Rugby - Fusion - Fusion : Chronique d'une folle semaine

L'Equipe.fr
La semaine aura été rythmée par la fusion annoncée, puis avortée, du Racing 92 et du Stade Français. Retour sur six jours qui ont peut-être changé le rugby français.

La semaine aura été rythmée par la fusion annoncée, puis avortée, du Racing 92 et du Stade Français. Retour sur six jours qui ont peut-être changé le rugby français.Lundi 13 mars11h10 : Le communiqué arrive dans les boîtes mail. « Plus forts ensemble ! » Prenant le monde du rugby par surprise, les présidents du Racing 92 et du Stade Français annoncent la fusion de leurs clubs. Elle sera effective dès la saison prochaine.11h30 : Les réactions ne se font pas attendre et la majorité du monde du rugby ne cache pas être choquée par cette annonce.14h00 : Les joueurs du Stade Français annoncent vouloir lancer un mouvement de grève et ne pas disputer le match contre Castres prévu samedi.16h00 : Jacky Lorenzetti et Thomas Savare donnent une conférence de presse pour exposer leur projet. Le président du Racing 92 lance le fameux «45 + 45 = 45» en parlant du futur effectif de la nouvelle entité.18h50 : Dans un communiqué, la Ligue nationale de rugby (LNR) explique qu'elle ne s'opposera pas à cette fusion.19h00 : Comment imaginer que Mourad Boudjellal, le bouillant président du club de Toulon, ne réagisse pas ? Pour lui, il s'agit d'un «rachat rhabillé en fusion».19h20 : C'est au tour de Provale, le syndicat des joueurs, de s'exprimer par la bouche de son président Robins Tchale-Watchou. Ce dernier se dit peiné par le manque de considération apporté aux joueurs.19h30 : La Mairie de Paris se déclare inquiète et se pose notamment des questions quant à l'avenir du stade Jean-Bouin.21h00 : Dimitri Szarzewski est un des rares joueurs du Racing 92 à s'exprimer. Il est surtout un des rares à se prononcer en faveur de la fusion.21h40 : Pascal Papé avait organisé en catastrophe un rassemblement avec les supporters du Stade Français. Quelques 200 personnes qui se sont regroupées sur la pelouse du stade Jean-Bouin avec les joueurs et le staff. Avec la promesse que les joueurs vont continuer à «se battre pour ce putain d'écusson».21h40 : Dans le même temps, la Fédération française de rugby (FFR) et son président Bernard Laporte se disent choqués. Le dossier sera suivi de près.Mardi 14 mars08h00 : Comme tout le monde, Thomas Lombard est sous le choc. L'ancien joueur qui a porté le maillot des deux clubs n'avait rien vu venir. Et cette fusion ne l'enchante pas.11h00 : Même s'il ne s'est pas exprimé directement, Maxime Machenaud, demi de mêlée du Racing 92, donne son sentiment sur la fusion en demandant à son agent d'activer la piste Toulon.11h15 : La fusion c'est non ! En tout cas, nous vous avons interrogés sur le sujet et vous êtes 63 % à refuser la prosposition de Jacky Lorenzetti et Thomas Savare.13h00 : Jonathan Danty révèle que les Parisiens retenus en équipe de France ont quitté Marcoussis pour se rendre, la veille, au rassemblement organisé avec les supporters. Pour lui, «la pilule a du mal à passer».13h20 : Où l'on apprend que Jacky Lorenzetti n'était pas forcément très chaud pour la fusion, mais que la perspective de voir le Stade Français racheté par le Qatar et devenir un concurrent trop gros a fait pencher la balance. Problème, tous les contacts avec le Qatar ont été fermement démentis.17h52 : Les joueurs du Stade Français sont officiellement en grève.19h54 : La grève est une première en Top 14. Mais le règlement de la LNR est clair, le club risque la relégation pure et simple.23h00 : Christophe Urios, le manager de Castres qui devait recevoir le Stade Français samedi, s'exprime. Il comprend le sentiment des joueurs parisiens. Et pour lui, «Notre rugby par en couilles».Mercredi 15 mars13h00 : La LNR annonce avoir proposé une réunion entre toutes les parties concernées par la fusion afin de calmer le jeu et de trouver une solution. Rendez-vous est donné vendredi.15h00 : Paul Goze, le président de la LNR, estime que «une solution peut être trouvée».15h50 : Conférence de presse d'avant-match oblige, Laurent Travers s'esprime enfin. L'entraîneur du Racing 92 (avec Laurent Labit) a été confirmé à la tête de la nouvelle entité par Jacky Lorenzetti. Le technicien fait tout son possible pour en dire le moins, mais il concède qu'il n'a été mis dans la confidence que deux semaines avant l'annonce.15h55 : La FFR se remet de son choc initial et se prononce contre la fusion des deux clubs.16h30 : Comme leur entraîneur, les joueurs du Racing 92 ne souhaitent guère aborder le sujet et préfèrent rester concentrés sur le match à venir face à Montpellier. A noter qu'à ce moment, personne ne parle de reporter le match de samedi. Yannick Nyanga, s'estime