Rugby - C. d'automne - Les joueurs à suivre pendant la Coupe d'automne des nations

L'Equipe.fr
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La Coupe d'automne des nations débute ce vendredi avec Irlande-Galles (20 heures). Cette nouvelle compétition sera l'occasion de découvrir de nouveaux visages ou d'en retrouver certains.

Max Malins (Angleterre)
Pépite formée aux Saracens, l'arrière Max Malins s'est exporté dans l'ouest de l'Angleterre, à Bristol, le temps que son club londonien retrouve la première division. Mais depuis que le numéro 15 a quitté la capitale, il éclaire les rencontres à chacune de ses sorties. Vif, tranchant, Malins s'exprime divinement bien quand les actions à rallonge fatiguent tout le monde et font apparaître des brèches décisives. Il n'a que 23 ans mais joue déjà avec maturité pour couvrir le fond de terrain ou déposer des bons coups de pied d'occupation.

Face à Bordeaux-Bègles et Toulon en challenge européen, Malins s'était une fois de plus montré décisif, inscrivant trois essais en deux matches contre les clubs français. Comme ses aînés Alex Goode ou Elliot Daly, le jeune anglais peut évoluer à d'autres postes comme demi d'ouverture, et pourrait offrir au Quinze de la Rose un avenir plus brillant encore qu'il ne l'est déjà.

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Hugo Keenan (Irlande)
Comme de nombreux autres jeunes Irlandais avant lui, Hugo Keenan semble poursuivre calmement mais sûrement son chemin tout tracé vers le succès. Etudiant au Blackrock College, comme un certain Brian O'Driscoll, Keenan a rapidement intégré le moule du Leinster avant de s'installer sur l'aile de la province dublinoise. Ses qualités de vitesse et d'explosivité lui ont bien servi durant son passage avec la sélection nationale de rugby à 7.

Récent champion du Pro 14 sous la direction de Leo Cullen, Keenan a été appelé avec le Quinze du Trèfle cet automne et son premier match face à l'Italie a été couronné de succès avec un doublé avant la mi-temps. Un fabuleux potentiel qui lui vaut les louanges de son sélectionneur Andy Farrell : « Hugo est un joueur formidable, il peut apporter de la variété dans notre jeu ».

Will Rowlands (Galles)
Né en Angleterre, Will Rowlands y joue également puisqu'il s'est imposé dans le pack des Wasps depuis son émergence au plus haut niveau il y a deux ans. Pourtant, c'est bien avec le maillot gallois qu'il a découvert le niveau international, grâce à son père, né dans la principauté. Rowlands n'est déjà plus tout jeune (29 ans) même s'il est tout nouveau au sein du Quinze du Poireau. Dur au mal et précieux en touche, le deuxième-ligne s'inscrit dans la lignée de son glorieux capitaine Alun-Wyn Jones, recordman de tests internationaux disputés (Galles et Lions confondus).

« Je suis un joueur plutôt athlétique, considère ce diplômé d'Oxford. J'aime apporter de la vitesse à notre ligne défensive, j'apprécie ce rôle que l'on me confie aux Wasps. » Appelé par le sélectionneur Wayne Pivac en début d'année, Rowlands devra participer aux efforts de la sélection pour redresser une équipe décevante en 2020.

Tedo Abzhandadze (Géorgie)
Tedo Abzhandadze a toujours eu un temps d'avance. Surclassé à deux reprises, le jeune ouvreur géorgien (21 ans) a participé aux Mondiaux moins de 20 ans en 2017, 2018 et 2019 avant de connaître celui des grands au Japon l'an dernier. Une précocité unique. « C'est un joueur à part par sa jeunesse, appuie Jean-Baptiste Péjoine, son entraîneur à Brive. Ce n'est pas commun de jouer une Coupe du monde si jeune. Je pense qu'il peut devenir le futur grand 10 de la Géorgie. »

Dans une nation plutôt réputée pour ses gros bras du pack, Abzhandadze apporte une touche de finesse et de vitesse, comme à Brive où il livre des performances solides. « Il n'est pas encore complètement mature, prévient toutefois Péjoine. Il a des progrès à faire dans le secteur stratégique. Son axe de progression se trouve dans sa capacité à bien lire le jeu et exécuter la stratégie dans les moments de tension. » La Coupe d'automne pourrait s'avérer un séduisant terrain de jeu.

