Rugby - Un jour - une finale : 1954, Grenoble n'était pas attendu si haut

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Jusqu'à fin juin, et en l'absence de finale de Top 14 cette année pour cause de coronavirus, nous vous proposons de revisiter à chaque date anniversaire une finale marquante de l'histoire du Championnat de France. Huitième épisode avec la finale 1954 entre Grenoble et Cognac (5-3), affiche surprise et inédite. Prochain épisode dimanche 24 mai avec la finale Pau-Béziers de 1964.Posant devant le Stadium de Toulouse, l'équipe de Grenoble, avant-dernière qualifiée. Debout, de gauche à droite : Bionda, Martin, Coquet, Duhau, Lanfranchi, Rein, Parolai, Smogor. Accroupis : Morel, Echevet, Baqué, Claret, Lienard, Belletante, Pliassof.Cognac, vainqueur de Lourdes en demi-finale. Debout : Tissandier, Robert, Savin, Francis Puissant, Lagrange, Biénès, Rouby, Porchier. Accroupis : Pierre Barboteau, Meynard, Dumont, Mauroux, Sureau, Puissant, Béhothéguy.53e finale entre deux clubs inattendus à l'issue d'un championnat pour le moins bizarre : six poules de huit clubs et deux poules de huit dégagèrent trente-deux clubs en phase finale...Avec trois Italiens (Bionda, Lanfranchi et ici Duilio Parolaï, balle en mains), un Estonien (Rein), un Polonais (Smogor) et un Russe (Pliassof), Grenoble ressemble à une sélection des Barbarians.Pour la plupart formés en Charente (mis à part Biènes et Rouby), les Cognaçais subissent la loi du plus fort en début de match et se dégagent de l'étau isérois comme ils peuvent.La défense grenobloise est intransigeante. Jamais les Charentais, maillot blanc, ne pourront inscrire le moindre essai. Le porteur du ballon est souvent bloqué par deux adversaires, ici Liénard et Smogor.Né à Promozello, dans le Piémont, le talonneur isérois Innocent Bionda, transmet comme il peut le ballon durement gagné dans l'alignement. Cette finale est loin d'atteindre des sommets de jeu.Et toujours ce diable de Duilio Parolaï pour récupérer le ballon et assurer un maul ! Un deuxième-ligne solide (1,87 m, 95 kg) mais délié, par ailleurs excellent tennisman et joueur de volley-ball.Particulièrement adroit, il a longtemps joué au basket, le troisième-ligne aile isérois Henri Coquet tente de traverser la défense charentaise.À la pause citrons, Pierre Barboteau est déçu. Le champion de France cadet sur 80 mètres et international junior d'athlétisme n'a pas pu exprimer sa pointe de vitesse dans cette finale cadenassée.Les Grenoblois, eux, sont menés (0-3) mais ne semblent pas inquiets. Ils font confiance à leur paquet d'avants pour enfoncer Cognac. D'autant que le troisième-ligne aile international italien, Sergio Lanfranchi, s'est vu refuser deux essais...Sous les yeux de l'excellent arbitre, M. Roger Taddéï, joueur et éducateur à Brive, les Grenoblois font le forcing et parviendront finalement à marquer un essai (Lanfranchi, 58e) transformé pour l'emporter, 5-3.Même s'il n'est pas capitaine de Grenoble, le demi de mêlée Jean Liénard, formé à l'exigeante école du jeu à XIII, en est l'âme et le stratège. Il peut aller maintenant soulever le bouclier de Brennus.

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