Rugby - Top 14 - Ces finales de Championnat de France qui furent aussi des derbys

L'Equipe.fr
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Depuis 1892 et la première finale entre le Racing et le Stade Français, les chocs au sommet entre voisins et rivaux n'ont pas manqué. Retour en images sur sept querelles ovales, avant le derby d'Île-de-France, samedi soir.

L'histoire du rugby français est marquée par les affrontements fratricides, les querelles entre voisins. La finale du Championnat de France n'échappe pas à ce rendez-vous, et certaines méritent l'appellation plus ou moins contrôlée de « derby ». Parisien, languedocien, basque, audois, bigourdan, landais ou de Midi-Pyrénées, ce choc a livré des compte-rendus homériques. En voici quelques-uns.

1892 : Racing-Club de France - Stade Français (4-3)

Curieux championnat qui se limita à une finale, la première, entre deux clubs parisiens. Fondé en 1890, le Racing alignait deux Péruviens. Créé un an plus tard, le Stade Français comptait trois Anglais. Les deux équipes étaient à égalité à cinq minutes de la fin (3-3). Le Racingmen Frantz Reichel se vit offrir un « tenu en but », tentative octroyée pour un essai refusé alors qu'il était dans l'en-but adverse. Son coup de pied, qui valait un point, permit au Racing Club de France de graver son nom pour l'histoire.

1929 : Quillan - Lézignan (11-8)

L'Aude en est feu pour cette finale ! Mais les esprits bouillonnent et la violence prend le dessus. « Rugby de muerte », écrit-on. Trop de bagarres et peu de spectacle, si ce n'est à l'actif des attaquants quillanais dans le sillage de leur trois-quarts centre Marcel Baillette, qui inscrit un des trois essais de son équipe, ainsi qu'une transformation. Juste assez pour faire la différence. Si Lézigan voulait se venger d'avoir été pillé par Quillan, premier club professionnel de l'histoire, ce fut raté...

1934 : Bayonne - Biarritz (13-8)

Rivaux mais amis, Basques solidaires mais néanmoins adversaires acharnés, Bayonnais et Biarrots redoublèrent d'ardeur pour faire honneur au Bouclier de Brennus. À la puissance du pack biarrot, très athlétique, les Bayonnais répliquèrent en déployant leur jeu d'attaque et parvinrent, en fin de match, à perforer la défense adverse pour inscrire deux essais qui firent pencher la balance en leur faveur.

1946 : Pau - Lourdes (11-0)

Au terme d'une formule de championnat en quatre parties (cent cinquante-quatre clubs, puis trente-deux, puis seize et enfin quatre pour les demi-finales), les Palois s'imposèrent par leurs incessantes relances qui déboussolèrent Lourdes. Mais le perdant sut retenir la leçon pour devenir sous la houlette de Jean Prat durant la décennie suivante, le club phare des Pyrénées puis la référence à l'échelle nationale en matière de rugby de mouvement.

1963 : Mont-de-Marsan - Dax (9-6)

Jamais deux équipes aussi offensives n'offrirent un si triste spectacle en finale. Bagarres incessantes, maladresses balle en mains : la victoire montoise fut obtenue par la botte d'André Boniface - paradoxal pour le plus zélé des attaquants - et Dax s'inclina après avoir inscrit le seul essai. Irréductibles voisins trop occupés à vider des querelles domestiques, Montois et Dacquois ne firent vraiment pas honneur au jeu.

1974 : Béziers - Narbonne (16-14)

Pour la première fois depuis 1946, le Parc des Princes accueille le finale, et elle met aux prises deux voisins ennemis : Narbonne et Béziers. Mais le Languedoc, qui déborde de passion, fait cause commune sur les Champs-Elysées avant que, dans les dernières secondes, d'un drop-goal du gauche, l'ouvreur international héraultais Henri Cabrol ne donne la victoire à l'ASB.

1995 : Toulouse - Castres (31-16)

Entraîné par le duo Guy Novès - Serge Laïrle, le Stade Toulousain, mené à la pause (6-16), se détacha en seconde période pour conserver, au Parc des Princes, son titre de champion de France, l'ouvreur international Christophe Deylaud inscrivant vingt points à lui seul au terme d'une « remontada ». Depuis son titre acquis en 1993, le Castres Olympique a néanmoins su se rappeler régulièrement au bon souvenir de son glorieux voisin.

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