Rugby - Top 14 - MHR - Philippe Saint-André (Montpellier) : « Je suis dans l'urgence »

L'Equipe.fr
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Promu manager du MHR après l'éviction de Xavier Garbajosa, l'ancien sélectionneur n'entend pas tout révolutionner, mais mise sur l'envie de combattre. « Racontez-nous comment se sont déroulées l'éviction de Xavier Garbajosa et votre nomination ?
On avait déjà eu une réunion avec Xavier (Garbajosa) et la direction du club avant le match face à Toulouse. J'ai à nouveau eu une discussion franche avec lui après ce match. Xavier, c'est quelqu'un de passionné, d'entier, on ne peut pas remettre en cause son investissement et son travail. Il aimait ses joueurs. Il aimait le club. À l'issue de cette discussion, j'ai imaginé trois solutions que j'ai proposées à Mohed Altrad. lire aussi Xavier Garbajosa paie la note à Montpellier Lesquelles ?
Il fallait faire quelque chose. La première solution était que je passe manager et que lui reste entraîneur de l'attaque et des trois-quarts ; la seconde, pour provoquer un électrochoc, était que l'on se sépare de lui, et que je demeure, en qualité de directeur du rugby, sur l'organisation, la structure du club ; la troisième était de proposer ma démission et celle de Xavier. Mohed (Altrad) a tranché. Xavier est parti du club. Je viens en charge de l'équipe avec deux entraîneurs terrains qui ont beaucoup d'expérience. On n'a pas l'impression que ce rôle vous emballe vraiment...
Ce n'est pas que ça ne m'emballe pas. On est en très grandes difficultés. Nous sommes treizièmes à trois points du douzième. Il reste seize journées pour garder le MHR en Top 14. Si j'ai proposé ces options au président, c'est que je vais me battre avec le staff et les joueurs pour remplir la mission et rester en Top 14. Philippe Saint-André « Je suis en mission jusqu'à fin juin seulement. Pourriez-vous poursuivre l'aventure au-delà de juin en cas de succès ?
Non, je suis là en mission jusqu'à fin juin seulement. Je ne continuerai pas après le terrain parce que je l'ai fait pendant 19-20 ans. Je vais le faire pour six mois, avec ma détermination. Le club, le groupe, le président ont-ils conscience de l'urgence de la situation ?
On a un président qui a plein d'idées, de projets, qui a investi beaucoup d'argent, qui va en investir beaucoup avec la crise sanitaire, mais là, il y a le feu à la maison. La seule chose qui compte, c'est de se maintenir. Tout le monde en a conscience, oui, surtout depuis dimanche matin. On est en compétition avec des clubs qui ont l'habitude, eux, de jouer le maintien toutes les saisons. À nous d'être à la hauteur. lire aussi Mohed Altrad : « Il fallait sauver le club » Que faut-il améliorer en priorité ?
On va essayer d'être beaucoup plus disciplinés. Meilleurs dans les rucks. Plus efficaces dans les zones de marque. On doit moins consommer d'énergie dans notre camp. Et retrouver de la confiance à l'intérieur du groupe. J'ai beaucoup d'espérances. On a des anciens qui aiment ce club, de jeunes joueurs qui aiment ce club tout autant, d'autres, des professionnels qui, je l'espère, le resteront jusqu'au bout, et tous ont cette même mission de maintenir le MHR en Top 14. On a fait un pacte et décidé de choses ensemble. Philippe Saint-André « Ce dont j'ai besoin, c'est de joueurs qui aient envie de sourire. Pour le reste, j'ai ressorti le survêt, avec les fêtes il est un peu serré. Allez-vous apporter des modifications au système de jeu ?
Le meilleur système de jeu, c'est de gagner des matches. Ce qui est important pour moi, ce sont les actes. Si l'on n'a pas une solidarité et une discipline incroyables, l'envie de combattre ensemble, on n'y arrivera pas. On va simplifier quelques petites choses, sans doute, mais je n'ai surtout pas envie de critiquer ce qu'à fait Xavier, qui avait une vraie vision du jeu de cette équipe. Vous n'avez plus entraîné depuis cinq ans, depuis dix ans en club. N'avez-vous pas un peu d'appréhension ?
Actuellement, j'axe beaucoup plus sur les relations, la communication, la gestion de l'effectif. Je dois m'occuper de l'osmose. Il y a beaucoup de combats à avoir en dehors, alors on va essayer de faire en sorte qu'à l'intérieur, tout le monde aille dans ce même sens du maintien, et les ressorts sont les mêmes qu'il y a vingt ans pour cela. Ce dont j'ai besoin, c'est de joueurs qui aient envie de sourire. Pour le reste, j'ai ressorti le survêt, avec les fêtes il est un peu serré. J'ai moins bien dormi depuis deux nuits et effectué ma première séance vidéo dimanche. lire aussi La carrière d'entraîneur de Philippe Saint-André en chiffres Quels seront les grands axes de votre discours ?
Il va falloir identifier les matches que l'on peut gagner, faire le dos rond quelques fois. Retrouverez-vous ensuite votre rôle de directeur du rugby ?
J'en ai parlé avec Mohed (Altrad). On a le temps. Là, je suis dans l'urgence. On a deux matches en six jours. J'ai proposé des pistes à notre président. Là, c'est la vie d'un club, d'une institution qui compte, et ça va beaucoup plus loin que les attributions des uns et des autres. »