Rugby - Bleus - Fabien Galthié : « Une équipe autonome et connectée »

L'Equipe.fr
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Même s'il n'a eu qu'une seule séance d'entraînement sur le terrain, le sélectionneur en chef du XV de France, Fabien Galthié, assure que son équipe sera prête pour relever le défi proposé par les Gallois, samedi (21 heures) au Stade de France pour l'ouverture de la saison internationale. « Fabien Galthié, l'équipe qui attaquera contre le pays de Galles est aussi celle qui a affronté l'Angleterre le 2 février dernier. Aucun joueur n'a été capable de bouleverser cette hiérarchie ?
C'est effectivement la même que celle qui a débuté le Tournoi des Six Nations. Nous aimons bien travailler en continuité et en cohérence, ce qui est important pour bien ''performer''. Mais l'équipe de France, elle est constituée de quatre-vingt-dix joueurs que nous avons rencontrés depuis notre prise de fonction et que nous suivons. En revanche, la composition des ''finisseurs'' (remplaçants) est différente. Les lignes ont bougé. Nous avons aussi identifié dix joueurs à fort potentiel, qui sont prêts à entrer dans cette équipe de France. lire aussi XV de France : Avec Thomas, Fickou et Haouas Qui évoluera demi d'ouverture si Romain Ntamack doit être remplacé ? Thomas Ramos ou Baptiste Serin ?
Thomas Ramos évolue à l'ouverture et à l'arrière au Stade Toulousain, tout comme Anthony Bouthier à Montpellier. Nous avons donc plusieurs possibilités. Nous aviserons en fonction de la physionomie du match. Romain (Ntamack) peut aussi glisser en 12 (premier centre). L'axe prioritaire 9-10-15 organise notre animation offensive, au pied, à la main, dans la recherche de l'espace. Avec Thomas Ramos et Anthony Bouthier, nous avons, offensivement et défensivement, un 10 qui joue comme un 15 et un 15 qui joue comme un 10... Savez-vous aujourd'hui quelle sera l'ossature de l'équipe qui affrontera, sans doute, l'Angleterre en finale de la Coupe d'Automne des nations ?
Aujourd'hui ? Non ! Nous avons construit au gré des aléas une liste à quarante-deux au départ, puis à trente et-un, nous avons construit une semaine de préparation avec un seul entraînement, il faut le répéter, pour relever ce défi qui est de battre le pays de Galles, samedi. Nous nous sommes projetés sur cette liste sans trop calculer, sans anticiper la suite, c'est-à-dire que la participation de nos joueurs serait limitée à trois feuilles de match. Nous allons avancer match par match, d'abord dans le Tournoi et ensuite dans la compétition suivante. Vous insistez beaucoup, lors des présentations de composition d'équipe, sur la moyenne d'âge et de sélections (25 ans et 16 sélections pour celle-ci). Quel sens donnez-vous à ces précisions ?
Quand nous avons affronté le pays de Galles en février dernier, un journal gallois avait titré ''les hommes contre les enfants'' en comparant le nombre de sélections et la moyenne d'âge des deux équipes. Cette équipe de France est en train de grandir et c'est en jouant ensemble que les joueurs vont acquérir, collectivement, une forme de maturité. C'est notre projet, c'est notre vision. C'est notre mission. « Ce match entre de façon très importante dans la construction de notre groupe après huit semaines de vie commune. » Teddy Thomas ne disputait pas la finale de Champions Cup avec le Racing 92. Qu'est-ce qui vous a poussé à le sélectionner de nouveau ?
Il a commencé avec nous, il était titulaire face à l'Angleterre le 2 février. Il a participé aux sept semaines précédentes. Il a été écarté par son club pour cette finale de Coupe d'Europe, ce sont des aléas, car il est très difficile d'être un joueur de haut niveau tous les week-ends. Teddy est un jeune joueur, qui a parfois des fragilités, et nous essayons de l'accompagner. Une carrière, c'est cyclique. Parfois vous avez le vent de face et parfois vous avez la chance, quand il tourne, de l'avoir dans le dos. Nous avons titularisé Teddy Thomas parce qu'il a fait une très très bonne semaine. On connaît ses points forts et on sélectionne les joueurs pour leurs points forts. Et Teddy Thomas a beaucoup de choses à amener à l'équipe de France. N'avez-vous pas peur qu'il manque de rythme, considérant qu'il n'a disputé que deux rencontres depuis la reprise ?
Nos séances d'entraînements, cette semaine, nous ont donné des réponses très claires. C'est pour cela que nous sommes très attachés à notre méthode d'entraînement. Concernant Teddy Thomas, il a apporté dans ce domaine des réponses probantes pendant ces trois derniers jours. L'objectif principal reste le match contre l'Irlande (samedi 31 octobre) dans le cadre du Tournoi des Six Nations, alors y a-t-il une façon particulière d'aborder ce match de préparation contre le pays de Galles ?
Ce match entre de façon très importante dans la construction de notre groupe après huit semaines de vie commune. C'est un véritable test-match. Qui fait sens dans la période que nous traversons : il est là pour rassembler. Et l'équipe de France qui entrera sur le terrain sera là pour rassembler tous ses supporteurs. Il me tarde de voir la production de samedi car nous avons posé en amont une somme de petits détails rajoutés les uns aux autres, avant et pendant ce rassemblement, qui doit pouvoir nous amener à avoir une équipe de France autonome et connectée. Voilà l'enjeu. »