Rugby - C. d'automne - Les raisons de suivre la Coupe d'automne des nations

L'Equipe.fr
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La Coupe d'automne des nations débute ce vendredi à Dublin avec le choc celtique entre l'Irlande et le pays de Galles (20 heures). La nouvelle compétition, créée en raison de la crise sanitaire, présente plusieurs enjeux et défis dignes d'intérêt.

Un format inédit
La Coupe d'automne des nations va opposer huit équipes divisées en deux groupes de quatre : l'Angleterre, l'Irlande, le pays de Galles et la Géorgie dans la poule 1, la France, l'Écosse, l'Italie et les Fidji dans la poule 2. Une fois que chaque équipe aura joué ses trois matches, une rencontre de classement sera organisée le week-end du 5 décembre : les premiers de chaque groupe s'affronteront entre eux, idem pour les deuxièmes, etc.

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Cette compétition a avant tout été bâtie pour que les fédérations puissent faire face aux conséquences économiques de la crise sanitaire mondiale. Alors que les tournées d'été ont dû être annulées et que les nations du Sud n'ont pu se déplacer en Europe en novembre, la Coupe d'automne a au moins le mérite de poser un petit pansement sur les finances fédérales grâce aux droits TV, même si le public ne pourra pas être au rendez-vous dans les tribunes.

Une opportunité pour deux ambitieux
En plus des six nations traditionnelles du Tournoi, la Géorgie et les Fidji seront au rendez-vous et vont donc pouvoir ferrailler avec des équipes de premier plan. Si le Japon était initialement prévu à la place des Lelos, ce sont bien les Caucasiens qui se frotteront aux nations britanniques dans le groupe 1. Une réelle opportunité pour eux qui nourrissent de grandes ambitions, comme celle d'intégrer le Tournoi, mais se frottent trop rarement aux cadors pour progresser.

Les Fidjiens quant à eux se sont réunis à Limoges pour préparer la compétition sous les ordres de leur nouveau sélectionneur, l'expérimenté Vern Cotter. Au vu de leur potentiel et de leur effectif rempli de phénomènes (Radradra, Tuisova...), ils pourraient jouer les trouble-fêtes et enquiquiner plus d'une équipe dans un groupe 2 moins relevé. À condition qu'ils puissent tenir leur rang, puisque plusieurs cas de Covid-19 ont émaillé leur préparation.

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Le bricolage de Galthié
Du côté du terrain, tous les voyants sont au vert pour les Bleus. Après un printemps prometteur et les deux récentes victoires contre le pays de Galles (38-21) et l'Irlande (35-27), l'équipe de France surfe sur une dynamique positive et s'est retrouvée très proche d'un premier Tournoi remporté depuis 10 ans.

Seulement, le sélectionneur Fabien Galthié et son staff vont devoir bricoler lors de la Coupe d'automne des nations puisque la Fédération et la Ligue, après des semaines de bisbilles, ont conclu un accord limitant les joueurs du Quinze de France à trois feuilles de match pour la période internationale actuelle. Les titulaires qui ont brillé jusqu'ici (Dupont, Ntamack, Ollivon, Alldritt, Vakatawa...), déjà utilisés deux fois, ne feront qu'une seule sortie dans la nouvelle compétition, obligeant Galthié à brasser large, ce qu'il voulait a priori éviter en se concentrant sur un groupe restreint mais sûr de ses forces.

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Des chocs savoureux
Si elle n'a évidemment pas le lustre du Tournoi des Six nations, la Coupe d'automne peut au moins se targuer d'en avoir le casting. Dès ce vendredi soir avec le match Irlande-Galles, la compétition va proposer de nombreux chocs entre les gros bras européens. Une perspective forcément excitante.

L'Angleterre, tout récemment sacrée dans le Tournoi, n'affrontera pas les grandes puissances du Sud comme c'était prévu à l'origine. Mais les vice-champions du monde, guidés par un Eddie Jones plus motivé que jamais, enchaîneront tout de même un joli programme : l'Irlande (21 novembre), le pays de Galles (28 novembre), avant le match de classement dans son temple de Twickenham (6 décembre) en clôture de la Coupe d'automne, peut-être face à la France pour un remake savoureux de la victoire des Bleus au début du Tournoi (24-17), quand le Covid-19 n'avait pas encore vidé les stades et assombrit les coeurs.

L'entrée en jeu d'Amazon
Cette Coupe d'automne sera une grande première sur le terrain, mais aussi sur les écrans. Le groupe Amazon, via sa plateforme numérique Amazon Prime Video, diffusera l'intégralité des rencontres de la compétition dans tout le Royaume-Uni. Les citoyens britanniques devront donc s'abonner s'ils veulent suivre les matches de leur équipe. Une révolution dans l'univers médiatico-rugbystique.

Pour couvrir l'événement, le géant américain a recruté plusieurs consultants de renom, dont les anciens joueurs Dylan Hartley (Angleterre), Serge Betsen (France), Sam Warburton (Galles) ou Shane Horgan (Irlande). En France, les rencontres des Bleus seront diffusées sur France 2. BeIn Sport a récupéré les droits des matches à domicile de l'Irlande, de l'Écosse et du pays de Galles.