Rugby - C. d'automne - L'Angleterre face à ses « partenaires » de mêlées en ouverture

L'Equipe.fr
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Les Anglais vont se frotter aux rugueux avants géorgiens - leurs partenaires d'entraînement en mêlée ces deux dernières années - en ouverture de la compétition.

« La Géorgie a une mêlée terrible, la plus forte au monde. Là-bas, les bébés sont barbus dès la naissance. »Le sélectionneur de l'Angleterre Eddie Jones, ancien talonneur sans aucune sélection internationale, ne s'est jamais râpé la joue contre le menton d'un pilier géorgien mais ses joueurs lui ont raconté comment « leurs avants savent transférer la pression d'un côté à l'autre du pack sans qu'un seul de leurs orteils ne bouge ». Une faculté technique qui permet aux premières lignes de Géorgie de pulluler dans le Championnat professionnel français, où les mêlées ont plus d'importance que dans les autres grandes nations. Dans le squad géorgien actuellement en Angleterre, ils sont cinq à évoluer dans des clubs de Top 14 : Beka Gigashvili (Toulon), Guram Gogichashvili (Racing 92), Lekso Kaulashvili (Bordeaux), Giorgi Melikidze (Stade Français), Mikheil Nariashvili (Montpellier).

Une formation anglaise conventionnelle
Avant la dernière Coupe du monde, pour faire travailler la mêlée à ses joueurs, Jones s'était donc naturellement tourné vers son pote néo-zélandais Milton Haig, alors sélectionneur des Lelos, pour organiser deux mini-stages (en 2018 et 2019) où, pendant deux jours, avants anglais et géorgiens s'étaient affrontés, enchaînant les mêlées si férocement que cela avait failli tourner au pugilat.

C'était en février 2019, sous les yeux des enfants d'une école d'Oxford et de l'arbitre international Wayne Barnes, convié pour donner son avis, et le jeune pilier Ellis Genge (24 ans et seulement 6 sélections à l'époque) avait dû être retenu par ses partenaires. Genge sera sur le terrain, ce samedi soir à Twickenham, plus expérimenté, pour affronter une formation que l'Angleterre n'a rencontré que deux fois (en 2003 et 2011) mais qu'Eddie Jones connaît bien depuis l'époque où il était sélectionneur du Japon, entre 2012 et 2015, car les deux équipes appartenaient à la même catégorie des Tier 2.

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En 2015, en match de préparation de la Coupe du monde, Jones, qui se méfiait de la puissance des golgoths géorgiens, avait même composé une équipe avec neuf avants, titularisant le numéro 8 Hendrik Tui au poste d'ailier pour l'emporter péniblement, 13 à 10.

Cette semaine, le sélectionneur du quinze d'Angleterre a encore montré son attirance pour les joueurs hybrides, « l'avenir du rugby » selon lui, en utilisant plusieurs séances d'entraînement pour faire évoluer le robuste ailier Ollie Thorley au poste de flanker et le troisième ligne Ben Earl au centre de l'attaque. Mais il a choisi de ne pas pousser l'expérimentation - pas encore - en match et c'est une formation plus conventionnelle qui disputera son premier match de la Coupe d'automne.

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