Rugby - Top 14 - Christophe Samson : « C'est une chance de choisir le moment » de sa retraite

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Le deuxième-ligne de Castres Christophe Samson aurait déjà dû arrêter la saison dernière. Il ne nourrit donc aucune amertume. « Donc, cette fois, c'est sûr, vous arrêtez...
Sûr et certain, c'était ma dernière saison. Même pas une pige en Fédérale à Issoire ?
Sincèrement, ils ont fait le forcing pour que je revienne (il y a été formé en juniors). Nous allons retourner vivre là-bas, mon fils est déjà inscrit au collège, et ça pouvait être une opportunité. Mais ma décision est prise. Pas de fête pour les retraités Depuis longtemps ?
Je devais déjà arrêter la saison passée. Castres m'a proposé de rester en qualité de joker Coupe du monde, puis assez vite de joueur supplémentaire. Ça s'est vraiment bien passé, j'ai beaucoup joué (11 matches dont 10 comme titulaire), et j'aime bien cette idée de finir en laissant une bonne image. Vous sentiez-vous capable, à 36 ans, de jouer encore un peu ?
Honnêtement ? Oui. Je suis un compétiteur, je ne lâche jamais, et je pense que j'aurais pu enchaîner. Mais il faut laisser la place aux plus jeunes. Vous souvenez-vous du match qui aurait dû être le dernier de votre carrière la saison passée ? L'aviez-vous abordé comme tel ?
Non, je savais déjà que j'allais rester comme joker Coupe du Monde. C'était à Toulon. Ensuite, Mauricio (Reggiardo, l'entraîneur) m'a dit assez vite qu'il comptait avec moi jusqu'au terme de la saison. «  » Ne pas choisir le moment de votre départ, est-ce une frustration ?
Une frustration, oui. Je pense que ma famille serait venue, ça aurait été un joli cadeau pour mon épouse, qui me suit depuis quinze ans, pour mes enfants. Au final, c'est à Bordeaux, le jour de mon anniversaire, que tout s'est arrêté. On avait livré un grand match ce jour-là (défaite 26-24, le 1er mars), c'est une consolation. Une maigre consolation...
Mais c'est déjà une telle chance de choisir le moment de sa retraite. Il y a tellement de joueurs qui finissent sur blessure ou dans l'anonymat, des joueurs qui risquent de rester sur le carreau avec cette crise, qui ont peut-être, eux aussi, terminé leur carrière sans le savoir. La solitude vous pèse-t-elle aujourd'hui ?
Oui, elle pèse. Le vestiaire me manque. Les copains me manquent. La contrepartie, c'est ce que tu partages avec ta famille. Mais j'aurais aimé, comme tous mes coéquipiers d'ailleurs, finir cette saison, acquérir le maintien sur le terrain. Plus que de savourer un dernier match d'ailleurs. Vous ne semblez pas trop amer contrairement à certains autres retraités...
J'essaie de positiver, et je n'ai surtout pas envie de me plaindre dans cette période tourmentée. Aborder en toute conscience un dernier moment aurait été un point d'orgue à ma carrière. Je m'étais préparé à ce jour-là. Je m'étais aussi préparé à ce que cette saison soit la dernière. C'est donc moins douloureux. Ce n'est pas comme si j'étais en fin de contrat. Après, je dis ça, mais quand la saison redémarrera, sans moi, sans doute que j'aurais un pincement au coeur. »

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