Rugby - Top 14 - LOU - Yann Roubert, président du LOU : La sixième place ? «Ce serait un formidable bonus»

L'Equipe.fr
Huitième du Top 14, à trois points du Top 6 avant la réception de Clermont, samedi (18h30), puis un déplacement à Grenoble pour conclure, le LOU pourrait être la surprise de la fin de saison. Le président Yann Roubert assure que son équipe «ne va pas se priver si une porte s'ouvre».

Huitième du Top 14, à trois points du Top 6 avant la réception de Clermont, samedi (18h30), puis un déplacement à Grenoble pour conclure, le LOU pourrait être la surprise de la fin de saison. Le président Yann Roubert assure que son équipe «ne va pas se priver si une porte s'ouvre». «À deux journées de la fin, vous êtes encore en course pour un top 6. Est-ce que c'est devenu un objectif en cette fin de saison ? Ce n'était pas l'objectif en début de saison, mais si on a une opportunité, on ne se privera pas de la saisir et on va évidemment jouer ces matches à fond. Ce serait un formidable bonus pour le club. Il faut voir ça comme un beau cadeau à s'offrir et pas autrement. Il n'y a qu'à s'envoyer et profiter et si ça veut rigoler, on sera ravi et on ramassera tout ce qu'on peut. Le classement du Top 14 Réception de Clermont, qui sort d'une demie de Coupe d'Europe, et déplacement à Grenoble, déjà relégué, vous avez un calendrier favorable... Je ne suis pas d'accord avec ceux qui disent qu'on a un calendrier facile. Jouer l'ASM, je ne vois pas qui peut dire que c'est facile. Ce sera peut-être une équipe remaniée mais dans les tribunes dimanche dernier (il a assisté à Clermont-Leinster en tribunes), j'ai vu les mecs en costume qui devraient jouer contre nous et il y de quoi faire une équipe compétitive (rires). Et j'imagine que Grenoble aura à cœur de gagner son dernier match en Top 14 et gagner un derby.Le calendrier de la 25e journée Votre équipe reste sur cinq victoires en six matches, est-ce que la victoire à Castres (17-16, le 8 avril dernier), la première à l'extérieur, a été un déclic ? Elle a eu le mérite de nous soulager car on tournait autour depuis un moment. On avait eu des opportunités plus tôt dans la saison, à Bayonne (22-22, 1er octobre), à Montpellier (20-25, 12 novembre) et à Clermont (13-16, 19 novembre). Du coup, on a prouvé qu'on n'était pas maudits et que le LOU savait gagner à l'extérieur, qui plus est à Castres, qui nous a battus chez nous. Si on bat Clermont, on aura battu tout le monde au moins une fois cette saison (à part Brive, 15-15 à l'aller, 6-22 au retour) donc ce serait pas mal. Qu'est ce qui a changé ces dernières semaines pour obtenir de tels résultats ? Rien n'a changé mais tout s'est concrétisé. Ça aurait pu, ça aurait même dû arriver ces résultats positifs mais j'ai toujours eu confiance dans le groupe quand je voyais le travail, l'état d'esprit et le niveau sur certains matches à domicile. Je savais qu'il n'y aurait aucune fatalité. Ce n'est pas parce qu'on est déjà descendus toute de suite deux fois (en 2012 et 2015) qu'on allait encore le faire... Cette fois, on sent qu'on franchit les caps petit à petit. On est remontés, on a pris notre premier bonus offensif contre Grenoble (32-13, 3 septembre), on a grappillé des points à l'extérieur, on a décroché notre première victoire à l'extérieur. Maintenant, il faut rééditer ces performances. Est-ce qu'il y a eu des moments d'inquiétude cette saison, notamment en fin d'année 2016, avec cette série de 4 défaites en Top 14 ? On a toujours répété qu'on était à l'abri de rien. Ça montre la densité de ce Top 14 aussi, on le voit avec ce classement très serré en fin de saison. Vous perdez deux fois d'affilée, on vous parle de relégation, vous gagnez les deux matches suivants et on vous parle de qualification. Tout le monde peut vous battre. Mais on s'est décomplexés en se disant plutôt qu'on pouvait battre tout le monde et on s'est mis au travail. Et c'est comme ça qu'on a battu les meilleures équipes du Top 14. Et petit à petit, on a arrêté de regarder derrière nous pour regarder devant. Maintenant que l'objectif premier, le maintien, est acquis, on ne se privera pas de se faire plaisir si une porte s'ouvre. C'est clairement la preuve qu'on a franchi un palier. Le chemin est long et difficile mais la courbe est ascendante et ça me parait essentiel. Quoiqu'il arrive, la saison est réussie et il faudra faire mieux la saison prochaine, dans la logique de progression du club. On peut rêver en cette fin de saison mais on ne va pas brûler les étapes pour autant. Est-ce que le modèle et la réussite d'un club comme La Rochelle peut vous inspirer dans votre progression ? Bien sûr. Tous ceux qui réussissent sont des sources d'inspiration. La Rochelle fait une saison exceptionnelle et est dans une dynamique remarquable. Leur modèle de construction est une source d'inspiration, évidemment. Comme l'est Clermont qui est constant au plus haut niveau. Comme l'est Bordeaux qui a une des plus belles affluences d'Europe. On regarde tout ce qui se fait ailleurs tout en consolidant notre propre modèle, à la lyonnaise. Justement, est-ce que le déménagement à Gerland change aussi les choses dans les ambitions du club ? Clairement. Il faut se rappeler qu'il y a un peu moins de six ans, en 2011, on déménageait de Vuillermet au Matmut Stadium de Vénissieux. On passait déjà d'affluences de 500 à 5000 personnes. En début de saison, on était en moyenne à 10 000 à Vénissieux et maintenant on est à plus de 15 000 à Gerland donc on voit la progression. En six ans, on a multiplié par 10 notre affluence. Il y avait des braises pour le rugby à Lyon et on souffle dessus pour montrer que le rugby a sa place dans cette ville. Si vous aviez une fierté sur cette saison, ce serait laquelle ? J'ai entendu dire certains joueurs arrivés en cours de saison qu'ils sont arrivés dans un club sain et dans une famille, et ça c'est une vraie satisfaction pour un président. On voit des recrues qui sont contentes de venir et des joueurs qui veulent rester donc ça crée forcément une dynamique positive autour du club. C'est pareil pour les supporters. Certains étaient sceptiques quant au déménagement à Gerland et finalement, ils viennent me dire que c'est un bon choix et qu'ils retrouvent le même esprit qu'à Vénissieux, donc c'est très satisfaisant. Et si vous aviez un regret ? Cette fin de match à Montpellier (20-25) où on passe 10 minutes à pilonner leur mêlée dans leurs 10 mètres et on repart sans la victoire. Pierre Mignoni était très remonté contre l'arbitrage, on l'était tous. Si on avait gagné ce match, on serait un peu plus haut encore aujourd'hui. Mais de façon générale, on n'a pas de regrets à avoir sur cette saison, qui marquera un tournant historique dans l'histoire du LOU. Champion de Pro D2, premier maintien en Top 14 dans l'histoire récente, déménagement à Gerland... On franchit un vrai cap. L'apprentissage a été difficile, il y a eu beaucoup de remises en question mais on y arrive. Et je suis convaincu que le meilleur est à venir.»

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