Rugby - Bleus - Quinze de France : Ils se sont révélés en tournée d'été

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Si les expéditions estivales de l'équipe de France sont rarement couronnées de succès, certains jeunes joueurs ont profité des circonstances et de l'aubaine pour se signaler.

À chaque été son contexte particulier : avec ou sans les finalistes (voire demi-finalistes) du Championnat, les cadres laissés au repos ou pas... Tous les ans, ou presque, alors qu'ils sont invités à traverser la planète, les sélectionneurs tricolores bricolent, s'adaptent aux circonstances, aux accords signés avec les clubs et, désormais, aux contingences sanitaires pour emmener en tournée un groupe à peu près compétitif. L'été 2021, qui verra l'équipe de France disputer trois tests face à l'Australie en seulement deux semaines (7, 13 et 17 juillet), a empilé toutes les contraintes. Le staff de Fabien Galthié a livré sa première composition d'équipe avec pas moins de 7 joueurs sans sélection dont deux titulaires : le talonneur castrais Antoine Barlot et l'arrière Perpignanais Melvyn Jaminet. L'occasion de revenir sur certaines des révélations de juin.

Damian Penaud (20 ans à l'époque, Afrique du Sud 2017)

Le Clermontois était l'un des trois nouveaux du groupe France sur cette tournée, avec Anthony Jelonch et Vincent Rattez. Un séjour sud-africain cauchemardesque qui s'est soldé sur trois belles baffes. Pourtant, au milieu du marasme, titulaire au centre lors du deuxième test, Damian Penaud avait été étincelant. L'Auvergnat s'était nourri de miettes mais il avait été l'un des rares dangers côté tricolore, inscrivant notamment son premier essai, face à ceux qui deviendraient champions du monde, deux ans plus tard au Japon. Peu épargné par les blessures, il reste pourtant indispensable à l'équipe de France quand il est en forme, mais au poste d'ailier.

Baptiste Serin (20 ans à l'époque, Argentine 2016)

Dans une tournée disputée sans finalistes du Top 14, Guy Novès avait choisi de lancer un jeune demi de mêlée d'une fraîcheur et d'une fluidité épatantes. Sa passe vive et son jeu au pied précis avaient d'ailleurs sauté aux yeux des observateurs dès les premiers entraînements. Malgré une large défaite sur le premier test, il était l'un des rares à avoir surnagé, avant de confirmer lors du second (victoire 27-0). Depuis, Baptiste Serin (42 sélections) appartient aux meubles de l'équipe de France, même s'il doit composer avec la concurrence d'Antoine Dupont, le phénomène du rugby français.

Bernard Le Roux (24 ans à l'époque, Nouvelle-Zélande 2013)

Dans la drôle d'histoire de Bernard Le Roux avec l'équipe de France, il y aura donc, à jamais, cette première en Nouvelle-Zélande, une gifle qui en appellera malheureusement d'autres pour lui et ses contemporains. Titulaire en troisième-ligne ce jour-là, son inépuisable énergie au plaquage et dans les rucks n'avait pas suffi à contenir les assauts All Blacks. En revanche, elle avait dévoilé des qualités de suractivité assez rares et indispensables au niveau international. Son replacement en deuxième-ligne quelques saisons plus tard a bouleversé la suite de sa carrière pour finalement l'installer comme un titulaire actuellement incontournable du Quinze de France.

Brice Dulin (22 ans à l'époque, Argentine 2012)

Cette année-là, Philippe Saint-André, nouveau sélectionneur du Quinze de France, avait choisi de laisser souffler les héros malheureux du Mondial 2011. Il emmena en Argentine une équipe mixte entre jeunes potentiels et joueurs d'expérience comme Frédéric Michalak. Dès le premier test, et malgré un revers embarrassant, se signale un arrière de tempérament, sûr sous les ballons hauts, dotés d'appuis électriques et un culot certain à l'heure de remonter les ballons. Aujourd'hui, Brice Dulin comptabilise 38 sélections en équipe de France et malgré un passage à vide en Bleu de quelques saisons, il s'est réinstallé à l'arrière du Quinze de France.

Alexis Palisson (20 ans à l'époque, Australie 2008)


Menée par Marc Lièvremont, mais sans les finalistes du Top 14, la tournée en Australie était, elle aussi, un mélange d'expérience et de jeunes que le nouveau sélectionneur, après six mois d'exercice, voulait tester grandeur nature. Lors du premier test, il aligna Alexis Palisson, petit ailier venu de Brive (20 ans) d'1,75m et 75 kg annoncés à l'époque, pour s'opposer au colosse wallaby Lote Tuqiri (56 sélections, 1,91m, 103 kg). La surprise fut à l'échelle de l'écart de mensuration entre les deux joueurs, puisque le Français épata tout son monde. Une première à succès qui en appelait d'autres. Non seulement Palisson remporta le Grand Chelem en 2010 - le dernier à ce jour pour les Bleus - mais il fut aussi un titulaire inamovible de la Coupe du monde 2011, qui se termina sur une courte défaite en finale face aux All Blacks (8-7).

Maxime Mermoz (21 ans à l'époque, Australie 2008)

Sa première cape ne s'est pas exactement déroulée comme celle de son partenaire Alexis Palisson une semaine plus tôt, mais le centre Maxime Mermoz, de la génération des champions du monde des moins de 21 ans en 2006, était étiqueté parmi les grands espoirs du rugby tricolore par Lièvremont. Il s'était d'ailleurs retrouvé en Australie à la faveur d'une négociation avec son club de Toulouse, lequel avait accepté de le libérer alors qu'il disputait la finale du Top 14. Lui aussi fera partie de l'aventure néo-zélandaise en 2011.

Julien Pierre (25 ans à l'époque, Nouvelle-Zélande 2007)

Cette année-là, Bernard Laporte était carrément privé des demi-finalistes du Top 14 pour s'envoler vers la Nouvelle-Zélande. Il emmène un fort contingent de Berjalliens dont le deuxième-ligne Julien Pierre, mais aussi quelques minots de la classe 2006, championne du monde des moins de 21 ans (Mignardi, Ouedraogo, Chouly). Le futur Clermontois commencera sa carrière internationale par deux gifles dont une historique (42-11 et 61-10). Cela ne l'empêchera pas de participer au Grand Chelem en 2010 et d'atteindre la finale de la Coupe du monde un an plus tard.

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