Rugby - Top 14 - Max Guazzini, à propos de l'escroquerie subie au Stade Français en 2011 : « Je ne m'en remettrai jamais »

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Victime d'une incroyable escroquerie en 2011 par des hommes d'affaires qui promettaient d'injecter des fonds pour sauver le Stade Français, Max Guazzini, président de 1992 à 2011, a accepté de revenir sur la perte de son club, de son « enfant ». Dans une affaire remontant à 2011, cinq hommes, soupçonnés d'avoir escroqué le Stade Français en 2011 en promettant d'y injecter 18 M €, avaient été condamnés en première instance à des peines allant d'un an à quatre ans de prison. Alors qu'ils seront bientôt rejugés en appel, Max Guazzini revient sur cet épisode douloureux, au terme duquel il avait dû céder le club pour un euro symbolique. Avez-vous digéré cette histoire d'escroquerie ?
« Non, je ne suis pas remis et je ne me remettrai jamais. Vous savez, le Stade Français qui devient professionnel, c'est moi. Je me suis battu pendant de longues années pour offrir un stade à ce club, et j'ai réussi en collaboration avec la mairie de Paris. Le club, c'était un peu comme mon enfant. Cette histoire, elle date d'il y a 10 ans. lire aussi Récit de l'escroquerie dont fut victime le Stade Français en 2011, qui va revenir devant la justice Qu'attendez-vous de ce procès en appel qui aura lieu en avril prochain ?
J'attends beaucoup même si on ne refera pas l'histoire. J'ai perdu le club. Ces personnes ont profité de notre faiblesse, de nos difficultés. Ils ont sévi ailleurs, j'ai entendu qu'ils avaient oeuvré en Afrique du Sud, en Suisse. Ils avaient aussi rencontré Gervais Martel, le président de RC Lens...
Je suis au courant. Je sais qu'il aurait été approché. « C'est comme si vous aviez un rendez-vous chez le médecin et qu'on vous annonce un cancer généralisé » Mais comment un homme d'affaires comme vous a pu se laisser berner ?
Je suis un homme de passion, le club allait mal. On s'est fait berner deux fois. Le début de l'affaire, c'est notre régie Sportys qui garantissait au club une entrée de 6M€ par an qui subitement ne peut plus payer. On s'est donc retrouvé avec un trou à combler, au mois d'avril 2011. Il a fallu trouver une idée, et vite. C'est Bernard Laporte, qui est également une victime, qui a rencontré les gens de la FACEM. Il y a donc les hommes qui étaient dans le prétoire mais je suis certain que d'autres auraient mérité de les accompagner. C'est-à-dire ?
Lors de nos réunions à l'hôtel Raphaël, il y avait du monde, et pas seulement les cinq hommes condamnés. Je me demande pourquoi ces autres acteurs ont échappé à la justice. Mais, tout semblait parfait, les courriers, les réunions, les promesses d'HBSC, les numéros de téléphone... HBSC a quand même mis plus de quinze jours à se rendre compte que les écrits étaient des faux. Dans votre livre, vous évoquez d'ailleurs une réunion au siège parisien de la banque ?
Oui, Richard Pool-Jones, l'ancien joueur, avait un ami qui y travaillait. On a donc été reçu et parmi les personnes présentes autour de la table, il y avait un ancien juge qui a rapidement lâché : " L'argent, vous ne le verrez jamais. C'est une escroquerie à la nigériane. Cela a été brutal. Une fin brutale après 19 ans à la tête du club...
Oui, c'est comme si vous aviez un rendez-vous chez le médecin et qu'on vous annonce un cancer généralisé. La fin a en effet été violente, sans parler du rôle de la DNACG (Direction nationale d'aide et de contrôle de gestion, gendarme financier du rugby) qui n'a pas tenu compte du fait que nous avons été victimes d'une escroquerie. Le Stade Français a toujours été un bon élève. » lire aussi Toute l'actualité du rugby

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