Rugby - France - Les plus grands trois-quarts centres du Quinze de France

L'Equipe.fr
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Alors que Virimi Vakatawa ou même Gaël Fickou et Arthur Vincent brillent avec l'équipe de France, retour en images sur les meilleurs centres de l'histoire du Quinze de France. Voyage dans le temps au milieu des apôtres du French Flair. René Crabos (17 sél. entre 1920 et 1924)
Son héritage parle plus que ses résultats sous le maillot français. À l'aube des années folles, René Crabos invente tout simplement la défense glissée et théorise le jeu de ligne que vont intégrer les penseurs du rugby du XXe siècle. Admiré par les Anglais, médaillé d'argent aux Jeux d'Anvers, le centre landais s'est ensuite illustré en tant que manager de l'équipe de France et président de la Fédération dans les années 1950. Jean Dauger (3 sél. entre 1945 et 1953)
Il n'a disputé que trois rencontres à quinze avec l'équipe de France mais Jean Dauger reste malgré tout une légende du rugby hexagonal. Figure du jeu à treize avant que le régime de Vichy ne l'interdise, l'icône de l'Aviron Bayonnais est l'inventeur du cadrage débordement et a représenté le modèle ultime pour une génération d'attaquants. Dommage que son passé de treiziste (professionnel), mal vu par les instances, ait grandement handicapé son passage à quinze (amateur). Roger Martine (25 sél. entre 1952 et 1961)
Au coeur des années 1950, Roger Martine règne sur le rugby français avec son club du FC Lourdes qui soulève six fois le bouclier de Brennus entre 1952 et 1960. Vif et intelligent, il forme avec son coéquipier Maurice Prat (frère de Jean) la talentueuse paire de centre des Bleus. « Bichon » participe notamment au « grand combat du XV de France », la tournée victorieuse face aux Springboks en 1958, au bout de laquelle il réussit le drop décisif. Jacques Bouquet (34 sél. entre 1954 et 1962)
Jacques Bouquet, dit « Jacky », fut un fabuleux attaquant qui a servi les offensives françaises par sa vitesse et la qualité de son jeu au pied, lui qui pouvait également jouer demi d'ouverture. L'Isérois ne passait pas inaperçu sur le terrain avec ses jambes de feu et sa tignasse blonde flottant au vent. Surnommé « l'Ange blond », il a d'ailleurs profité de sa renommée grandissante pour se montrer en compagnie des premières stars du show-biz. André Boniface (48 sél. entre 1954 et 1966)
Son nom claque comme une évocation sensible d'un rugby à papa révolu. André Boniface, esthète des sixties, a brillé sous le maillot bleu et initié des mouvements passés à la postérité. Ses passes de virtuose et ses inspirations ont largement participé à la légende du French Flair, notamment à l'occasion du match contre les Gallois lors du Tournoi 1965. Avec son frère Guy, ils ont écrit la légende du Stade Montois avant la mort de ce dernier dans un accident de voiture en 1968. Jo Maso (25 sél. entre 1966 et 1973)
Le Catalan d'adoption, manager des Bleus entre 1995 et 2011, a surtout été un joueur de légende du Quinze de France au mitan des années 1960-1970. Héritier d'André Boniface, contemporain de Jean Trillo, Claude Dourthe ou Jean-Pierre Lux, Jo Maso était l'un des meilleurs centres du monde par sa capacité à trouver des solutions face aux défenses adverses. Vainqueur du premier Grand Chelem de la France en 1968, il a élevé la passe au rang d'art. Roland Bertranne (69 sél. entre 1971 et 1981)
Issu du Stade Bagnérais comme Jean Gachassin ou Jean-Michel Aguirre, Roland Bertranne s'est installé en Bleu durant les seventies, au point d'atteindre une longévité rare pour l'époque. D'abord placé à l'aile, le « petit taureaux furieux » salué par Roger Couderc a brillé au centre et participé au fameux Grand Chelem de 1977 disputé par les quinze mêmes joueurs et perpétué la lignée des audacieux trois-quarts tricolores. Didier Codorniou (31 sél. entre 1979 et 1985)
Avec son physique de petit lutin, le « Petit Prince » Didier Codorniou a réussi à s'imposer au niveau international grâce à ses appuis fulgurants et la finesse de sa vision du jeu. Vainqueur des All Blacks à Auckland pour sa deuxième cape, il a réussi à reproduire ses exploits narbonnais en équipe de France et s'imposer dans le coeur des supporters. Pas sélectionné par Jacques Fouroux pour le premier Mondial en 1987, « Codor » reste l'un des derniers romantiques du rugby français. Philippe Sella (111 sél. entre 1982 et 1995)
Avec Serge Blanco, il est sans doute celui qui a le mieux incarné le French Flair des années 1980. Philippe Sella, par ses courses tranchantes et son sens du jeu, a dominé les défenses du monde entier tout au long de son immense carrière, couronnée de nombreux titres avec Agen et l'équipe de France. Joueur le plus capé du XXe siècle, Sella fut admiré par tous, y compris ses meilleurs ennemis anglais contre lesquels il disputa des Crunchs souvent houleux, parfois glorieux, toujours mémorables. Denis Charvet (23 sél. entre 1986 et 1991)
Au centre de l'attaque du Stade Toulousain, Denis Charvet a de nombreuses fois levé les foules comme sur son incroyable essai de 1989 contre Toulon en finale du championnat. Au milieu des Sella, Bonneval et autres Lagisquet, le puissant trois-quart a aussi fait parler sa vitesse et son oeil unique en Bleu. Vainqueur du Grand Chelem et vice-champion du monde en 1987, Charvet était un coéquipier modèle et un jouisseur invétéré qui transmet aujourd'hui un certain état d'esprit aux Baa-Baas dont il est le directeur sportif. Yannick Jauzion (73 sél. entre 2001 et 2011)
S'il est un joueur qui incarne la synthèse parfaite de tous ses prédécesseurs au centre du Quinze de France, c'est bien lui. Yannick Jauzion est un seigneur du rugby tricolore. Au plus fort de sa carrière, il savait allier sa puissance et ses qualités techniques pour faire jouer ses partenaires dans la défense. Meilleur centre du monde en 2005, le Toulousain a toujours fait preuve d'une humilité et d'une bienveillance sans faille. La classe. Mathieu Bastareaud (54 sél. entre 2009 et 2019)
Quand il a débarqué dans le paysage à la fin des années 2000, Mathieu Bastareaud disposait d'un profil atypique au poste de centre. Bâti comme un avant et mobile comme un trois-quart, le Parisien a connu un destin contrasté avec les Bleus. Sa carrière a coïncidé avec la pire décennie de l'histoire du Quinze de France mais Bastareaud n'a cessé d'être cet infatigable guerrier dans les rucks et en défense. Il a aussi tenu un rôle de leader pour la jeunesse triomphante aujourd'hui au pouvoir (Dupont, Ntamack, Fickou...). lire aussi Virimi Vakatawa, « c'est Philippe Sella multiplié par deux »