Rugby - Top 14 - Bayonne - Philippe Tayeb, président de l'Aviron Bayonnais : « Se donner le temps de la reconstruction économique »

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Philippe Tayeb, le président de l'Aviron Bayonnais, évoque l'impact qu'aura l'économie dégradée des entreprises sur leur partenariat avec les clubs. Mardi soir, veille de la réunion des présidents des clubs pros, vous souffliez que la solution la plus « sage », serait que le Top 14 reprenne en décembre ou janvier...
Je serais le plus heureux des présidents de reprendre en septembre. Mais il reste beaucoup de zones d'ombre (le Bureau de la LNR va proposer au comité directeur de prononcer la fin de la saison 2019-2020, et de se concentrer sur l'organisation du lancement des éditions 2020-2021 des deux Championnats, Top 14 et Pro D2, à compter du mois de septembre). On ne sait pas ! Quand et comment on va repartir et rejouer, comment on va être accompagné financièrement ? Est-ce qu'il y aura des matches à huis clos, avec 5 000 personnes maximum, quand pourra-t-on jouer dans des stades pleins ? On ne sait pas ! « Le huis clos, c'est la faillite des clubs ! » Sur la notion de huis clos, tous les présidents sont d'accord...
Le huis clos, c'est la faillite des clubs ! Il faut se rendre à l'évidence. Le rugby, c'est le lien social et la convivialité. L'économie du rugby, c'est des recettes issues de la billetterie, abonnés et partenaires, du merchandising, des buvettes. À l'Aviron, ça représente 60 % des rentrées. Nous avons 6 000 abonnés et partenaires. L'Aviron Bayonnais en Top 14, c'est une entreprise de 100 salariés qui génère 28 millions d'euros de retombées sur Pays basque. Donc, il faut se rendre à l'évidence et se donner le temps de la reconstruction économique afin que nos partenaires financiers puissent d'abord sortir la tête de l'eau. Les chiffres d'une si étrange saison Ce ne sera pas le cas en septembre...
Il faut que ces gens-là, qui nous sont fidèles, remplissent d'abord leurs carnets de commandes. Je suis un président au contact de ces partenaires. Je les vois, je déjeune avec eux régulièrement. En période de confinement, je les appelle. Et je ne me vois pas les démarcher aujourd'hui, leur demander de l'argent pour rentrer à Jean-Dauger. Je reste sur l'idée d'une économie de club basée sur le lien social et la confiance entre notre entité et notre public. On travaille sur les deux matrices remises par la DNACG. Baisse de 30 % du partenariat et 20 % de la billetterie. Autant je ne suis pas trop inquiet sur la passion du grand public, qui aura été sevré d'événements en tous genres sur la côte basque, autant je suis plus circonspect sur la capacité du partenariat local et des chefs d'entreprise. Les plus fidèles d'entre eux nous disent : "Ma première priorité, c'est de sauver ma boîte et les emplois. Et après, peut-être, on ira à l'Aviron." C'est tellement logique et responsable. Donc, ça peut prendre du temps avant de renouer le lien... »

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