Rugby - Bleus - Un Tournoi des 6 Nations réussi pour l'équipe de France ?

L'Equipe.fr
Grâce à sa victoire sur le fil contre le pays de Galles samedi soir (20-18), l'équipe de France a conclu son tournoi sur un bilan positif (3 succès, 2 défaites) et une troisième place. Pour autant, ce Tournoi est-il réussi ?

Grâce à sa victoire sur le fil contre le pays de Galles samedi soir (20-18), l'équipe de France a conclu son tournoi sur un bilan positif (3 succès, 2 défaites) et une troisième place. Pour autant, ce Tournoi est-il réussi ? On a vu les joueurs de l'équipe de France exulter comme jamais sur la pelouse du Stade de France samedi en fin d'après-midi, quand Camille Lopez a transformé l'essai de la 100e minute contre les Gallois. On a entendu Yannick Bru, l'entraîneur des avants, comparer cette émotion à celles qu'il a vécues avec ses titres au Stade Toulousain. La dernière image de ces Bleus dans le Tournoi incite à la joie et au soulagement, mais sûrement pas à l'euphorie. Il suffisait d'écouter Kevin Gourdon dans les couloirs du Stade de France, la voix posée, lucide, pour résumer ce drôle de sentiment. Interrogé sur ce scénario irréel – «une parodie», dira-t-il – le troisième ligne des Bleus était ravi de cet heureux dénouement, mais tout de suite refaisait le film de la partie pour calmer les ardeurs : «On est allés se la chercher cette victoire. Mais on s'est aussi mis en difficulté tout seul dans ce match, avec toutes ces erreurs qu'on a faites malgré nous. On entame super bien, mais on s'est liquéfiés, notre jeu s'est enrayé et on a rendu trop de ballons. On fait encore beaucoup de cadeaux.»Objectif comptable accompli Oui, l'équipe de France a battu le pays de Galles pour la première fois depuis cinq ans et demi. Oui, elle a retrouvé le podium du Tournoi après six ans de disette. Oui, elle a rempli l'objectif minimum notamment fixé par le nouveau président de la Fédération, Bernard Laporte : victoires à domicile contre l'Ecosse et le pays de Galles, succès en Italie et pas de déroute en Angleterre et en Irlande. Mais a-t-elle pour autant réussi son Tournoi ? «Si on gagne en Angleterre d'entrée, tout aurait été différent, estime Kevin Gourdon. Une victoire à Twickenham et on jouait le titre, ce n'est pas la même chose.» En échouant de trois points à Londres, les Bleus ont abordé la suite de la compétition dans une autre optique : gagner, coûte que coûte. Et cette pression s'est ressentie sur le jeu déployé par cette équipe. La tournée de novembre et le match en Angleterre avaient suscité beaucoup d'espoirs sur l'animation offensive. Manquait l'efficacité mais l'enthousiasme était là. A partir de la réception de l'Ecosse, face à des oppositions un peu moins relevées, on a surtout vu une équipe brouillonne, désordonnée et maladroite. Perdue entre sa volonté d'envoyer du jeu dans toutes les zones du terrain et celle de revenir à des choses plus simples, du travail dans l'axe et plus de jeu au pied pour résumer. Une animation offensive encore en chantier Concrètement, cela a donné beaucoup d'approximations et de déchet, donc une incapacité à tenir le ballon et à enchaîner les longues séquences offensives. Quand les actions vont au bout, comme sur l'essai de Fickou en Italie ou celui de Lamerat contre les Gallois, tout semble limpide mais ces actions sont trop rares. Samedi après-midi, les Bleus ont mené 10-0 au quart d'heure de jeu, avant d'être menés 10-15 à la 65e minute. «On a affiché toutes nos lacunes après une bonne entame, reconnaissait Gourdon. Et elles ont failli nous coûter cher. On travaille pour combler les retards mais on voit qu'il y a encore du boulot. On est encore loin des meilleures nations, on le sait.»La défense et la conquête parmi les satisfactions Les huit semaines de travail en continu permises par la nouvelle convention n'ont pas fait progresser l'équipe de France sur le plan offensif. C'est même l'impression inverse qui se dégage. Mais il y a quand même des secteurs où les Bleus ont affiché une belle maîtrise, à savoir la défense et la conquête. Sans cela, les Bleus auraient sombré en Irlande dans un match où ils ont beaucoup subi et ils n'auraient pas fait plier les Gallois au bout de 20 minutes de temps additionnel et 12 mêlées (presque) consécutives. «On a surtout vu la force de caractère de cette équipe dans ce Tournoi, souligne Yannick Bru, l'entraîneur des avants. Ça ne fait pas tout, évidemment, mais c'est un point de départ indispensable. Il s'est passé quelque chose contre les Gallois. Pour moi, après l'Argentine (lors de la tournée en juin dernier, défaite 19-30 puis victoire 27-0), c'est une deuxième couche fondatrice. Le destin a été dur avec nous ces derniers temps et là, j'ai le sentiment que les choses se sont inversées. Une telle mentalité dans un match de 100 minutes, ça va forcément créer quelque chose de positif dans ce groupe. Quand on voit la joie, la communion, les pleurs dans le vestiaire ce soir (samedi soir), c'était quelque chose de très fort. Les joueurs veulent écrire leur histoire.» Prochain chapitre au mois de juin pour trois tests en Afrique du Sud. La liesse du Stade de France y trouvera-t-elle un écho ?

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