Rugby - Bleus - Fabien Galthié (sélectionneur du quinze de France) : « Tourner pour tourner n'est pas la stratégie »

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Après le probant succès sur l'équipe d'Angleterre (24-17), Fabien Galthié, le patron des Bleus envisage de garder une forte stabilité dans son équipe pour affronter l'Italie, dimanche , au Stade de France. Toute la semaine l'équipe de France a dégagé une certaine sérénité. Est-ce que le plan face aux Anglais s'est déroulé comme vous l'espériez ?
Nous n'avons pas de certitudes. Nous avons des convictions. On peut dire que si vous avez ressenti cela, c'est que nous étions convaincus et que l'équipe dégageait une forme de conviction et le sentiment d'être prêt. Alors le scénario du match était improbable, impossible à imaginer, mais nous étions prêts. Les notes : Bernard Le Roux phénoménal, Antoine Dupont magistral La performance défensive fut remarquable, doit-on lui attribuer le mérite de cette victoire ?
Je pense que l'on a été sur les mêmes standards qu'à la Coupe du monde. Sans doute n'aurions-nous pas encaissé ces deux essais au Japon. Nous avons manqué d'automatisme, Vincent Rattez a un peu hésité à fermer, notamment sur le second. Pendant la Coupe du monde, nous fermions beaucoup plus haut. Cette défense fait partie de l'identité de cette équipe. Ce que nous avions beaucoup moins pendant le Mondial, c'est que chaque ballon est difficile pour l'adversaire et cette attitude est portée par Shaun Edwards. « On peut être plus efficace dans les moments importants et la gestion des temps faibles » Quelle est votre analyse quant à la performance de votre charnière et plus particulièrement celle de votre demi de mêlée Antoine Dupont, décisif offensivement et défensivement ?
Notre charnière a été excellente. Romain a réalisé un 100 % au but. Dans le kicking-game (l'échange de jeu au pied) à un moment où il n'y avait pas de domination, l'animation a été bonne. En même temps, nous avons des marges de progression. Ce match nous donne de la matière à travailler dans tous les domaines et secteurs du jeu. On peut notamment être plus efficace dans les moments importants et dans la gestion des temps faibles. Antoine et Romain sont deux joueurs de grande qualité. Ils sont différents et, en même temps, complémentaires. C'est une belle charnière. Antoine a été solide et c'est sa qualité. Nous avons pris le parti de travailler sur les points forts des joueurs. C'est notre fil rouge. Ce qui les a amenés à être en équipe de France. Antoine a su nous apporter dans les moments difficiles, être un neuvième avant comme nous le souhaitions. Après il a un petit problème au niveau du chronométrage (dans un sourire, Fabien Galthié fait référence au ballon dégagé en ballon mort alors qu'il restait une minute à jouer). Le décryptage : les Bleus ont rendu la monnaie de leur pied aux Anglais « À 24-0, nous avons choisi de faire des changements et on a perdu notre assise en mêlée » Comment expliquez-vous les difficultés en conquête ?
La vérité est que nous avons été en difficulté en mêlée. La première partie de notre match est plutôt solide, mais c'est quand nous avons coaché que l'édifice a été déstabilisé. À 24-0, nous avons choisi de faire des changements et là on a perdu notre assise en mêlée. Pourtant nous voulons une conquête forte, des hommes forts d'autant que l'on a vu que quand on se fragilise à ce niveau-là, notamment dans des conditions météorologiques comme hier (dimanche), tout devient plus compliqué. Notre plan de jeu au pied s'est dégradé, il a été moins loin, le leur s'est allongé et nous a mis en difficulté. Les duels ont été plus faciles à gérer pour eux que pour nous. On s'est mis à subir mais à s'accrocher à d'autres éléments de notre stratégie, à d'autres points forts mis en oeuvre et travaillés. Mais il est clair que notre coaching nous a perturbés sur l'assise et donc dans le déroulé de la fin du match. La touche est également une partie de notre rugby à améliorer. Après ces joueurs-là ont besoin de confiance. En face, l'équipe d'Angleterre ferraille ensemble depuis quatre à huit ans. Les garçons d'Eddie Jones ont acquis des certitudes. Ils sont sur cette même recherche de performance que nous. Et aujourd'hui notre travail est d'acquérir de la confiance. Et autour des points forts de nos joueurs, développer notre conquête. Elle a été surprenante de manière positive, notamment en mêlée, mais le coaching n'a pas apporté ce que nous souhaitions. Nous l'assumons. Depuis dimanche, 18h, tout est plus facile pour l'équipe de France. Craigniez-vous que l'on vous parle de Grand Chelem toute la semaine ?
Notre objectif est de vite gagner des matches. Nous souhaitions le faire. Nous avons été ambitieux et le reste viendra de nous, la manière dont on va traiter les 2 jours qui arrivent et comment on va se projeter sur le prochain rendez-vous très excitant de l'Italie. Damian Penaud absent 15 jours Doit-on s'attendre à des changements pour affronter l'Italie, compte tenu, notamment, des déceptions du coaching ?
L'idée maîtresse est de construire une équipe et les sélections valent de l'or. Caper les joueurs, les faire monter en compétence, donnent un prix très fort à chaque sélection. Donc tourner pour tourner, ce n'est pas la stratégie. Modifier un petit peu la composition d'équipe pour avoir une vision, apporter quelque chose de différent à notre organisation, améliorer des points clé : oui. Mais s'amuser à tourner : non.

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