Rugby - Bleus - Yoann Maestri à propos de l'arbitrage: «Un gros sentiment d'injustice»

L'Equipe.fr
Vingt minutes de temps additionnel, des mêlées qui s'enchaînent à cinq mètres de la ligne, des Gallois pénalisés plusieurs fois mais Wayne Barnes n'a pas sifflé d'essai de pénalité. L'arbitre anglais n'a pas bronché, jusqu'à l'essai libérateur de Damien Chouly (20-18).

Le visage fermé, le verbe acerbe, Yoann Maestri était très remonté contre les décisions de Wayne Barnes en fin de match contre le pays de Galles (20-18) : «On était arbitrés comme une très petite équipe.» «Sur toutes ces mêlées à la fin, vous réalisez que l'arbitre ne va pas accorder d'essai de pénalité et qu'à la moindre erreur de votre part, le match est fini ? Oui, il y a beaucoup d'inquiétude. Les Gallois parlent toutes les 30 secondes avec l'arbitre. Lui, il nous dit que la domination (en mêlée) n'est pas assez claire... Même sur la dernière action de l'essai, il n'y a pas avantage alors qu'on les écrase. L'arbitre nous dit de jouer le ballon, c'est incroyable ! Vous vous dites que vous pouvez perdre un match comme ça... Quand on joue à l'extérieur, avec des actions pareilles à cinq mètres de la ligne et qu'on est bien arbitrés, nous on le paie cash. Là, on était arbitrés comme une très petite équipe donc ça fait beaucoup de peine. Vous étiez capitaine à ce moment-là du match, que vous a dit l'arbitre ? Il m'expliquait que la domination en mêlée n'était pas assez franche. En face, ils truquaient chaque mêlée, ils se laissaient tourner. Ça, l'arbitre doit le voir. Les arbitres anglo-saxons, ils sont tout le temps en train de parler de fair-play, mais ils nous prennent surtout pour des gros tricheurs et derrière leur flegme, ils manquent de franchise par moment. A quel moment comprenez-vous qu'il n'y aura pas d'essai de pénalité quoi que vous fassiez ? Nous, on pensait vraiment l'avoir. L'essai de pénalité, ça fait partie du rugby. C'est ça le rugby aussi, c'est pas que des essais de trois-quarts, que des fulgurances, il faut aussi savoir jouer la règle. Au foot, un penalty c'est un penalty, un coup franc c'est un coup franc et si vous gagnez là-dessus, il n'y a rien à dire. Nous, on enchaînait les pénalités et on dominait les mêlées, on n'allait pas jouer autre chose que l'essai de pénalité quand même. Si vous vous faites plier à cinq mètres, vous acceptez la défaite... Vous lui réclamiez l'essai de pénalité ? Mais bien sûr. Je lui dis : ''On va aller jusqu'où ? Regardez le temps !'' Un moment, je lève la tête, on est à la 98e minute et vous vous dites que c'est du délire. Un moment, il faut prendre les décisions... Moi, je suis capitaine, je ne peux pas calmer tout le monde. Au bord du terrain, on est à deux doigts de la guerre nucléaire et l'arbitre, il ne bronche pas. Et il se fait harponner par les Gallois toutes les 30 secondes. Nous on ne peut rien lui dire, il ne parle pas français. Il y a toujours une connivence entre eux (les anglo-saxons) qui est dérangeante et dans ces moments-là, ça prend toute son ampleur. C'était incroyable ! Il y a un gros sentiment d'injustice. Heureusement que tous les huit (devant), on est allé chercher cette victoire. Vous aviez déjà vécu une séance de mêlée aussi longue ? En match, non. A l'entraînement, oui, quand ça s'est pas bien passé le week-end d'avant (rires).»

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