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Matthieu Jalibert (France)
Derrière l'inamovible Romain Ntamack, Matthieu Jalibert ronge son frein. Mais cet automne, le Bordelais devrait passer la première et revêtir le maillot bleu floqué du 10. Grâce (ou à cause, c'est selon) à l'accord FFR-LNR qui prévoit trois feuilles de match par joueur pour l'actuelle fenêtre internationale, le Toulousain ne jouera qu'une rencontre de la Coupe d'automne.

Pas utilisé une seule fois depuis la reprise, mais régulièrement dans le groupe à Marcoussis, Jalibert profitera des prochaines rencontres pour tenter de confirmer son immense potentiel aperçu avec l'UBB au niveau international. Le Girondin, entré tôt à Edimbourg lors du Tournoi après la blessure de Ntamack, n'avait pas franchement séduit pour son premier vrai test. Mais vu ses dernières sorties en Top 14 et en challenge européen, ponctuées de nombreux essais et courses fabuleuses, le demi d'ouverture a l'air en forme.

Duncan Weir (Écosse)
C'est sans doute le plus grand invité surprise de la Coupe d'automne. Duncan Weir (29 ans) a « profité » des blessures conjointes de Finn Russell et Adam Hastings face au pays de Galles il y a deux semaines pour revenir dans l'effectif écossais. Le joueur de Worcester sera même l'ouvreur titulaire en début de compétition vu l'absence de réserve à ce poste. Réapparu à l'entraînement avec une tignasse foisonnante, Weir a fait le bonheur des réseaux sociaux outre-Manche, lui qui n'a plus débuté une rencontre internationale depuis le Tournoi des Six nations 2016.

Le sélectionneur Greg Townsend a énuméré les qualités de son ouvreur cette semaine : « Son jeu au pied est une force énorme et il s'est grandement amélioré dans sa gestion du match, a gagné en expérience. Il veut toujours s'améliorer, mais il sait passer à autre chose quand il rate désormais. Il a beaucoup appris et sa récente paternité lui a donné beaucoup de recul. Il est plus calme et a envie de profiter de son rugby. »

Peni Ravai (Fidji)
Depuis son arrivée à Aurillac en 2016, Peni Ravai n'a cessé de gravir les échelons à vitesse grand V. Aujourd'hui à Clermont après trois saisons couronnées de succès à Bordeaux-Bègles, le Fidjien (30 ans) semble au sommet de son art. Ultra mobile, Ravai participe à la continuité du jeu, s'inscrivant dans la lignée des piliers modernes. Cette saison, il est le joueur du cinq de devant qui a battu le plus de défenseurs en Top 14 (12). Le néo-Auvergnat n'est pas pour rien non plus dans la bonne tenue en mêlée de l'ASM.

Avec les Fidji, Ravai a déjà disputé 33 matches, dont deux Coupes du monde (2015, 2019). La Coupe d'automne des nations est l'occasion pour lui de montrer à son nouveau et ambitieux sélectionneur Vern Cotter qu'il est un joueur incontournable qui mérite de connaître un troisième Mondial en 2023.

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Paolo Garbisi (Italie)
Il va falloir s'y habituer car ils vont être de plus en plus nombreux comme lui. Paolo Garbisi est né au début des années 2000 et promène aujourd'hui sa jeunesse sur les terrains avec la sélection italienne. À seulement 20 ans, le demi d'ouverture du Benetton (Trévise) a déjà fait sa place dans l'équipe de Franco Smith, le sélectionneur de la Nazionale.

Pour sa première cape à Dublin, Garbisi a été l'un des meilleurs Italiens sur la pelouse, allant même inscrire un essai en solitaire à la sirène. Pas de quoi le rassasier cependant : « Notre performance a été négative, et ce n'est pas cet essai qui va réévaluer ma copie. Il y avait beaucoup d'émotion pour ce match, mais honnêtement j'aurais voulu un résultat différent pour mes débuts. » Ambitieux, le Vénitien espère aider son équipe à prendre une nouvelle dimension au niveau international, alors que les résultats sont toujours plus catastrophiques année après année.