dépassé. «Je n'ai pas envie d'en parler car ça me dépasse. Le pouvoir que j'ai, c'est d'être bon sur le terrain».16h59 : La résistance s'organise et la solidarité se met en place. Mourad Boudjellal annonce qu'il fera porter à ses joueurs un brassard rose en mémoire du Stade Français. Car dans l'imaginaire collectif, c'est bien le club parisien qui est amené à disparaître et à perdre son identité.20h20 : Il s'exprime enfin. Tout le monde attendait de savoir ce que pensait Max Guazzini, l'homme à l'origine de la renaissance du Stade Français, de cette fusion. Sans suprise, il avoue être ému aux larmes. «J'ai construit une maison et un bulldozer passe pour construire un nouvel immeuble».Jeudi 16 mars09h15 : Sergio Parisse, le capitaine emblématique du Stade Français, explique sur Twitter que c'est sur le réseau social de micro-blogging qu'il a appris la nouvelle de la fusion. Une nouvelle fois, les manières des présidents choquent. En plus de n'avoir jamais été prévenus, les joueurs expliquent qu'ils ne sentent guère considérés. Selon certains Parisiens, Thomas Savare leur aurait expliqué que tous les départs volontaires étaient les bienvenus.11h00 : On l'oublierai presque mais la France affronte le pays de Galles samedi lors du dernier match du Tournoi des 6 Nations. Guy Novès est clair, son boulot c'est le XV de France et rien d'autres. Pas d'avis officiel de la part du sélectionneur sur la fusion.13h00 : La grève, ce n'est pas de la blague. L'entraînement du Stade Français prévu ce jeudi est purement et simplement annulé. Circulez, y a rien à voir.15h35 : Si le sélectionneur ne veut pas s'exprimer sur le sujet, ce n'est pas le cas des joueurs. Damien Chouly, capitaine de Clermont, trouve tout ceci «très dommageable».16h00 : Il y a à Montpellier des joueurs qui ont porté le maillot du Racing 92 (Fall, Battut) ou qui ont été formés au Stade Français (Paillaugue). Ils se montrent solidaires du Stade Français. Le Racing 92, que doit recevoir Montpellier samedi, devient le méchant de l'histoire.23h00 : A la veille de la réunion à la LNR, les joueurs du Racing 92 expliquent dans un communiqué qu'il y a trop d'avis divergents dans leur groupe pour envisager un seul discours. Voilà maintenant que les Ciel et Blanc ne marchent pas tous en rang derrière leur président. La rébellion couverait-elle dans les Hauts de Seine ?Vendredi 17 mars08h30 : La réunion prévue à la LNR est clairement sous tension. Les joueurs et le staff parisiens arrivent vêtus de rose et son acclamés par les supporters qui ont fait le déplacement. L'accueil est un peu plus frais pour Dimitri Szarzewski et les autres Racingmen. A noter que du côté des quelques supporters franciliens qui ont fait le déplacement, il y a des pour et des contre la fusion. Au final, une nouvelle réunion est prévue lundi.12h30 : La LNR annonce le report des match Montpellier - Racing 92 et Castres - Stade Français. Les joueurs du Racing 92 ont fait la demande d'un report alors que les Parisiens souhaitaient continuer à exprimer leur droit de grève. La LNR a décidé de regrouper les demandes et de reporter les matches.13h30 : Au sortir de la réunion, Thomas Savare a souhaité éclaircir son projet. Il espère arriver à convaincre tout le monde. Mais, précision qui a son importance, il explique que rien n'est signé et que la fusion est encore à l'état de projet.14h15 : Montpellier s'oppose au report de son match contre le Racing 92 et annonce être prêt à tous les recours. L'ambiance se gâte.17h15 : Mourad Boudjellal fait remarquer que les matches reportés auraient dû se jouer sans les internationaux. Le président du RCT demande à ce que la LNR fasse en sorte que ces derniers ne soient pas sur les feuilles de match quand les matches seront finalement disputés. Le Racing 92 approuve immédiatement la demande toulonnaise.Samedi 18 mars15h00 : Bernard Laporte fait savoir qu'il compte bien rencontrer Paul Goze pour aborder le sujet de cette fusion. Le président de la FFR veut des explications.20h00 : Bayonne l'emporte face à l'UBB (24-20). Les Bayonnais ont retrouvé une dynamique avec l'idée que la 13e place pourrait être synonyme de maintien. Leur sprint face à Grenoble est lancé. pour les deux clubs classés aux dernière places du Top 14, cette fusion a bien un sens.Dimanche 19 mars12h41 : La fusion est officiellement annulée. Jacky Lorenzetti, puis Thomas Savare, expliquent par communiqué qu'ils renoncent à leur projet. Les deux hommes n'avaient probablement pas mesuré la portée de leur projet et la levée de boucliers qui allait s'en suivre.15h33 : Bayonne est sous le choc. Pour l'Aviron, «c'est terrible».

En utilisant Yahoo vous acceptez les cookies de Yahoo/ses partenaires aux fins de personnalisation et autres usages