Puis il est passé par l'équipe de France à 7. Il a été élu joueur du tournoi à Hong-Kong. Il est aujourd'hui à Toulon. Il a un jeu très généreux, fait de fulgurances. C'est un grand combattant. Comme d'autres dans ce groupe, ce chemin particulier fait qu'il a une force en lui. Qu'attendez-vous de l'Italie ?
R.I. : C'est un test-match. L'Italie a donné beaucoup de fil à retordre à l'Écosse dans cette compétition. On connaît leurs aptitudes au combat.
F.G. : C'est une équipe qui a l'habitude de jouer ensemble, qui possède beaucoup d'expérience collective. Même si elle ne fait pas partie des meilleures nations, elle est là. Elle a le niveau pour matcher avec tout le monde même si, pour des raisons qui lui sont propres, elle peut avoir du mal dans les fins de match. »